La chirurgie et le traitement des anomalies de réfraction de l’Å“il

Une chirurgie en plein essor au Maroc, et de plus en plus de demande
L’Amo
ne rembourse pas les techniques opératoires de pointe qu’elle met en Å“uvre.

L’ophtalmologie moderne, grâce à  la chirurgie réfractive, peut corriger des anomalies de l’Å“il comme la myopie, l’astigmatisme, l’hypermétropie et la presbytie. C’est le principal message scientifique que les spécialistes marocains de l’Å“il ont voulu transmettre lors du IIIe congrès national de la Société marocaine de chirurgie réfractive et d’implantologie (SMCRI) qui s’est tenu à  Marrakech les 20, 21 et 22 mars. Pour le Dr Abdellatif Badaoui, président de la SMCRI, la chirurgie réfractive est peu pratiquée au Maroc pour plusieurs raisons. D’abord, certains chirurgiens ophtalmologistes ne sont pas formés aux nouvelles techniques opératoires. D’autres restent méfiants. Enfin, les patients ont longtemps été insuffisamment informés.

En organisant son IIIe congrès national, la SMCRI s’est souciée d’améliorer les choses, tout en indiquant que les plateaux techniques se sont améliorés, grâce à  des investissements importants, et que de nombreux ophtalmologistes chirurgiens se sont spécialisés dans les techniques de pointe. Par ailleurs, les patients, aujourd’hui, sont demandeurs, car ils ont pu constater que les résultats sont positifs.

Le comité scientifique de la SMCRI précise que la chirurgie réfractive concerne une majorité de troubles réfractifs de l’Å“il. Il lance un appel aux organismes de l’Assurance maladie obligatoire (Amo) telles l’Agence marocaine de l’assurance maladie (Anam), la Cnops et la CNSS, pour accompagner ces évolutions thérapeutiques, afin que le plus grand nombre de patients puisse en profiter. Pour rappel, après l’âge de 45 ans, 100% de la population devient presbyte. C’est la période de la vie o๠le cristallin se durcit et ne peut plus se courber, ne permettant plus la mise au point nécessaire à  une bonne vision de près. Pour récupérer une vision correcte, on a besoin de verres différents pour voir de près et de loin. Jusqu’à  présent, la correction de ces baisses visuelles dues au vieillissement a fait appel à  des verres progressifs qui permettent, sans changer de lunettes ou de lentilles, d’avoir une bonne vision aussi bien de loin que de près. Pour des raisons d’esthétique ou de confort, certaines personnes optent pour des lentilles. Celles-ci offrent, certes, une alternative intéressante avec de bons résultats, mais plus de la moitié des utilisateurs les abandonnent, soit parce qu’elles ont entraà®né une sécheresse oculaire (intolérance), soit parce que leur manipulation s’est révélée difficile, d’autant plus que les presbytes voient mal de près. Par ailleurs, le port de lentilles impose des contraintes auxquelles certains patients refusent de s’astreindre : entretien, obligation de les enlever et de les reposer quotidiennement. Ces dernières années, un procédé chirurgical a été mis au point, qui permet aux presbytes de se passer de verres. L’opération consiste à  corriger chirurgicalement la vision de telle manière que le presbyte puisse voir aussi bien de loin que de près dans 90% de ses activités quotidiennes, qu’il s’agisse de conduite automobile, de sport, de lecture ou de travail sur ordinateur. L’opération chirurgicale est effectuée sous anesthésie locale (au moyen de trois gouttes de produit anesthésiant). Les complications sont rares, inférieures à  1%, sous forme d’inflammation ou d’infection locale, le plus souvent réversible avec un traitement approprié.