Parc Oukacha, Makro, Dar Assikah… un pro des ouvrages industriels

Pour échapper à  une année blanche, il passe son Bac «sciences maths» en candidat
libre.
Ingénieur de l’Ecole spéciale des travaux publics de Paris, il aura supervisé
la construction de grands ouvrages.
Aujourd’hui à  son compte,
il s’occupe de la réalisation de
la Morocco film City.

Il n’y a pas de vent favorable à celui qui ne sait pas où il va. A ceux qui lequestionnaient sur ce qu’il voulait devenir quand il serait grand, Najib M’didechdisait invariablement qu’il voulait être ingénieur. Savait-il vraiment ce quecela voulait dire ? Probablement pas, mais une chose est sûre, il était tentépar le monde des chiffres et le calcul mental fut un des premiers sports quilui procurèrent de grandes satisfactions. Aujourd’hui encore, il se livre volontiers,avec une passion d’enfant, à des opérations de multiplication à plusieurs chiffres.Mais le parcours de Najib M’didech n’a rien d’un conte.
Il a fallu faire preuve de volonté et de persévérance car même quand on saitce que l’on veut, le travail et l’effort sont des valeurs dont on ne peut fairel’économie. Une boutade qu’on attribue à Euclyde résume bien ce propos. Au futurRoi dont il était le précepteur et qui se plaignait de la difficulté de comprendreses leçons, il avait répondu pour l’inciter à s’appliquer : «Majesté, en mathématiques,il n’y a pas de voie royale».

Natif de Mohammédia, au sein d’une famille de huit frères, Najib M’didech, aussidoué qu’il fût pour les mathématiques, ne va pas faire les choses comme toutle monde.
Elève au lycée Moulay Abdallah, il a choisi de passer le Bac «sciences maths»en candidat libre pour ne pas perdre une année de scolarité due à une précédenteannée blanche durant cette période trouble de l’histoire du pays. Cela se passaiten 1973.

Il a hérité de gros chantiers dès le démarrage de sa vie active
Faute de bourse, il va s’inscrire à la faculté des sciences de Rabat où il obtientun Deug. Il se décide ensuite à aller poursuivre ses études en France. Durantla première année, il subvient à ses besoins grâce aux petits boulots et à lasolidarité des étudiants marocains qui l’avaient devancé dans ce pays. Une foissa licence en mathématiques obtenue en 1976, il bénéficie d’une bourse qui luipermet de continuer dans de meilleures conditions. Il obtient ainsi sa maîtrisel’année suivante et s’ouvre les portes de l’Ecole spéciale des travaux publicsde Paris (ESTP).

Une fois son diplôme en poche, il rentre au pays et se fait recruter à la directiondes ports ; l’ex-Office d’exploitation des ports (Odep) n’existait pas encoreà l’époque. Entre 1981 et 1984, il y travaillera comme chef du service des infrastructureset des travaux neufs du port de Casablanca. Dans le cadre de cette mission, ilgère la réfection des quais, des môles à conteneurs et des plateformes de stockage.Ensuite, la Compagnie immobilière et foncière marocaine (CIFM) lui propose deprendre en charge la construction des logements économiques de Sidi Bernoussi.Il ne reste à ce poste qu’une année. On le retrouve ensuite à Bank Al-Maghriboù il est un des chefs du projet de construction de Dar Assikah.

En 1989, Ona immobilier le recrute pour lui confier le fameux projet «Cabo Negro»qui s’étendait à l’époque sur 220 ha. Ce sera un tournant important dans sa carrière.Il restera plus longtemps avec la holding qui, comprenant le besoin du marchéen solutions «clés en main» en matière de construction, va alors créer Marodec(Société marocaine de développement et de construction), sa filiale dans le domainede la maîtrise d’ouvrage déléguée. Cette activité comprend la prise en chargede toute la partie construction, de la recherche de terrain à la livraison del’ouvrage en passant par les autorisations et la conduite des chantiers. NajibM’didech sera alors nommé responsable de la réalisation des premiers magasinsdes enseignes Marjane et Makro. Puis, ce sera la construction du siège d’Alcatelou encore du parc d’activités d’Oukacha. Ce dernier chantier a porté sur 100000 m2 de surface locative pour un investissement de 360 MDH. Dix ans après avoirintégré Ona immobilier, il refait ses cartons suite à une proposition des Domainesroyaux. Il y restera 6 ans avant de décider finalement de faire le grand saut.

En 2005, il fait le grand saut et se met à son compte
Et c’est en 2005 qu’il se décide à se mettre à son compte. Il crée alors la sociétéde service Named. En très peu de temps, il croule sous les commandes : 6 000m2 de dépôts industriels, deux minoteries et l’aménagement du Centre culturelCervantès de Casablanca. La dernière commande en date est la construction d’uncentre de tri de billets de banque dans la zone franche de Tanger (TFZ).
Mais le plus grand projet de sa carrière, dans lequel il s’investit depuis plusde deux ans, est la réalisation dans la ville ocre d’un complexe comprenant desstudios cinématographiques, des espaces de loisirs, des hôtels et des résidences.

Porté par Tritel, ce projet, baptisé Morocco Film City, nécessitera un investissementde 500 millions d’euros (5,5 milliards de DH), pour la seule partie construction.
D’où vient un tel succès ? Pour Najib M’didech, il n’y a rien d’étonnant. «Celafait quelques années que ce business est mûr, explique-t-il. Les investisseurscomprennent qu’ils ont tout intérêt à confier à des spécialistes ce qu’ils nesavent pas faire. Cela leur permet une livraison d’ouvrages dans des délais impossiblesà tenir en présence de plusieurs interlocuteurs, une qualité garantie et descoûts extrêmement maîtrisés». Najib M’didech emploie déjà quatre ingénieurs etun architecte, sans compter les postes de support