Combien coûte l’hypertension artérielle

Le coût de la prise en charge de l’HTA est similaire à  celui des pays développés.

Lors du XVIe congrès de la Société marocaine d’hypertension artérielle (SMHTA), tenu récemment à Casablanca, la première étude marocaine sur les estimations du coût de la prise en charge de l’hypertension artérielle en 2010 a été présentée par le Dr Nacer Chraïbi, professeur de cardiologie à la Faculté de médecine et de pharmacie de Casablanca. Trois types de coûts ont été distingués : le direct, l’indirect et le coût humain.

Le dépistage, le diagnostic positif, le bilan de retentissement sur les autres organes, le bilan étiologique, le traitement et le suivi au long terme, relèvent du coût direct. Par ailleurs, la prise en charge de l’HTA, tôt ou tard, imposera le recours à des spécialistes, essentiellement l’ophtalmologue, le néphrologue, l’endocrinologue, le cardiologue, le nutritionniste et le médecin généraliste.

Une HTA bien traitée nécessite un contrôle médical régulier avec 5 consultations par an et le recours à un spécialiste à raison de deux consultations par an. Le suivi biologique se base sur un contrôle initial, et un bilan au bout de six mois. L’étude du Pr Chraibi indique que la moitié des hypertendus est suivie par des médecins généralistes et que 35% présentent une HTA non compliquée, nécessitant une prise en charge minimale, 10% vont nécessiter une bithérapie et 5% vont nécessiter une trithérapie. Une autre donnée qu’apporte cette première étude marocaine sur le coût de l’HTA est que la moitié des hypertendus sont suivis par des médecins spécialistes, 25% par les cardiologues, 15% par les diabétologues et 10% par les néphrologues.

Le travail du Pr Chraibi s’est inspiré d’un travail canadien, qui a montré, qu’en 2007, 21 millions de consultations médicales au Canada concernaient l’hypertension. Il ressort que le coût direct de l’hypertension au Canada représenterait environ 2,3 milliards de dollars par an. La même source conclut au fait que le coût de la prise en charge de l’HTA au Maroc est similaire à ceux des pays développés, mais avec des ressources moindres. La maîtrise des coûts passe par une collaboration entre les organismes de financement, les médecins, les patients, les laboratoires pharmaceutiques ainsi qu’une bonne formation initiale et continue qui sont des facteurs indispensables pour réduire les dépenses liées à l’hypertension artérielle.