Monsieur «Bayn», c’est lui !

Reda El Mejjad, vice-président de Wana, a été attiré par les télécoms
dès son plus jeune à¢ge.
Son passage par l’activité de conseil a été un tournant dans sa carrière.
Son idée était simple : passer des téléboutiques publiques aux téléboutiques
de poche.

Reda El Mejjad, vice- président de Wana en charge du pôle grand public, est unadepte de l’analyse à froid et de l’approche scientifique. Pas de place pourles émotions car cela pourrait nuire à la bonne appréciation des choses. M. ElMejjad est un bon connaisseur des télécoms, mais il n’en parle jamais avec passion.

Son parcours est sans histoire car, dit-il, «j’ai eu la chance de tracer depuisle début mon chemin dans les télécoms. Et contrairement à ce que l’on pourraiten déduire, cela n’est pas entièrement dépourvu de poésie».

Reda El Mejjad est né en 1974 à Marrakech et il est l’aîné de trois enfants.Son père est enseignant et sa mère occupe un poste administratif à l’université.Autant qu’il se rappelle, il a toujours été attiré par tout ce qui se rapporteà l’électronique et à la technologie plus généralement. Il se rappelle qu’ilpréférait la physique aux mathématiques, par exemple. Pourquoi ? La réponse esttrès simple : «En physique, on est davantage dans ce que l’on peut toucher etce que l’on peut transformer. Dans les mathématiques, on est beaucoup plus dansl’abstraction».

Par ailleurs, le jeune Reda sait que, s’il est libre de choisir sa voie, lesétudes sont sacrées et qu’il faut les réussir, de préférence haut la main.
Ce n’est donc pas un hasard s’il a réussi, en 1991, un Bac Maths techniques.Et, à l’instar de nombre de jeunes, il estime qu’il faut aller de l’autre côtéde la Méditerranée pour avoir un «bon» diplôme. Il s’envole donc pour la Francepour suivre des études en télécommunications. Après des prépas à Albi (entre1991 et 1993), près de Toulouse, il est admis à Telecom Paris et obtient unebourse de mérite de l’Etat français. Son mémoire portera sur l’apport des nouvellestechnologies en matière de compétitivité des entreprises.

Il fait ses premières armes chez Motorola
Motorola, où il fait son stage de fin d’études en 1995, lui propose son premierposte. Il va alors travailler sur la norme GSM, à l’heure où les télécoms commencentà faire bénéficier le consommateur des toutes nouvelles possibilités de communication.

Il ne va pas s’éterniser chez le constructeur américain car il se sent vite àl’étroit dans la blouse de l’ingénieur. Il ira alors, comme on dit si bien enlangage télécoms, «switcher» vers le conseil dans sa spécialité. Quand il rejointle cabinet Devotech, il ne se doute pas qu’il entre de plain-pied dans la révolutiongalopante des télécoms. Et c’est là aussi qu’il sera plus près que jamais duMaroc. Il vit de l’intérieur les grands changements qui traversent l’Europe avecla libéralisation des télécoms et la naissance des grandes alliances du momentqui suivront la vague des privatisation. Il va aussi être acteur dans les grandschangements de la réglementation et l’affinement du rôle des agences de régulation,en France et ailleurs. Il sera aux premières loges de ces chambardements dansles différentes missions qu’il mènera au service de son cabinet pour le comptede plusieurs pays dont le Maroc.

Il promet d’autres surprises au consommateur
Entre autres missions, il est associé à l’établissement du catalogue d’interconnexiontout comme il apporte son expertise sur le chapitre du service universel. Durantcette expérience, il apportera aussi du conseil à Vivendi et à Maroc Telecomau moment où le Maroc préparait la libéralisation du mobile.

La rencontre avec Karim Zaz, qu’il avait déjà croisé en France, sera un autretournant dans sa vie professionnelle. Il s’agissait de l’installation de Wanadooau Maroc. Plus que cela, se rappelle-t-il, «ce fut l’introduction d’un acteurmajeur d’internet au Maroc. Bien entendu, nous n’avions pas les moyens de changerle cours des choses, mais nous l’avons certainement accéléré en bousculant l’opérateurhistorique sur ce créneau». Reda El Mejjad sera alors directeur commercial etmarketing à Maroc Connect avant d’en devenir DG adjoint à partir de 2002.

Mais l’étape cruciale de sa carrière commencera avec le projet Wana et l’aventurede «Bayn«. Il l’explique ainsi : «Le postulat de base était que les Marocainsn’utilisaient pas leur portable pour appeler leurs correspondants et se sentaientobligés de se déplacer vers les téléboutiques pour appeler.

Cela paraissait anormal, dans la mesure où le principe même du mobile, c’estjustement de ne pas être contraint de sortir pour communiquer puisque l’on aun mobile sur soi». Ainsi naquit le concept de la téléboutique de poche. Et quandon voit qu’au bout de huit mois Wana a convaincu un bon million de Marocainsd’adopter son rejeton, force est de reconnaître que c’était là LE filon auquelpersonne n’avait pensé. Surtout sur le créneau du fixe qui, les chiffres le prouvent,était en perte de vitesse d’année en année depuis l’arrivée de la deuxième licencemobile. Cependant, il faudra s’assurer que les Marocains téléphonent plus à partirde leurs terminaux ou que le nombre de minutes téléphonées a bel et bien migrédes téléboutiques tout court vers les… téléboutiques de poche. Une réalitéque l’on ne peut encore mesurer avec précision, à cause des périodes de gratuitéque le nouvel opérateur a concédé aux consommateurs dans ses campagnes de lancement.

Reda El Mejjad promet d’autres surprises au consommateur dans la mesure où Wanava entrer pleinement dans la globalité des produits, qu’il s’agisse du mobiledont il détient une licence exploitable dès 2008 ou de la 3G qu’il développerasur internet.