La prise en charge de la douleur au Maroc entre les patients et les médecins

Les médecins travaillent pour l’allégement des réglementations très contrariantes.

Sur les 40 000 nouveaux cas de cancers par an au Maroc, 80% viennent en consultation dans des stades très tardifs, dominés par des douleurs atroces, dont la seule voie de salut est l’instauration d’un traitement  antalgique souvent nécessitant de la morphine. Aujourd’hui, la lutte contre la douleur doit faire partie intégrante de toute politique de santé publique, ce qui n’est hélas pas le cas au Maroc. Les soignants et les décideurs politiques pensent à la prise en charge de la maladie cancéreuse mais ne pensent pas aux souffrances que peut engendrer toute maladie chronique ou invalidante. Pourtant, l’Association internationale sur l’étude de la douleur, qui l’a définie comme étant «une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable associée à un dommage tissulaire présent ou potentiel», a instauré le 12 octobre de chaque année journée internationale de lutte contre la douleur. Les statistiques publiées par cet organisme révèlent qu’une personne sur cinq souffrent de douleurs chroniques et que une sur trois est incapable ou difficilement capable de préserver son mode de vie en raison de la douleur. Pour le Maroc, il y a un début de prise de conscience de la part de l’autorité de tutelle de la santé, par la création d’un centre national de traitement de la douleur à l’Institut national d’oncologie à Rabat, d’une superficie de 1000 m2. Par cette structure, pionnière dans ce domaine au Maroc, l’objectif principal est d’atténuer la souffrance des malades, de former le personnel médical et infirmier sur les techniques modernes de prise en charge thérapeutique de la douleur. Pour leur part, les médecins marocains appellent à ce que les autorités travaillent pour l’allégement des réglementations très contraignantes imposées pour la prescription de la morphine, médicament miracle contre la douleur.