Nezha Alami : Une sommité en médecine à  la tête de l’Université internationale de Casa

Titulaire d’un doctorat en microbiologie et immunologie et d’un certificat en administration des affaires, elle a fait une carrière de chercheur d’élite au Canada.
De retour au Maroc en 1995, elle trouve difficilement un poste de professeur à  la Faculté de médecine dentaire de Casablanca dont elle deviendra vice-doyenne.
En 1999, pour des raisons familiales, elle repart au Canada où elle se spécialisera dans la recherche sur le cancer du sein.

Il fut un temps où scientifiques et enseignants chercheurs ne quittaient leurs laboratoires que pour aller dans les amphithéâtres ou les séminaires éclectiques et fermés pour partager leur savoir avec leurs étudiants ou d’autres confrères. Signe des temps, ces profils sont de plus en plus nombreux à prendre les commandes des multinationales ou entreprises commerciales de renom. Entre autres exemples, l’Université internationale de Casablanca, créée récemment, est allée «pêcher» son premier recteur au Canada. Il s’agit de la Marocaine Nezha Alami, docteur en microbiologie et immunologie et chercheur émérite. Après avoir baigné dans les sciences de la santé et la recherche dans la lutte contre la leucémie et les cancers du sein et du côlon, elle s’est orientée vers le domaine du financement de la recherche pour le compte de grands laboratoires comme AstraZeneca, Novartis ou encore Pfizer et Roche. Elle a bien fait d’opérer ce virage qui lui a donné l’occasion d’avoir plus de visibilité sur les métiers de gestion de haut niveau.
Nezha Alami a bien compris cette donne puisque, outre les diplômes et les distinctions académiques dans ses spécialités d’origine, elle a cherché et obtenu une reconnaissance de gestionnaire en décrochant un certificat en administration des affaires pour couronner le travail accompli en tant que fondateur, entre autres, de l’Institut Medicorp du Canada, clinique spécialisée qui prend en charge la recherche dans le domaine médical et scientifique.

Un pur produit de l’école marocaine

En fait, Nezha Alami a hérité la fibre commerciale de ses parents, tous deux entrepreneurs : le père est dans l’agroalimentaire et la mère dans la confection et la bonneterie. Cet enfant unique est née en 1961 dans cette famille aisée au quartier Polo à Casablanca. Elle fréquente d’abord une école primaire privée avant d’obtenir un bac «sciences expérimentales» avec mention bien au lycée Al Khansa, en 1980.
Elle explique, néanmoins, que naître dans une famille à l’abri des soucis financiers ne veut pas forcément dire avoir «une vie facile». En effet, son père la voulait comme le «garçon» de la famille tandis que sa mère voulait qu’elle s’inscrive dans la continuité d’une femme moderne qui allie l’attachement aux traditions et à l’ouverture sur le monde. Bref, le travail et la sacralité des études étaient des valeurs dont on lui rebattait les oreilles au quotidien, même si cela n’était pas bien nécessaire puisqu’elle «était première dans toutes les disciplines», confie-t-elle. Après le bac, son départ pour le Canada n’était pas tout à fait prévu au programme. Elle commence par s’inscrire à la Faculté des sciences de Rabat. Par malchance, cette année fut déclarée année blanche à cause des grèves à répétition dans les universités. Sur les conseils d’une amie de la famille, elle s’envole alors pour le Québec où, après trois années, elle obtient un «bachelor» en microbiologie. Elle décide de pousser plus loin ses études et vise, pour commencer, un master en biologie cellulaire.

Reconnue par les institutions scientifiques les plus prestigieuses au monde

Nezha Alami ne s’arrête pas en si bon chemin et entre 1988 et 1992, elle obtient un Ph D à l’Université de Montréal en microbiologie et immunologie grâce à un travail de recherche sur les maladies infectieuses. Après ce parcours, elle choisit de revenir au pays. Ironie du sort, il n’y a pas de poste budgétaire pour le poste d’enseignant chercheur qu’elle brigue à la Faculté de médecine de Casablanca et doit se rabattre sur la Faculté de médecine dentaire où elle obtient le titre de professeur. Mais elle doit réaménager son cours pour l’adapter à la formation des futurs dentistes.
Elle est si impliquée dans ses nouvelles fonctions qu’elle est élue d’abord chef du département de biologie et matières fondamentales dès 1995, une année à peine après son retour au pays. L’année suivante, elle devient vice-doyen et n’étaient-ce des raisons familiales, elle serait bien restée au Maroc qu’elle quitte une deuxième fois en 1999. Quoi qu’il en soit, elle avoue avoir beaucoup appris dans ses différentes fonctions.
Son retour au Canada sera un second souffle pour elle car elle va être contrainte de se recycler. Elle ne rechigne pas à la tâche et entreprend une formation post-doctorale à l’Institut de recherche de Montréal où elle développe ses connaissances en oncologie et plus spécifiquement en cancer du sein. Elle devient chercheur scientifique senior à l’Université McGill puis à l’Institut de recherche de Montréal. Durant cette période, de 2000 à 2009, elle va s’illustrer en dirigeant une équipe qui travaille sur des essais pré-cliniques en oncologie et par la validation de traitements et médicaments sur les cancers.
Nezha Alami s’est également illustrée par de nombreux articles dans des publications scientifiques en Europe (European cancer center) ou aux USA (American association of cancer research à Chicago et Breast cancer symposium au Texas).
Avec un tel bagage, ce n’est donc pas par hasard que l’Université internationale de Casablanca a récemment fait appel à ses compétences, pour accompagner le chantier de la mise en place d’une plateforme pluridisciplinaire qui ouvre dès cette année, avec des filières qui vont des sciences de la santé au management en passant par l’ingénierie.