Il est urgent de sensibiliser les Marocains au don du sang

Accidentés de la route, malades chroniques, les besoins sont énormes n Toute personne saine âgée de 18 à 60 ans peut donner son sang une à deux fois par an.
En 2007, il y a eu 180 000 dons de sang ; ces derniers doivent augmenter de 10%.

L’Association marocaine des donneurs de sang (AMDS) et la Fédération internationale des organisations de donneurs de sang (FIODS), du 15 au 17 mai, le XIXe Congrès international du don de sang.

L’occasion pour Malika Mazzine, présidente de l’AMDS, de lancer un appel pour une politique de promotion du don de sang au Maroc. «Les quantités recueillies par les unités mobiles des centres régionaux de transfusion auprès des administration et entreprises sont très insuffisantes pour répondre aux besoins, constate-t-elle. Le Marocain n’est pas réticent à donner son sang, il est seulement mal informé sur ce geste», scande-t-elle. Elle explique par ailleurs qu’un accidenté de la route peut avoir besoin du sang de 10, 20 ou même 30 personnes pour s’en sortir. En France, chaque année, trois millions de dons de sang sont nécessaires pour la survie de 400 000 à 500 000 malades et blessés.

Comme l’indique le Dr Hassan Belekbir, du Centre régional de transfusion sanguine de Rabat, selon l’OMS, 5% de la population peut donner du sang dans l’année. Au Maroc, au cours de l’année 2007, le Centre national de transfusion sanguine a collecté environ 180 000 dons dont 49000 via le Centre régional de Casablanca, et 41 000 via celui de Rabat.

Par ailleurs, au cours de l’année 2007, on a observé une augmentation quantitative (de 9%) et qualitative des demandes exprimées par les équipes soignantes, que ce soit dans le cadre des urgences ou de maladies hématologiques chroniques nécessitant des transfusions quotidiennes ou mensuelles, telles la thalassémie ou l’hémophilie. Il faudrait, déclare le Dr Belekbir, que les dons augmentent de 10% dans les années à venir, si on veut répondre à temps à toutes les demandes qui nous parviennent, de façon quotidienne, aussi bien du secteur public que privé.

Cette situation exige du Centre national de transfusion sanguine la mise en œuvre de campagnes d’information et de sensibilisation pour promouvoir le don de sang dans notre pays, maillon inexistant aujourd’hui dans la politique du ministère de la santé. La société civile et les médias ont un rôle fondamental à jouer, mais en concertation avec les autorités de la santé.

Un seul objectif noble : mobiliser les femmes et les hommes âgés de 18 à 60 et en bonne santé pour qu’ils donnent du sang une à deux fois par an. Cet acte de solidarité sauverait des centaines de vies humaines. Le Dr Belekbir rappelle que, selon la législation marocaine, le don du sang est volontaire, non rémunéré et secret entre donneur et receveur.

Il faut savoir que la transfusion sanguine consiste à apporter sélectivement au patient le constituant du sang qui lui manque, en évitant toute contamination virale, bactérienne ou parasitaire. Le respect absolu des règles de compatibilité entre donneur et receveur s’impose afin d’éviter les accidents immunologiques graves. Les accidentés de la route, les patients souffrant de maladies graves (leucémies, cancers), les hémophiles, les nourrissons qui naissent avec un sang incompatible sont directement concernés par le don du sang dont, souvent, dépend leur vie.