L’acte anesthésique est une affaire de spécialiste

La Société marocaine d’anesthésie et de réanimation (SMAR) recommande la présence d’un spécialiste dans l’acte d’anesthésie

Le Maroc compte 425 anesthésistes dont 70% sont concentrés dans la région du centre.

Pour une sécurité optimale du patient anesthésié avant tout acte médical ou chirurgical, la Société marocaine d’anesthésie et de réanimation (SMAR) a élaboré à l’occasion de la tenue de son XXe congrès national à Casablanca, les 8,9 et 10 février, un projet de recommandations visant à harmoniser l’organisation et l’équipement des sites d’anesthésie dans tous les secteurs (libéral, public, semi-public et universitaire) et à l’échelle nationale, et ceci dans un délai de trois ans après publication de ces recommandations, précise le Pr Lahoucine Barrou, président de la SMAR.

Principale recommandation : la médicalisation de l’activité anesthésique. Qu’il s’agisse d’une anesthésie générale, locorégionale, ou d’une sédation, elle doit être l’œuvre d’un médecin anesthésiste réanimateur qualifié. L’acte peut être effectué par un infirmier anesthésiste, mais à condition que le médecin spécialiste soit présent sur le site d’anesthésie et qu’il ait examiné le patient.

Par ailleurs, les malades devant bénéficier d’un acte chirurgical programmé doivent être examinés lors d’une consultation pré-anesthésique (CPA). Cette dernière est réalisée à distance de l’acte opératoire de préférence plusieurs jours avant la date de l’intervention, pour plusieurs raisons. Elle permet au médecin anesthésiste de prendre contact avec le patient, de prescrire les examens complémentaires, de demander un avis médical spécialisé, de faire une demande de produits sanguins en cas de transfusion prévue, d’adapter une thérapeutique avant l’intervention chirurgicale, de prescrire une prémédication, d’évaluer le risque opératoire et surtout d’informer et expliquer au patient la technique anesthésique et le déroulement de l’acte opératoire.

Toutefois, concernant la visite pré-anesthésique, et en l’absence de médecin anesthésiste réanimateur dans l’établissement de santé, l’infirmier anesthésiste réanimateur peut réaliser une sédation ou une anesthésie générale si l’examen ne révèle aucune pathologie pouvant interférer de façon importante avec le déroulement de l’anesthésie ou mettant en jeu le pronostic vital du patient. Sinon, la responsabilité de l’acte anesthésique incombe au chirurgien.

La particularité du métier d’anesthésiste réanimateur, précise le Pr Barrou, est d’aider et accompagner les patients à traverser un moment difficile avec le moins d’événements indésirables possibles. Nous sommes, dit-il, «les passeurs de la douleur vers la sédation, de la détresse respiratoire vers la reprise du souffle, du trouble cardio-circulatoire vers l’équilibre et de l’angoisse vers le calme». Encore faut-il former plus d’anesthésistes : si, aujourd’hui, le Maroc compte 425 anesthésites-réanimateurs, 15% parmi eux auront atteint l’âge de la retraite en 2010.