Meryem Chami, directeur du programme managérial à  l’OCP

La femme qui a pour mission de bannir la bureaucratie à  l’OCP. Ingénieur télécoms, master en achat, Executive MBA…, à  36 ans elle a déjà  une belle carrière derrière elle.

«L’excellence est un art que l’on n’atteint que par l’exercice constant. Nous sommes ce que nous faisons de manière répétée. L’excellence n’est donc pas une action mais une habitude». Oui, on pourrait dire comme Socrate que la recherche de la performance devient une seconde nature chez certaines personnes. Tout porte à croire que c’est le cas pour Meryem Chami qui est passée aujourd’hui à l’OCP du poste de directeur de cabinet du président à celui de directeur du programme managérial du groupe. Cette brillante élève s’était arrêtée un moment sur sa trajectoire au moment où elle avait rejoint le lycée Saint Louis à Paris pour ses prépas : «En un instant je n’étais plus la meilleure mais juste parmi les meilleurs». Leçon de modestie : de major des bacheliers sciences maths du Maroc en 1994 et d’élève qui croulait sous les prix, elle doit subitement faire un effort pour maintenir son rang, une fois arrivée aux prépas. Mais cela n’a fait que conforter un caractère bien trempé et qui allait mûrir au fil des formations et des expériences professionnelles.
Meryem Chami est née à Fès en 1976 et c’est tout naturellement qu’elle s’inscrit dans une logique de surpassement. A la fois parce qu’elle est une fille mais aussi parce que l’ambiance familiale l’y porte, avec un père, chirurgien de renom, une maman qui la talonne et deux frères qui vont aussi avoir des parcours de ténors.
Bref, Meryem est si brillante qu’elle est la meilleure bachelière de sa promotion et qu’elle se voit offrir une bourse pour faire des études au Japon. Elle choisira la France.

Elle est consultante au moment du tournant des télécoms au Maroc

Entre 1994 et 1996, Meriem Chami fait ses classes de prépas qui lui ouvrent la voie des grandes écoles, l’aéronautique à Toulouse ou encore l’informatique. Mais elle va choisir les télécoms en Bretagne, puis à Paris. Elle termine son cursus en 1999 et est recrutée comme ingénieur conseil par le groupe Siticom qui va connaître un essor rapide, passant de 50 employés à un effectif de 1 400 personnes, porté par un secteur qui a le vent en poupe. Elle va s’occuper du conseil en matière de réseaux et d’architecture télécoms. On lui confie de grands comptes comme les constructeurs automobiles Peugeot et Renault, ou encore des opérateurs télécoms comme SFR, Concert, Equant ou Vivendi. Puis l’opportunité de travailler en Afrique, notamment au Kenya et même au Maroc, comme expatriée, va lui être offerte. C’est le moment du grand tournant des réseaux mobiles puis de l’internet et du passage aux réseaux haut débit au Maroc. D’ailleurs, elle va y intervenir comme consultante, au nom de son cabinet, qui avait comme clients Maroc Telecom, le Septi (Secrétariat d’Etat chargé de la poste et des nouvelles technologies) ou encore le groupe Ona. En 2004, elle est directrice commerciale «réseaux et télécoms» chez CBI mais va rapidement changer de carrière, l’ex-BCM lui ayant fait une proposition intéressante : prendre en charge le réingeneering des processus ou le montage de la première centrale d’achat du groupe bancaire, dans la foulée de la fusion BMC-Wafabank. Son cœur penche pour la deuxième proposition. C’est qu’elle allait avoir, à terme, 40 personnes sous ses ordres et gérer 1,7 milliard de DH de budget. A charge pour elle d’externaliser les activités non-cœur de métier de la banque, de mettre en place un système d’information performant, rationaliser les achats, dématérialiser les procédures…Elle va dans la foulée externaliser le comptage des billets, l’éditique et l’alimentation des GAB…Bref, installer une nouvelle culture non sans susciter quelques mouvements internes car certains emplois se voient chamboulés. Mais cette résistance ne va pas l’ébranler si bien qu’on va lui confier, dans le cadre des synergies du groupe Ona, les achats IT et Medias avec, à la clé, une économie de 30% par an. Une fois cette expérience réussie, on lui propose de travailler en tant que responsable de l’assistance à maîtrise d’ouvrage du schéma directeur de la banque, à partir de 2007 et jusqu’en 2008. Elle aura pris le temps de faire un master en achats à l’ESCP et un Executive MBA à l’Ecole Hassania des travaux publics (EHTP).

Elle doit développer le nouveau schéma directeur du SITI groupe

A partir de là, elle semble chercher d’autres défis. Elle se dit intéressée par des missions au sein d’entreprises publiques comme la RAM ou l’OCP. Une opportunité s’offre à elle alors. Elle fera ainsi partie de 20 candidats pour un poste à l’OCP et ce n’est qu’une fois que la sélection est affinée qu’elle est mise au parfum : c’est le poste de directeur de cabinet du PDG de l’OCP, un poste nouvellement créé. Elle intègre donc le groupe phosphatier en 2008. Elle va s’occuper de la préparation de différents dossiers et sera associée à la réflexion sur la gouvernance du groupe. Là, aussi, elle prendra sur son temps personnel pour suivre un programme de leadership à l’université de Georgetown.
Aujourd’hui, l’OCP offre à Meriem Chami un autre challenge : celui de directeur du programme de transformation managériale (Développement RH, SI et organisation)qui lui impose la lourde charge d’introduire une nouvelle culture d’entreprise et des pratiques de multinationale, à tous les niveaux. En un mot, créer et favoriser l’éclosion des talents et bannir les lourdeurs administratives. Mais ce n’est qu’une partie de la mission car on demande aussi à Meriem Chami de développer un nouveau schéma-directeur en matière de système d’information, un des plus gros investissements en technologies d’information en Afrique.