Spécialiste du financement immobilier

Diplômé en gestion de l’entreprise dans les pays en développement, il atterrit à  Wafabank par hasard et se voit confier la mission de gérer l’ouverture d’une agence bancaire.
Quelques années plus tard, il participera au décollage de Wafa immobilier.
Depuis deux ans, il met à  profit son expérience au service du CIH dont il est directeur général adjoint.

Emmanuel Kant pensait que le moteur de l’homme réside dans la reconnaissance de son talent. Il est des managers qui ont trouvé dans cette maxime, non seulement une pensée philosophique fascinante, mais une méthode de travail pour animer des équipes et d’atteindre les objectifs d’efficacité et de rentabilité d’une entreprise économique. Al Amine Nejjar, directeur général adjoint en charge du pôle commercial au CIH, en fait partie et son parcours témoigne de ce qu’une telle approche peut donner comme résultats.
Tout au long de son parcours, il apprit comment tirer le meilleur de lui-même et de son semblable car, dit-il, «les difficultés comme les obstacles n’ont que la dimension que l’homme leur prête à travers l’appréciation qu’il en fait, or plus on a confiance en soi et plus ils sont petits».
Mais que l’on ne s’y trompe pas, car Al Amine Nejjar n’est pas un philosophe, c’est plutôt un homme d’action. Né en 1967 à Salé dans une famille aisée, il a très tôt cultivé le sens des relations humaines. Il doit cela à plusieurs choses : une éducation à la traditionnelle mais aussi la nécessité de s’adapter à des conditions de vie et aux environnements changeants à chaque mission de son père, diplomate. Que l’on en juge. Il a à peine quelques mois quand son père est en poste à l’ambassade du Brésil puis ce sera l’Ethiopie, l’Algérie… «Le fait de sillonner le monde a été une grande richesse pour moi et je n’ai pas vécu les déplacements de ma famille comme une épreuve, mais bien comme une «promenade» à travers plusieurs civilisations. Et il ne faut, non plus, croire que nous vivions dans l’opulence car mon père a gravi les échelons de manière progressive», rappelle-t-il.

Avec Wafa Immobilier,il a fait bouger le marché
C’est à Casablanca, pourtant, que le jeune Al Amine (le particule «Al» a été ajouté sur l’insistance de son grand-père paternel) va passer son Baccalauréat sciences économiques en 1985. Il ira ensuite à Montpellier passer sa maîtrise dans la même spécialité et ce n’est pas un hasard s’il est major de sa promotion, car, aime-t-il à répéter, «le travail a toujours été une valeur que l’on m’a inculquée dès ma prime jeunesse». Après un troisième cycle sur la gestion de l’entreprise dans les pays en développement, décroché à l’université Dauphine, Al Amine revient au pays. Il est alors recruté en 1991 par Wafabank et apprend les rudiments du métier en mettant en place la nouvelle agence du siège, sis boulevard Abdelmoumen (devenue, depuis, Agence Mostapha El Mâani). Deux années plus tard, il devient chargé de mission auprès de la direction du réseau. En 1995, il reprend la direction de l’agence de Rabat/ Avenue Mohammed V avant d’être nommé directeur régional du réseau d’agences du centre qui comprend l’axe Témara/ Sidi Kacem. C’est d’ailleurs ce réseau qui gère les comptes des plus grosses fortunes du pays, qu’il s’agisse d’industriels, d’agriculteurs de la région du Gharb ou encore d’exploitants forestiers.
Le véritable tournant de sa carrière se produit en 2001, lorsqu’il est nommé président du directoire de Wafa immobilier. Sous sa direction, l’établissement conçoit de nouveaux produits et, en baissant ses taux, fait bouger le marché comme il ne l’a jamais été sur ce segment. En novembre 2003, il s’engage, malgré lui, dans une nouvelle expérience, assez rare dans la vie des banques du Maroc – ne serait-ce que par la taille des entreprises concernées- et qui sera le rachat de l’ex-Wafabank, alors maison mère de Wafa Immobilier, par l’ex-BCM. Naturellement, comme dans de pareilles situations, il y eut une redistribution des responsabilités, non seulement au sein même de l’institution née de la fusion, en l’occurrence Attijariwafa bank, mais également au niveau des filiales. Al Amine Nejjar reste quelques mois à la tête de Wafa immobilier avant de se voir confier la mission de gérer le réseau Casa-Nord de la nouvelle banque, soit une centaine d’agences. Mais il prit goût à l’immobilier. Quelques mois plus tard, précisément en mars 2005, le CIH lui ouvre ses portes.

Il estime quela motivation passepar la reconnaissancedu talent
C’est un autre grand moment de sa carrière parce qu’il arrive, en effet, dans une entreprise en pleine restructuration. Mais là aussi, explique-t-il, «il n’y a que des hommes fortement attachés à leur entreprise qui peuvent affronter de grandes bourrasques. Et il m’a été donné de le constater et de contribuer à mobiliser les énergies pour réapprendre à une énorme structure à fonctionner comme une entreprise compétitive et qui doit se recentrer sur ses métiers de base».
Aujourd’hui, le plan industriel 2007/ 2012 commence déjà à donner ses fruits, puisque le CIH se repositionne comme une banque généraliste, repartant à la conquête de la clientèle aussi bien des particuliers que des promoteurs immobiliers. Un des objectifs est de multiplier le nombre d’agences (120 actuellement) par deux. Sur le plan de la croissance de l’activité, Al Amine Nejjar qui anime le pôle commercial (notamment le recouvrement préventif) et le réseau avec sa composante des crédits immobiliers, estime qu’avec un taux de croissance de 13% par an de l’encours des crédits, le CIH repart nettement du bon pied. En ce qui le concerne, sa recette qui lui a permis de contribuer à ce résultat est ainsi résumée : «Diriger des équipes, c’est les faire adhérer à des stratégies dont ils sont acteurs et, à chaque étape, leur montrer la force et la richesse qu’ils recèlent». Il met cette capacité d’animation et cette expérience dans le secteur de l’immobilier au service d’autres causes. Al Amine Nejjar est membre du bureau de l’Association Bouregreg et de la Commission ministère de l’habitat/Banque mondiale chargée de réfléchir aux réformes du secteur du logement au Maroc.