La neurochirurgie capitale pour traiter l’épilepsie et l’hydrocéphalie

Une chirurgie en plein développement à  l’hôpital des spécialités de Rabat.
300 000 Marocains sont épileptiques, dont 10% relèvent de la chirurgie.
L’hydrocéphalie, très courante, doit être diagnostiquée et traitée le plus tôt possible pour éviter les handicaps.

La prise en charge thérapeutique d’une épilepsie relève de la compétence du neurologue. Grâce aux médicaments antiépileptiques, le patient peut mener une vie scolaire, familiale et sociale normales.

Cependant, pour certaines formes d’épilepsie rebelles à un traitement – associant trois anti-épileptiques majeurs -, avec des crises presque quotidiennes, et surtout en présence d’un foyer épileptogène bien localisé à l’IRM, on doit recourir à la chirurgie.

C’est ce qu’indique le Pr Abdessamad Ouahabi, président de la Société marocaine de neurochirurgie, au cours de sa participation au VIe congrès annuel de la Société internationale de neurochirurgie pédiatrique, qui s’est tenu à Captown, en Afrique du Sud, du 12 au 16 octobre.

La chirurgie de l’épilepsie trouve ses indications chez l’enfant jeune, car, pratiquée tôt, elle donne de bons résultats et permet d’éviter les souffrances cérébrales secondaires qui peuvent aboutir à la détérioration mentale. Selon le Pr Ouahabi, la chirurgie de l’épilepsie obéit à des procédures et protocoles bien codifiés.

Grâce au concours du neurophysiologiste et du neuroradiologue, la zone atteinte, à réséquer chirurgicalement, est bien individualisée. L’imagerie fonctionnelle permet de conserver l’intégrité des principales fonctions que sont le langage, la sensibilité et la motricité.

Cette chirurgie est en pleine évolution au sein du service universitaire de neurochirurgie de l’hôpital des spécialités de Rabat, précise le Pr Ouahabi, car, sur les deux dernières années, 30 patients opérés n’ont plus eu de crise, et sans apparition de complications chirurgicales.

Plus de 300 000 Marocains sont épileptiques, dont 10% relèvent de la chirurgie. L’épilepsie reste peu connue, en raison des préjugés, les personnes malades étant traditionnellement considérées comme victimes d’actes de sorcellerie.

Concernant ses domaines d’application, la neurochirurgie pédiatrique est aussi indiquée dans des pathologies tumorales, des lésions infectieuses secondaires à une méningite ou des malformations, dont la plus fréquente est l’hydrocéphalie, due à l’accumulation de liquide céphalorachidien dans le cerveau, ce qui provoque, à terme, la destruction du parenchyme cérébral. La pathologie, congénitale ou acquise, est très fréquente au Maroc, explique le Pr Ouahabi.

«Au service de neurochirurgie du CHU de Rabat-Salé, il arrive qu’on reçoive 2 à 3 malades par semaine. C’est une pathologie qu’il faut prendre en charge en urgence, car, non traitée, elle provoque un retard psychomoteur, un handicap et la cécité», alerte ce neurochirurgien.

Le diagnostic de cette malformation peut être fait en prénatal grâce à l’échographie, ou à la naissance, par la mesure du périmètre crânien, car, chez les enfants atteints, il est plus important que la normale. Aujourd’hui, il y a des techniques chirurgicales rodées, faisant appel à la mise en place d’une valve de dérivation vers le péritoine pour y envoyer l’excès de liquide, ou, depuis peu, un traitement endoscopique, moins agressif.

La pose d’une valve coûte 18 000 DH, contre 25 000 DH pour le deuxième procédé. Seul le prix de la valve est remboursé par la Cnops à hauteur de 5 000 DH. Pour en savoir plus sur la neurochirurgie et ses nouveautés, rendez-vous au XVIIIe congrès national, en mai 2009.