Mohamed SETTI : Sa spécialité, les ressources humaines dans le secteur hôtelier

Il a commencé sa carrière dans l’hôtellerie et il est resté attaché au secteur.
Son cabinet Artégis, créé en 1992, est un des rares à  être spécialisés dans les ressources humaines du secteur hôtelier.
Enseignant, militant associatif, modérateur dans les conférences publiques…, son credo : ne jamais se contenter du strict minimum.

Le secret de la réussite n’est pas aussi difficile à percer qu’on le pense. Il peut se résumer ainsi : ne jamais se contenter de faire juste ce qu’il faut, essayer toujours d’en faire un peu plus. C’est ce qu’on retient du parcours de Mohamed Setti, DG d’Artégis, qui a d’abord travaillé pour les autres avant de décider de se mettre à son propre compte. Pourtant, rien ne le prédestinait à investir dans les affaires ; il a juste su prendre le virage qu’il faut, au moment où il faut dans le domaine où il avait le plus de chance de réussir.
Mohamed Setti est né en 1962 aux Habous à Casablanca dans une famille moyenne qui comptait quatre enfants dont il est le deuxième. Le père est commerçant et la maman femme au foyer. Personne ne l’encadrait dans ses études, mais il avait bien compris qu’il n’y avait d’autres voies d’assurer son autonomie et son confort  qu’en s’appliquant à fond à l’école. Il doit à un oncle de l’avoir inscrit à la Mission française et son parcours scolaire est un sans-faute. A 17 ans, en 1979, il décroche un bac «D» (sciences expérimentales), sûrement parce qu’on lui avait rebattu les oreilles avec la primauté des matières scientifiques sur le reste. Il se rend compte, pourtant, que ce n’était pas vraiment sa tasse de thé. Il le fait à temps quand il arrive à Nancy, en 1979, où il s’inscrit en sciences économiques.

Après une maîtrise en économie, il a fait un 3e cycle à l’Institut supérieur de tourisme de Tanger pour se spécialiser
Au moment de son départ, son père lui tend un billet d’avion et 3 000 DH. Il pensait que la bourse marocaine, 1 000 FF à l’époque, soit presque le même montant en dirhams, allait lui suffire. Mohamed  va pourtant se résoudre à faire des petits boulots pour pouvoir subvenir à ses besoins et sera tantôt veilleur de nuit, tantôt plongeur. Et c’est là qu’il va intégrer le tourisme. En effet, durant les deux dernières années de la préparation de sa maîtrise, on lui propose de servir, à temps partiel, comme réceptionniste dans un hôtel.
Mohamed revient au Maroc en 1983 mais ne veut pas encore se lancer dans la vie active. Il décide alors de s’inscrire à l’Institut supérieur international de tourisme de Tanger (Isit). Pour financer ce troisième cycle, il signe un contrat de huit ans avec le ministère du tourisme, mais n’y servira jamais. Il sera recruté au Hyatt de Casablanca où justement il avait passé son stage de fin d’études. Entre 1985 et 1988, il y officiera d’abord en qualité d’assistant du directeur de la formation, un département qu’il prendra pleinement en charge par la suite. Stages, formations et séminaires couronneront la partie théorique à laquelle il avait été initié à l’ISIT.
En 1988, il change d’employeur et se trouve associé au lancement de Kenzi hôtel, à Casablanca, puisque la chaîne le recrute comme directeur de développement. Il restera au  Kenzi jusqu’en 1992. C’est, en effet, à ce moment que, sur les conseils de son père, il va franchir le pas en créant Artegis conseil. Evidemment, ses économies ne suffiront pas.  «Je disposais de 50 000 DH et j’ai sollicité un crédit Jeunes promoteurs de 450 000 DH. Ma mère mit à ma disposition un appartement que j’ai transformé en bureau. J’ai commencé par recruter trois personnes : une assistante, un chef de projet et un coursier. Entre juin et décembre 1992, nous avions réalisé un chiffre d’affaires de 600 000 DH et ce fut un immense bonheur pour moi», raconte M. Setti.

Son prochain projet : l’ouverture d’une école spécialisée en marketing et communication
Aujourd’hui, Artegis conseil emploie sept permanents et une équipe de consultants indépendants. Le chiffre d’affaires annuel a régulièrement progressé jusqu’à atteindre quelque 5 MDH. Mohamed Setti reconnaît  toutefois qu’il est passé par des moments difficiles comme le jour où on lui apprend qu’un client qui lui devait 420 000 DH était subitement passé en redressement judiciaire. Au bout d’une longue bataille et de moult négociations, le client a accepté d’en payer la moitié. Mais Mohamed Setti est convaincu qu’un homme d’affaires qui n’anticipe pas pour pouvoir se relever d’une éventuelle chute se doit de changer de métier car, tôt ou tard, dit-il, un événement inattendu l’emportera.
La botte secrète de Mohamed Setti est qu’il a divisé son business en deux parties. La plus grosse pour le conseil, la préparation d’ouverture d’unités et l’accompagnement dans les RH pour l’hôtellerie, et le deuxième volet est l’enseignement en marketing, management et communication. Heureusement, dira-t-il, car, en ce moment, les affaires ne vont pas très bien et le secteur a commencé à réviser ses ambitions à la baisse depuis 2008.
Mais M. Setti est déjà en train de rêver à autre chose : créer une école. C’est qu’il a découvert l’enseignement au moment où il avait quitté le Hyatt en 1988 sans jamais songer à l’abandonner. L’autre facette de la personnalité de Mohamed Setti est cette capacité à trouver le temps pour faire d’autres activités. Outre l’associatif, son talent d’animateur fait qu’on le trouve dans plusieurs gros événements comme modérateur.