La métrologie sanitaire : une nouvelle science au service de la santé

Elle aide à  développer un système d’information sanitaire fiable.
Objectif : réduire les chevauchements et les doubles emplois qui pèsent sur les structures sanitaires fragiles des pays en développement comme le Maroc.

«La disponibilité et l’utilisation accrues, en temps opportun, d’informations sanitaires fiables, qui permettent de stimuler le financement et la mise en place de systèmes nationaux d’information sanitaire (SNIS) dans les pays en voie de développement, sont un des principaux objectifs de la métrologie sanitaire», indique Abdelhamid Ouaqouaq, statisticien et spécialiste en administration des services de santé. Il constate par ailleurs que «malgré les efforts de nombreux partenaires aux niveaux mondial, régional et national, les informations sanitaires dont disposent les responsables politiques et les praticiens de santé accusent aujourd’hui d’importants déficits». Pour approfondir la réflexion sur cette pierre angulaire de tout management sanitaire, l’Association marocaine des statisticiens de santé (AMSS) a organisé, le 8 mai dernier, sa IIe journée nationale sur la thématique de la métrologie sanitaire en tant que système d’information, d’évaluation et de développement sanitaire, a indiqué son président, Abdelaziz Zguiouar, spécialiste en démographie de l’université de Montréal. Les débats ont porté notamment sur les sous-systèmes d’information hospitalier et ambulatoire, les techniques et méthodes de mesures statistiques de la mortalité maternelle et infantile ou l’apport des enquêtes pour améliorer les systèmes de santé. Ce grand chantier a été initié en 2005 par l’OMS, qui relevait que, dans certaines parties du monde, même des faits fondamentaux, tels que la naissance d’une personne, sa mort et la cause du décès, ne sont pas enregistrés. De ce fait, elle a lancé Le réseau de métrologie sanitaire, qui devait s’employer à combler ce déficit en aidant les pays à améliorer leur capacité de collecte de ces données sanitaires essentielles. Ce réseau associe des groupes spécialisés dans les domaines de la santé et des statistiques pour accroître les capacités et les compétences et permettre de renforcer les systèmes d’information sanitaire afin que les décideurs locaux, régionaux et mondiaux appuient leurs décisions destinées à améliorer la santé sur des données crédibles. Les informations sanitaires ne sont pas une fin en soi, elles servent à améliorer la prise des décisions.
Selon l’OMS, «c’est sur des données satisfaisantes, des rapports et un suivi de qualité, une analyse judicieuse et des systèmes d’information sanitaire méthodiques qui permettront aux décideurs de prendre des décisions en connaissance de cause, pour la lutte contre les maladies et le développement humain». «Une des premières recommandations de cette journée, indique M.Zguiouar, est d’initier au Maroc un réseau harmonisé regroupant tous les efforts des différents acteurs de la santé au Maroc, selon un cadre commun d’information sanitaire, de façon à réduire les chevauchements et les demandes faisant double emploi qui ont pesé par le passé sur les systèmes d’information fragiles des pays en développement comme le Maroc». L’objectif de l’AMSS est de devenir un partenaire du Réseau de métrologie sanitaire, créé en 2005 par l’Organisation mondiale de la santé, qui s’est fixé comme délai l’année 2011 pour atteindre un réseau comptant 80 pays au moins. Cette rencontre a regroupé des techniciens de statistiques, des médecins, des économistes ainsi que des sociologues.