Derniers traitements chirurgicaux de la vésicule biliaire malade

La méthode classique d’ablation de la vésicule est révolue : on accède aujourd’hui à cet organe par voie gastrique ou vaginale, en passant par de petites incisions
15% des Marocains développent cette pathologie contre 40% dans les pays industrialisés.

L’ère de la chirurgie classique qui consiste à ouvrir l’abdomen pour procéder à l’ablation d’une tumeur ou d’un corps étranger, semble terminée. L’exemple typique est celui de la vésicule biliaire contenant des calculs ou lithiasique. Aujourd’hui, explique le Dr Abdelkader Belkouchi, professeur de chirurgie à la faculté de médecine et de pharmacie de Rabat, chirurgien viscéral depuis plus de 30 ans et chef du service de chirurgie «A» à l’hôpital Ibn Sina de Rabat, «on peut passer par la voie vaginale ou gastrique et, avec de petites incisions, on peut s’introduire dans l’abdomen et enlever la vésicule biliaire lithiasique.»
De petites sutures sont effectuées en interne et le malade est d’aplomb pour reprendre le travail dans les jours qui suivent. Pas de cicatrice inesthétique, pas de longue période de convalescence et pas de risque d’infection. Cependant, tient-il à préciser, si cette technique est en pleine évolution et si certaines équipes chirurgicales, notamment celles du Centre hospitalier Ibn Sina, s’emploient à la maîtriser, la méthode thérapeutique de choix, actuellement qualifiée de «gold standard», reste la coeliochirurgie. Au lieu d’une plaie opératoire au niveau de l’abdomen, le chirurgien réalise trois petits trous de quelques centimètres dans l’abdomen, par lesquels il introduit une caméra et les instruments chirurgicaux. Sous monitoring, il réalise son geste chirurgical, en procédant à l’ablation de la vésicule biliaire malade avec ses calculs. Cela nécessite une nuit d’hospitalisation et, au bout d’une semaine, le malade reprend son travail.
Le Pr. Belkouchi rappelle que certains calculs biliaires peuvent bénéficier d’un traitement médical pour les dissoudre, mais ceux-là finissent par récidiver. D’autres calculs peuvent être traités par lithotripsie (destruction par ultrasons), mais le risque qu’ils récidivent est important. La grande innovation, c’est la possibilité d’extraire la vésicule avec ses calculs sans aucune ouverture abdominale. Par voie vaginale, en ce qui concerne les femmes : on effectue trois petites incisions pour accéder à l’abdomen, on procède à l’ablation de la vésicule biliaire sous surveillance par caméra, ou par voie endoscopique gastrique (fibroscopie), selon la même technique chirurgicale que précédemment.
Le Pr Belkouchi rappelle que les lithiases résultent du dépôt de sels biliaires et de sédiments de cholestérol. Environ 15% de la population marocaine développera cette pathologie à un moment de sa vie, plus particulièrement les femmes, contre 40% dans les pays industrialisés, du fait de la richesse de leur alimentation en graisses animales (porc, mouton et abats.) Par ailleurs, le Pr Belkouchi alerte sur le fait que toute lithiase biliaire symptomatique (qui fait parler d’elle) doit être opérée, car il y a des risques de complications parfois mortels. Il s’agit de coliques hépatiques, douleurs insupportables dans l’hypochondre droit (sous les côtes), irradiant vers l’épaule droite, suivies de vomissements et survenant le plus souvent après un dîner copieux. Sur un autre registre, prévient le Pr Belkouchi, une vésicule biliaire qui ne fait pas parler d’elle, découverte au détour d’un examen fortuit, doit être respectée.