Rachid Ibenkhayat Zouggari, DG délégué du pôle économique d’Addoha

Un cimentier pour bétonner les projets d’Addoha. Ingénieur en chimie, Rachid Ibenkhayat a travaillé pendant 17 ans à  Holcim. Il y a eu plusieurs responsabilités dont le poste de directeur de l’usine de Fès.

Nombre de décideurs marocains actuels viennent des rangs de l’école publique et doivent une fière chandelle à l’Etat qui leur a octroyé une bourse pour la poursuite de leurs études supérieures. Rachid Ibenkhayat Zouggari, DG délégué du pôle économique et intermédiaire de Groupe Addoha, reconnaît volontiers que, sans cela, il est probable que ses études d’ingénieur chimiste auraient été compromises car ses parents n’avaient certainement pas les moyens de les financer. Il est né en 1965 à Meknès, dans une famille de cinq enfants dont les parents sont tous les deux directeurs d’école. La fratrie ne manquait de rien, mais Rachid avait compris très vite que seules les études pouvaient lui garantir une ascension sociale. C’est donc un élève modèle qui termine son parcours scolaire en 1983 par un bac Sciences expérimentales avec mention bien, ce qui lui assure automatiquement une bourse. Il s’inscrit à l’Institut supérieur industriel de Bruxelles. Rachid Ibenkhayat garde un souvenir frais de cette période de sa vie. «J’ai eu de la chance d’abord au moment de l’installation, parce que mon frère était déjà à Bruxelles, mais il a fallu faire des petits boulots, entre autres peintre en bâtiment, vendeur de journaux et préposé au nettoyage pour faire face aux charges, parce que la bourse était insuffisante», raconte-t-il.
Rachid Ibenkhayat obtient son diplôme d’ingénieur en chimie en 1988 et, une année plus tard, une licence spéciale (DEA) en gestion de l’énergie à l’Université libre de Bruxelles. Il décide aussitôt après de rentrer au pays pour y chercher un emploi.

Il a lancé l’activité du béton prêt à l’emploi chez Holcim

La Cimenterie de l’Oriental (Cior), qui deviendra Holcim en 2002 (Holcim Ltd avait pris la majorité en 1993 à la faveur de la privatisation), l’embauche et l’envoie à l’usine d’Oujda. Jusqu’en 1991, il y travaille comme ingénieur chimiste au laboratoire de l’usine. Sa patience est récompensée car on va lui proposer de faire partie de l’équipe qui conduira l’étude et la réalisation de l’usine de Fès (cimenterie de Ras El Ma et centre de broyage de Doukkarat) dont l’investissement est de 1 milliard de DH pour une capacité de 500 000 tonnes par an.
En 1993, Rachid Ibenkhayat devient responsable qualité et gestion des carrières de l’usine de Fès qui vient de démarrer. Il y acquiert une solide expérience en matière de production, de commercialisation et de gestion des ressources humaines. Deux ans plus tard, il est nommé chef des départements produit et qualité. Son travail est apprécié et c’est donc tout naturellement qu’on lui propose le poste d’administrateur et de directeur d’Ecobéton (devenue Holcim Béton), filiale spécialisée dans l’activité du béton prêt à l’emploi, créée en 1997. Cette mission n’est pas une sinécure parce qu’il doit démarrer une nouvelle activité pour la maison mère. Il met en place 5 centrales à béton à Fès (2), Casablanca (2) et Rabat (1), et constitue tout le réseau de commercialisation.
Rachid Ibnkhayat va rapidement devenir l’homme des missions délicates, si bien qu’en 2000, il est appelé à la tête de l’usine de Fès.
Il prend, en janvier 2006, la direction de la nouvelle cimenterie de Settat, qui a nécessité un investissement de 2,5 milliards de DH et permis la création de 250 emplois directs et indirects. Il n’y reste pas longtemps.
Au bout d’une année, il entend parler du projet du groupe Sefrioui de lancer ses propres cimenteries. Il prend langue avec le président du groupe, Anas Sefrioui, qui le reçoit à bras ouverts. Il est vrai que son long bail avec Holcim ne peut que rassurer un investisseur qui s’attaque pour la première fois à la production de ciment.

Les critiques des cimentiers historiques ne l’ont pas découragé

Il intègre le groupe et est aussitôt nommé directeur général adjoint des Ciments de l’Atlas, un projet de deux usines à Ben Ahmed (Tlat Loulad) et Beni-Mellal (Douar Laksiba) d’une capacité totale de 3,2 millions de tonnes. Il doit gérer toutes les interfaces des usines (banques, fournisseurs, autorités, direction générale…), suivre les différents investissements dans leurs phases les plus complexes. Il se rappelle de l’incrédulité des concurrents dont l’un avait publiquement dit à propos du projet qu’un «beau chéquier ne peut remplacer la compétence». Loin de le décourager, cette attaque constitue au contraire un stimulant pour le groupe. Après trois années de travail acharné, l’activité d’ensachage et de broyage de Ben Ahmed démarre en avril 2010 et le four, en décembre. Rachid Ibenkhayat n’a pas eu le temps de fêter le lancement de ce four parce que deux mois plus tôt, il avait été nommé directeur général délégué du pôle économique et intermédiaire au sein d’Addoha. Sa mission est de coordonner et assurer le suivi de l’activité de l’ensemble des intervenants internes et externes en vue de la réalisation des objectifs de production et de vente sur ces segments de logement.
Aux Ciments de l’Atlas, il a laissé un chantier presque achevé. En effet, le centre d’ensachage de l’usine de
Béni-Mellal est déjà opérationnel et le four le sera en décembre prochain. Quant à l’activité de béton prêt à l’emploi, elle a commencé depuis 6 mois au niveau de 5 centrales. Le groupe compte ouvrir une vingtaine d’unités de ce type d’ici deux ans.
Son talent de coordinateur de grands projets lui permettra certainement de relever un nouveau défi dans la promotion immobilière.