Un crack pour seconder le futur président de la CGEM

Né dans une famille modeste, il a gravi tous les échelons à la force du poignet et a toujours été premier.
Diplômé de l’Ecole des mines de Paris, il devient DG des
Ciments d’Agadir à 29 ans.
Il est à l’origine du développement du groupe au Maroc.

L’homme est d’un abord facile. Son sourire, sa prestance et son humilité vous invitent tout de suite à la confidence et désarment toute méfiance, un peu comme si vous étiez admis d’emblée dans le cercle restreint de ses proches. Mohamed Chaïbi fait partie de la race des conquérants, mais, dit-il, «chez moi, cela part toujours d’un élan de sympathie, de l’attraction de la découverte et jamais d’une démarche de manipulation. J’aime les gens et la vie et j’ai un besoin de créativité constante et les difficultés m’amusent toujours, enfin… presque toujours». Il fait bien de le dire lui-même et si finement, car on voit rapidement que derrière ce personnage jovial aux traits détendus se cachent une bête de travail et un faux calme.

Il apprend la pédagogie en donnant des cours à ses camarades de classe
Ce négociateur de haut vol est né à Ouezzane en 1950, dans une famille modeste et nombreuse. Mohamed Chaïbi a toujours été attiré par l’excellence et tout de suite, il est, non pas parmi les premiers, mais toujours le premier de la classe.

Ce doit être un peu ou beaucoup grâce à cela qu’il aura le sens du leadership. Et il n’en démordra plus jusqu’à ce que son parcours le mène allègrement vers l’Ecole supérieure des mines de Paris en 1972.
Il est attiré par les mathématiques, mais cela ne l’empêchera pas d’étudier ses classiques ni d’ailleurs de se laisser séduire par le militantisme estudiantin, ce qui lui a valu de se faire tabasser par les flics, de temps à autre.

Naturellement, compte tenu de la situation, sa famille ne pouvait pas l’aider, mais dit-il, à chaque difficulté rencontrée, il y avait quelqu’un pour lui tendre la perche. De plus, ce jeune garçon brillant qui séduisait par son agilité d’esprit, va apprendre la pédagogie «sur le tas et très tôt» puisqu’il donnait des cours à ses camarades de milieux plus aisés.

Son entrée dans la vie active se fait presque à son insu, puisqu’il est recruté avant même de terminer ses études d’ingénieur, un contrat qui l’aidera à financer la fin de ses études. En 1975, il intègre l’Ona, dont il prend en charge l’exploitation des mines d’une de ses filiales. Il met la main à la pâte et s’implique simultanément et dans la gestion de l’extraction de cobalt et dans celle des hommes. Sûrement parce que la vie lui a appris à piocher dans l’âme humaine avant de s’initier à la fouille des mines. Quoi qu’il en soit, il s’y prend si bien qu’il devient directeur adjoint de la mine, qui comptait quelque 650 ouvriers.

Trois ans plus tard, il rejoint la Société des ciments français et ne sortira plus du secteur au sein duquel il accomplira une ascension fulgurante. Il part d’abord en France pour se familiariser avec le ciment car, dit-il, «cela ne s’apprend pas dans les écoles». Après une année et demie de formation, il est nommé, à 29 ans, DG de la SCA (Société des ciments d’Agadir), la filiale marocaine du groupe cimentier français. Il s’attaque alors au développement de l’entreprise, notamment par des extensions de capacité et la création de Cimasfi, nouvelle unité à Safi.

Il s’investit à fond dans l’associatif
En 1990, cette dernière fusionnera avec SCA pour devenir Ciments du Maroc dont il est nommé Pdg du groupe. Plus tard, sera créée Betomar pour suivre et répondre aux besoins du secteur. Aujourd’hui, Ciments du Maroc, filiale d’Italcimenti Group compte un effectif de 1 000 personnes, avec trois cimenteries dont la capacité de production totale est de 3,3 millions de tonnes, un centre de broyage à Laayoune, un terminal de ciment,16 centrales à béton et 4 carrières.

Le PDG de Ciments du Maroc ne livre pas sa botte secrète de meneur d’hommes. Et quand on insiste, il lâche cette explication : «Pour moi, tout repose sur quelques principes élémentaires: savoir écouter et ne rien promettre qu’on ne puisse tenir, car la parole donnée est sacrée. Sortir de ces principes, c’est exposer et l’entreprise et sa performance à des incertitudes qui peuvent être coûteuses».

Son activité professionnelle ne l’empêche pas de s’investir dans l’associatif et Mohamed Chaïbi est président de la Commission «entreprise et développement durable» à la CGEM. Il est également membre du Conseil d’administration de la Fondation Mohammed VI…

Quand on l’interroge sur la genèse de son alliance avec Moulay Hafid El Alamy, dont il est colistier pour la présidence de la CGEM, la réponse de Mohamed Chaïbi ne se fait pas attendre : «Des amis m’ont d’abord proposé de me présenter à la présidence. J’ai tout de suite freiné leurs ardeurs en leur expliquant que ma conviction est que le patron des patrons doit être un entrepreneur. Et c’est de là qu’est venu mon encouragement à la candidature de Moulay Hafid El Alami que je considère comme l’homme qu’il faut, qui a le profil qu’il faut. Après, quand on m’a demandé de l’accompagner, j’ai immédiatement adhéré à l’idée pour apporter le concours qu’on me demande». Apparemment, il ne craint donc pas la tâche qui l’attend. Avec son parcours, il ne pouvait pas en être autrement. Mais cette fois-ci, il accepte volontiers de se placer en seconde position pour la bonne cause.x