Biologie : formation continue à  Paris

Réactovigilance, marqueurs biologiques de l’infarctus du myocarde, hémoglobine
glyquée dans le contrôle du diabète…, sont les thèmes phare des journées internationales
de biologie du 7 au 9 novembre 2007.

Les journées internationales de biologie (JIB) se sont déroulées à  Paris du 7 au 9 novembre. La réactovigilance ou évaluation des réactifs biologiques utilisés dans les différents examens (sang, urine, liquide céphalo-rachidien, etc.) a été au centre de cette rencontre de formation continue en biologie, indique Dr Saif Slimani. Parfois, si ce n’est souvent, on constate une disparité dans les résultats entre différents laboratoires, liée à  la qualité du réactif utilisé. La fiabilité des résultats en dépend totalement. D’o๠la nécessité de mettre en place au Maroc, lance le Dr Slimani, un organisme équivalent de l’Agence française de sécurité sanitaire, qui joue le rôle de contrôleur de la qualité des réactifs importés. Plus particulièrement ceux venant de pays non référencés. Et surtout, on doit travailler à  l’amélioration des textes de loi dans le sens d’une plus grande rigueur : aujourd’hui, la seule exigence pour qu’un réactif soit autorisé à  entrer sur le marché marocain est qu’il ait son autorisation de mise sur le marché (AMM) dans son pays d’origine. Une aberration scientifique. Il faudrait en effet exiger, en plus, des études techniques sur l’efficacité, l’innocuité et la fiabilité du réactif.

Une des principales innovations de ces journées internationales de biologie est le NT-proBNP ou marqueur cardiaque, qui a dorénavant une place primordiale dans le diagnostic précoce et la prise en charge de l’infarctus du myocarde. Les projecteurs des biologistes ont été également braqués sur la surveillance immuno-hématologique de la femme enceinte, essentiellement dans la prévention de l’allo-immunisation, liée au conflit entre le groupe sanguin de la mère et son fÅ“tus, pouvant parfois conduire au décès de ce dernier. Les JIB 2007 ont présenté les meilleures techniques de lecture interprétative de l’antibiogramme, qui sert à  orienter le choix d’un antibiotique par un médecin. Cela, afin d’éviter les prescriptions abusives et lutter contre l’antibiothérapie aveugle, qui favorise l’émergence de souches microbiennes multi résistantes et qui engendrent de fortes dépenses de santé.

En matière de surveillance du diabète, les JIB 2007 ont mis l’accent sur la mesure de l’hémoglobine glyquée, qualifiée parfois de «détecteur de mensonge» car, renseignant sur l’état glycémique durant les 2 à  3 mois précédents. C’est une technique plus fiable quand on a affaire à  des malades non respectueux de leur traitement ou de leur régime alimentaire. Les JIB 2007 ont rappelé et insisté sur le rôle essentiel que joue le biologiste dans la prévention des risques de maladies infectieuses chez la femme enceinte, telles la toxoplasmose ou la rubéole, la prévention des infections sexuellement transmissibles entre une maman et son enfant pendant l’accouchement et la prévention de l’ostéoporose par la mesure du métabolisme phosphocalcique. De même, certaines mesures biologiques sont précieuses pour le clinicien en vue de prodiguer un conseil génétique ou faire un diagnostic néonatal et prénuptial de maladies héréditaires. Les JIB 2007 se sont intéressées au nouveau concept de l’exercice de la biologie, qualifié d’exercice groupé de la biologie, consistant en la mise en commun de moyens techniques sophistiqués, faisant émerger des pôles d’excellence en immunologie, hématologie, biochimie, bactériologie, parasitologie, virologie, toxicologie, biologie moléculaire ou génétique. L’édition 2007 des JIB avait l’Algérie pour pays africain à  l’honneur. Le Maroc brigue l’année 2009, mais tout dépendra du lobbying des biologistes marocains.