Marie-Béatrice Lallemand : Elle commence comme réceptionniste et finit sommité dans la gestion hôtelière

Avec un Bac philo et un diplôme de l’Ecole hôtelière de Strasbourg, son premier boulot : réceptionniste dans un hôtel à  Londres.
Toujours en quête de challenges, elle fait le tour de l’Europe pour relancer de prestigieux établissements.
En acceptant la présidence de Mazagan Beach Resort, elle s’est juré de créer une destination de renommée mondiale.

Marie-Béatrice Lallemand, PDG de Mazagan Beach Resort, a tout d’une dame de fer : un caractère bien trempé, une détermination à faire reculer les obstacles les plus retors et une force de travail à étonner plus d’un «bûcheur». Mais à y regarder de près, il y a quelque part chez ce «bourreau du travail», comme disent ses proches collaborateurs, de la passion, une pointe d’humour et, au besoin, une insoupçonnable capacité de se remettre en question. Sans cela, elle ne réussirait pas là où elle passe. D’ailleurs, elle a décidé de prendre son nouveau poste sur un coup de cœur en visitant le site. «J’affectionne les challenges et je quitte les postes que j’occupe dès que les difficultés sont aplanies et qu’il n’y a plus d’enjeux majeurs. Quand je suis venue à El Jadida pour prendre une décision à propos de la proposition qu’on m’avait faite, je n’ai pas accepté un poste, mais j’ai pris acte de créer une destination dans un environnement qui ne semble pas s’y prêter. Je n’ai pas de doute de trouver les moyens d’y arriver», raconte-t-elle.
Marie-Béatrice Lallemand est née en 1958 dans une famille alsacienne à Louviers. Elle est l’aînée d’une fratrie de cinq enfants dont trois garçons. Et c’est très tôt qu’elle cultive l’autonomie et l’indépendance. Si bien qu’elle développe l’irrésistible envie d’«aller vivre ailleurs». Elle sera bien servie durant une longue carrière où le mouvement est le maître mot. Après un Bac philo précoce qu’elle obtient en 1975, elle s’inscrit à l’Ecole hôtelière de Strasbourg pour un diplôme en «management et administration».

Elle a participé à l’ouverture du volet hôtellerie de Disneyland à Paris
C’est à Strasbourg, au Holiday Inn, qu’elle va faire ses premières armes. Elle est d’abord réceptionniste puis chef de réception. Sa soif d’aller vivre ailleurs va commencer à être satisfaite en 1983. Elle part en Grande-Bretagne pour le Holiday Inn Croydon comme chef réceptionniste pendant une année et sera promue directeur de l’hébergement en 1985.
La carrière de Mme Lallemand prendra une nouvelle dimension en 1985 quand, à peine âgée de 29 ans, elle devient directeur adjoint du Holiday Inn London. Elle le restera jusqu’en 1987. Puis après un court passage au Ramada International de Paris, elle repart en Grande-Bretagne pour prendre la direction générale du Ramada Renaissance Hôtel Brighton. Elle est alors remarquée et nominée parmi les six meilleurs directeurs généraux d’hôtels de tout le Royaume-Uni.
En 1989, elle est appelée par Walt Disney World en Floride pour superviser la formation en hébergement. Et c’est de là que débute un des moments forts de sa carrière car elle va être associée à la réalisation de l’Euro Disney France, entre 1990 et 1992, comme directeur développement pour les 520 chambres des six établissements que comptait le projet.
Mais la fascinante carrière de Marie-Béatrice Lallemand se devait de passer par l’Allemagne, et c’est après la chute du mur qu’elle va occuper successivement le poste de DGA de l’Intercontinental de Berlin et de directeur général du Schweizerland Intercontinental dans la même ville. C’était entre 1992 et 1994. Son expérience à Euro Disney lui a certainement bien servi pour la réalisation du programme de rénovation et d’extension des deux prestigieux établissements.
C’est ensuite le groupe Tara Hôtel Deutschland qui fait appel à ses compétences entre 1995 et 2001. Elle est alors DG pour l’Allemagne, poste qu’elle cumule avec celui de directeur des opérations Continental Europe du groupe et de DG du Capthome Hotel Stuttgart international, qui compte parmi ses infrastructures le premier centre d’attraction d’Allemagne : le «Stella entertainment center».

Sa recette : bien s’entourer et déléguer
A partir de là, la spécialiste de l’hôtellerie internationale ne connaîtra plus que des postes de grande responsabilité et les grands groupes internationaux vont se l’arracher pour bénéficier de sa grande expertise et de ses qualités de manager. Quand on interroge Marie-Béatrice Lallemand sur son secret, elle prend le temps de sourire avant de répondre : «Beaucoup de managers ont dû le dire, mais en matière de gestion hôtelière comme pour le reste, gérer c’est savoir déléguer. Mais pour ce faire, il faut prendre un soin particulier, à savoir s’entourer des meilleurs». Pour le reste, Mme Lallemand est partisane de deux grands axiomes : souplesse dans la conduite des projets et des ressources humaines compétentes. On peut ériger de beaux endroits qui font rêver, mais il faut prendre garde à ce que le personnel qui les anime soit bien formé, commente-t-elle, en substance. Et c’est pour cela qu’elle prévoit, pour le projet Mazagan, un plan de formation qui engloutira quelque 12 MDH.
Mais revenons à la carrière de cette femme à la personnalité forte et néanmoins attachante. Avant d’atterrir au poste de PDG de Kerzner International Mazagan Resort Maroc, elle a été appelée au poste de DG du Hilton London Métropole entre 2001 et 2003. Puis, durant la période allant de 2003 à 2005, on la retrouve directeur des opérations France Hôtel intercontinental et DG du Grand Hôtel intercontinental à Paris. Avant de venir au Maroc pour diriger le grand projet Mazagan Resort Maroc qui s’étend sur plus de 500 ha -un investissement de 3,1 milliards de DH pour la première tranche qui comprend, entre autres, un hôtel de luxe 5 étoiles de 500 chambres, un casino, un centre de conférences, un golf de 18 trous, 150 villas-, Mme Lallemand était présidente de Concorde management company (Comaco). Elle supervisait un ensemble de 14 unités en propriété et 40 autres hôtels affiliés.