Mohamed Taj : une carrière déjà  bien remplie chez les multinationales, à  40 ans !

Ingénieur en informatique, il commence sa carrière à  Xerox.
En 1998, il est recruté par Motorola qui le chargera de fonder la filiale marocaine.
En 2008, il se met à  son compte en introduisant RadioShak au Maroc.
En juillet 2009, il revient au salariat en tant que DG de HP Maroc.

Mohamed Taj, qui vient tout juste d’être nommé à la tête de HP Maroc, a connu très tôt la transhumance. Originaire de Tafraoute, la famille a migré dans plusieurs villes du Maroc, et même en Mauritanie et au Sénégal, au gré des affectations du père, professeur d’histoire et de géographie.
Natif de Casablanca en 1970 et aîné de ses quatre frères et sœurs, Mohamed Taj a fait l’apprentissage de l’autonomie dès son jeune âge et son père lui a inculqué la sacralité des études presque sans qu’il s’en aperçoive. En effet, il a toujours été dans le peloton de tête des élèves primés. Si bien que lorsqu’il obtient son bac section «mathématiques» en 1989, il est le premier à l’échelle de toute l’académie. Et le voilà parti la même année à Lyon, à l’Institut national des sciences appliquées, d’abord pour les prépas puis pour un diplôme d’ingénieur en informatique. Mohamed Taj est très dynamique car s’il se consacre à ses études, il est actif dans la vie estudiantine puisqu’il sera très impliqué dans la «juniors entreprises». Il fut même président du Forum Rhône-Alpes, une association toujours en activité et dont il est un des fondateurs.
A peine son diplôme obtenu, l’actuel patron d’HP Maroc choisit d’aller à Aix-en-Provence pour faire un MBA à l’Institut de l’administration des entreprises (IAE) tout en travaillant, dans le cadre d’un contrat spécial avec St Microelectronics. «D’abord, j’ai compris que les mathématiques ne m’intéressaient que pour m’affirmer puis, tout de suite après mon diplôme d’ingénieur, je voulais être initié à la gestion des hommes et des entreprises», explique-t-il.

La direction marketing de Xerox au bout d’un an seulement

Il faut croire qu’il n’a pas eu tort car cela va lui servir. Si la plupart de ses condisciples marocains restent en France, il décide de rentrer au bercail en 1995. Et c’est au sein de la direction marketing de Xerox Maroc qu’il débute. Au bout d’une année, il se fait remarquer par ses idées et son acharnement au travail et son DG lui offre le poste convoité de directeur marketing Afrique du Nord. Il aura fort à faire et y passe trois années, prenant son bâton de pèlerin pour faire connaître sa stratégie sur les pays qu’il couvre.
Un jour de 1998, une annonce dans la presse va attirer son attention : «Motorola cherche des leaders pour prendre en charge les marchés émergents». Quand il postule pour le poste, il était loin d’imaginer qu’en fait le constructeur américain ne cherchait pas des «leaders», mais un seul. Mohamed Taj est retenu «parmi plus de 200 candidats», se rappelle-t-il. Là aussi, il aura à voyager d’abord à Chicago pour des cycles de formation puis pour être associé aux négociations de création des joint-ventures en Egypte et en Jordanie. C’est que Motorola allait acquérir 26% de Mobinil en Egypte et 45% de Fastlink en Jordanie. Il verra de près la politique du constructeur en matière de vente des équipements, de segmentation des produits et services et de tarification. Motorola lui propose ensuite un poste de consultant à Dubaï.
Une fois de plus, Mohamed Taj va être associé à la refonte de la stratégie du constructeur à partir de son quartier général du Moyen-Orient, dans un marché où l’achat et le renouvellement des terminaux et des accessoires se font à un rythme effréné.
Il fallait aussi trouver des partenaires et des sous-traitants pour le développement du réseau et de la distribution. Lors d’une présentation, il se fait remarquer par le vice-président de Motorola pour l’Europe, le Moyen-Orient et l’Afrique qui avait quelques problèmes avec Airtel, deuxième opérateur espagnol, qu’il n’arrivait pas à convaincre sur la partie qualité. Et justement Mohamed Taj va être directeur qualité pour l’Espagne. Il se verra ensuite proposer de suivre de près la vente de la deuxième licence marocaine du GSM, d’autant plus que Motorola est candidat à l’achat. La multinationale n’a pas eu la licence, mais s’est décidée à rester sur place pour vendre des équipements et des terminaux. C’est à partir de là que Mohamed Taj sera tout naturellement appelé à diriger la filiale marocaine créée en 1999. Ses responsabilités ont ensuite été élargies à toute l’Afrique francophone.

Il développera le réseau de Motorola en Afrique

Sa mission ne fut pas aisée. Il devait mettre en place une structure à partir de rien, recruter des compétences, tout en sachant bien s’entourer pour ne rien rater de ses objectifs. De trois au départ, ils seront trente puis soixante-dix personnes à suivre un marché en pleine croissance.
Et justement, Motorola sera le premier sur le marché marocain. Il se débrouille si bien que la maison mère va lui demander, en 2005, de superviser aussi le marché égyptien qu’il connaît bien mais aussi l’Afrique de l’Est. Entre 2005 et 2008, il va s’atteler à la tâche  pour arriver aux mêmes résultats ou mieux qu’au Maroc. Mais les bonnes choses ont toujours une fin. Il quitte Motorola en 2008 et décide de se mettre à son compte. C’est ainsi qu’il rachète la franchise de RadioShak, enseigne spécialisée dans le multimédia et les accessoires informatiques, qui en est aujourd’hui à son quatrième magasin, dont deux à Casablanca, un à Rabat et un à Agadir. Mohamed Taj crée également un bureau d’études spécialisé en marketing direct et la fidélisation. Mais son éloignement du salariat sera de courte durée puisque depuis début juillet, le constructeur américain HP a réussi à le convaincre de diriger sa filiale marocaine. Rebelote !