Des chiffres sur la santé de la femme au Maroc

La polyarthrite rhumatoïde touche 1% de la population, soit 500 000 cas au Maroc dont 80% des femmes.

La polyarthrite rhumatoïde, qui est le chef de fil des rhumatismes inflammatoires, touche 1% de la population, soit 500 000 cas au Maroc dont 80% des femmes. Et si dans les pays développés l’âge moyen des patientes est situé entre 45 et 55 ans, au Maroc, cette affection survient à un âge plus jeune, entre 35 et 45 ans.

L’apparition de cette maladie handicapante pendant la période active entraîne de sérieuses répercussions socio-économiques sur le malade et son entourage, essentiellement l’arrêt de travail dans les trois années suivant le début de la maladie, indique le Dr Noufissa Lazrak, rhumatologue à Rabat. Sur un autre registre, chez la population atteinte de maladies respiratoires chroniques, telles le cancer du poumon ou les bronchopathies chroniques respiratoires (BPCO), respectivement 1% et 5% sont des femmes.

Et la tuberculose vient confirmer l’avancée de ces types de pathologies, où 45% des tuberculeux sont des femmes, sachant qu’il y a quelques années à peine, cette infection était principalement liée au sexe masculin, relève le Pr Zoubida Bouayad, professeur de pneumologie à la Faculté de médecine de Casablanca. Pour sa part, le Dr Nadia Zinoun, professeur agrégé en gynécologie à Casablanca, rappelle qu’au Maroc, chaque jour, 4 femmes perdent la vie au moment de l’accouchement, soit près de 1500 décès maternels par an, ce qui fait de la grossesse et de l’accouchement la principale cause de décès chez les femmes âgées de 15 à 49 ans.

Pour le Pr Asmaa Quessar, professeur d’hématologie à l’hôpital du 20 Août de Casablanca, au Maroc, les maladies hématologiques chez la femme restent fortement dominées par l’anémie due à une carence en fer. Ce problème nutritionnel touche 37, 2% des femmes enceintes et 32,6% de non enceintes. Autre problème méconnu, la fréquence de certaines parodontopathies (atteinte de la gencive) chez la femme. Elles surviennent chez la femme très jeune, voire adolescente et dont l’évolution en l’absence de traitement conduit à une édentation quasi totale. Les addictions les plus fréquentes au Maroc sont celles liées au cannabis et aux psychotropes, suivis par la cocaïne et l’alcool.