Cancer de l’enfant, un diagnostic précoce s’impose

80% des cancers de l’enfant sont guérissables à  un stade
précoce. Sur 1500 nouveaux cas par an, seule la moitié est prise
en charge

60 pédiatres de toutes les provinces sont en formation pour
un diagnostic précoce.

Chaque année dans le monde, on observe 160 000 nouveaux cas de cancers chez l’enfant. Pour le Maroc, le nombre est estimé à  1000-1500 nouveaux cas chaque année, dont seulement 750 sont soignés dans des unités spécialisées avec des résultats encourageants mais qui restent inférieurs à  ceux des pays développés.

Par ailleurs, le cancer de l’enfant est curable dans 80% des cas à  condition de faire un diagnostic précoce et instaurer un traitement adéquat, déclare le professeur Fouzia Msefer Alaoui, présidente de l’association l’Avenir et coordinatrice du projet Diagnostic précoce des cancers de l’enfant

Cependant, l’insuffisance de résultats dans des pays comme le Maroc est due surtout au retard diagnostic avec ses conséquences (patient plus fragile, traitement plus lourd, plus toxique et plus coûteux, soignants surchargés et résultats moins satisfaisants).

Quant aux causes de ce retard de diagnostic, elles sont nombreuses et liées à  la pauvreté, l’éloignement, l’illettrisme, la méconnaissance des signes de début de la maladie par les mamans et l’insuffisance de formation des médecins de proximité au diagnostic précoce des cancers de l’enfant.

C’est dans ce sens que l’association l’Avenir et la Société marocaine d’hématologie oncologie pédiatrique (SMHOP), en partenariat avec l’Association Lalla Salma de lutte contre le cancer et le ministère de la santé, organisent un séminaire de formation au diagnostic précoce des cancers de l’enfant les 1er, 2 et 3 novembre 2006 à  la faculté de médecine de Rabat.
Il s’agit d’une formation en cascade qui intéressera 60 médecins pédiatres représentant toutes les provinces du royaume, qui formeront à  leur tour les médecins généralistes de proximité.

L’objectif principal de cette formation est d’amener les premiers médecins qui auscultent l’enfant à  penser au cancer devant certains signes, à  le confirmer, à  orienter l’enfant et à  communiquer avec sa famille.
Les objectifs secondaires de la formation sont d’amener les médecins de proximité à  surveiller l’enfant atteint de cancer à  son retour d’un centre de référence, à  contribuer au traitement, à  informer et à  soutenir le malade et sa famille.

Autre objectif : permettre aux malades d’être diagnostiqués à  un stade plus précoce pour être plus souvent guéris à  un moindre coût financier et de souffrances.
Pour le Dr Mohammed Khattab, professeur d’oncologie pédiatrique à  la faculté de médecine et chef de service à  l’hôpital universitaire des enfants de Rabat, les progrès réalisés ces dernières années dans les cancers de l’enfant ont fait progresser la guérison de façon spectaculaire : notamment les leucémies, les lymphomes malins hodgkiniens et non hodgkiniens, le néphroblastome et l’ostéosarcome.
Ce programme de formation s’intègre dans le cadre de la campagne «Mon enfant, ma bataille», lancée par l’Union internationale contre le cancer (UICC) et Sanofi Aventis le 4 février 2006.