Cancer du sein : 90% de rémissions complètes après traitement

Traité à temps, le cancer du sein est guérissable, mais il faut surveiller les possibles rechutes locales et les métastases

Le médecin généraliste doit prendre la relève du spécialiste pour assurer le suivi des aspects oncologiques ou extra oncologiques.

Il y a une vie après le cancer. C’est le message-clé transmis par la Société française de l’après-cancer du sein (AFACS), qui a participé pour la première fois, à Rabat, vendredi 15 et samedi 16 juin, au 2e congrès national de la Société marocaine des maladies du sein, présidé par le Pr. Chafik Chraïbi. Ainsi, si le nombre de cancers du sein a doublé en France durant les 25 dernières années, en revanche, grâce aux progrès du dépistage et à l’oncologie moderne , le nombre de femmes ayant eu un cancer du sein encore en vie suit une courbe exponentielle avec plus de 90% de rémissions complètes obtenues après traitement de la phase aiguë de la maladie cancéreuse, déclare le Pr Christian Jamin de l’Association française de l’après-cancer du sein. Au Maroc, cette tendance est constatée dans la pratique des cancérologues, avec des femmes ayant un recul thérapeutique de 8 à 10 ans. Mais cela n’est pas confirmé par des statistiques, du fait de l’absence d’un registre des cancers au Maroc, comme c’est le cas dans tous les pays, indique le Dr Faouzi Habib, cancérologue à Rabat.

Aujourd’hui, en France, plus de 400 000 femmes sont concernées par cet «après-cancer du sein». L’objectif premier auprès d’elles est certes de dépister les rechutes locales, les cancers homolatéraux et les métastases et d’évaluer les traitements institués après la phase aiguë. Mais, précise à juste titre le Pr. Jamin, ces femmes sont aussi de plus en plus exigeantes vis-à-vis de leurs médecins en matière de «qualité de vie» : gestion des effets secondaires des traitements, sexualité, possibilité d’éventuelles grossesses, contraception, reconstruction mammaire, le maintien de la masse osseuse, la réinsertion conjugale et sociale ainsi que le soutien moral.

Ces femmes, après le traumatisme initial lié à la découverte du cancer du sein, et le poids des thérapeutiques – chirurgie et chimiothérapie avec son cortège d’effets secondaires -, veulent avoir une bonne qualité de vie, ce qui nécessite d’avoir une surveillance et un suivi adaptés.

Les médecins spécialistes en cancérologie sont de plus en plus sollicités pour cette surveillance de «l’après-cancer» et, parfois, ne peuvent l’assumer complètement, estimant, à tort ou à raison, que leurs missions principales sont la mise en œuvre thérapeutique face à la tumeur et la gestion des récidives et métastases.

De ce fait, et particulièrement dans le contexte marocain, le médecin généraliste doit prendre le relais du spécialiste pour assurer un bon suivi de l’après-cancer du sein. Car ces femmes souhaitent maintenant un véritable accompagnement dans toutes les dimensions extra oncologiques du cancer du sein.