En 2012, 13 500 patients auront besoin d’hémodialyse au Maroc

4 000 nouveaux insuffisants rénaux nécessitant la dialyse chaque année au Maroc.
Plus de 2 000 patients sur les listes d’attente des hôpitaux publics.

Al’occasion de la journée mondiale du rein (le 12 mars), le Dr Saad Fassi Fihri, président de l’Association des néphrologues, rappelle que les maladies rénales au Maroc aboutissent à la dialyse chez  4 000 malades chaque année. Les personnes à risque sont les diabétiques, les hypertendus et les personnes âgées. En plus, toutes les autres maladies du rein, inflammatoires ou infectieuses, peuvent évoluer vers l’insuffisance rénale. Et en raison de l’augmentation de l’espérance de vie et de l’augmentation de l’incidence du diabète et de l’hypertension artérielle, tous les professionnels s’attendent à une augmentation de l’incidence de l’insuffisance rénale. Pour le Dr Fihri, toutes ces personnes à risque doivent bénéficier d’un dépistage précoce et  annuel de l’insuffisance rénale représenté par la consultation du médecin généraliste ou spécialiste et la pratique d’analyses sanguines et urinaires. Malheureusement, l’insuffisance rénale évolue de façon insidieuse et sournoise, de sorte que, quand le malade commence à se plaindre de fatigue ou de manque d’appétit, il est souvent  trop tard, alerte le Dr  Fihri et on ne peut que lui proposer la dialyse. D’où l’intérêt du dépistage et du traitement précoce.
Il s’agit de traiter correctement les diabétiques et les hypertendus. Ceci est difficile pour des maladies chroniques, mais c’est le moyen primordial pour éviter l’insuffisance rénale.  Ensuite il y a les moyens médicamenteux capables de ralentir la détérioration des reins, qui doivent être pris sous surveillance médicale du néphrologue ou du généraliste. Et il est très important d’insister sur la nécessité pour ces patients à risque de consulter le médecin avant toute prise médicamenteuse, car il existe plusieurs médicaments très toxiques pour les reins, qui sont capables de précipiter définitivement les patients vers la dialyse. C’est en particulier pour les anti-inflammatoires, certains antibiotiques, et les produits de contraste iodés utilisés en radiologie. L’hémodialyse reste la principale technique proposée pour 96% des patients.
La technique consiste en trois séances d’épuration sanguine par semaine, le plus souvent effectuée dans un centre d’hémodialyse sous la responsabilité d’un néphrologue. La séance dure quatre heures en moyenne. Actuellement, on compte 7 000 patients dialysés au Maroc, certains d’entre eux ont plus de 20 ans d’ancienneté en dialyse et mènent une vie quasi normale. Naturellement, un suivi médical spécialisé est nécessaire avec prise de nombreux médicaments et pratique d’analyses fréquentes. Si le nombre de malades actuellement détectés avoisine les 9 000, ce chiffre progresse de 5 à 8% par an. A ce rythme, en 2012, environ 13 500 patients auront besoin d’hémodialyse. Pour les 9 000 patients détectés, seuls 7 000 bénéficient du traitement, 4 500 dans les centres privés et  2 400 dans les centres publics.
2 000 patients ne bénéficiant pas de couverture médicale sont inscrits sur les listes d’attente des hôpitaux publics. Pour les patients relevant de la CNOPS, la prise en charge est totale, précise le Dr Fihri. Quant aux patients relevant de la CNSS, ils ne sont couverts qu’à 70%. Les 30% restants sont à leur charge et pénalisent lourdement leurs familles. Une autre problématique concerne les patients en cas de licenciement. Ils se retrouvent sans couverture médicale et donc en danger de mort inéluctable.