Malgré son jeune à¢ge, il pilote les grands dossiers de la TGR

Né dans un petit village près d’Oulmès, il a vite compris que l’ascension passait
par les études.
Ingénieur de l’Ecole des mines en 1995, diplômé de l’ENA de Rabat,
il intègre la prestigieuse IGF en 1997.
Il fait partie aujourd’hui des plus proches collaborateurs du trésorier général.

La pauvreté n’est pas une fatalité. Lapalissade ? Pas tant que cela car, si ondevait calculer le nombre d’enfants qui, privés du minimum de chances de succès,abandonnent leurs études – ou n’ont jamais mis les pieds à l’école – et vontgrossir les rangs déjà fournis des mal lotis, on serait vite convaincu du contraire.

Rachid Melliani est un exemple de ces enfants du peuple que tout défavorisaitau départ. C’est dans le Maroc profond que Rachid naît en 1971, dans une famillemodeste de six enfants. A Tarmillet, du côté d’Oulmès, l’isolement n’est pasune impression mais une réalité palpable au quotidien. Dans cette partie du Moyen-Atlasoù le climat est très rude et les loisirs inexistants, la plus grande agglomérationest à 100 kilomètres et s’appelle Khémisset.

Il collectionne les diplômes et sa soif d’apprendre est sans limites
Le jeune enfant va avoir de la chance car il habite en face de l’unique écolede la contrée. Et il ne va pas la percevoir comme un espace de contraintes etde «punition», mais un endroit où il a hâte d’aller pour se sentir «grand», commeles gaillards de son village qui se pressent déjà dans les classes et font l’objetde son admiration. Il se souvient encore des clameurs des cours de récréationet de la résonance de la voix des maîtres dominant le silence des classes pendantles leçons.

La suite ne va pas être idyllique, même si le jeune Rachid est toujours premierde la classe. Il fallait en permanence s’accrocher et, rapidement, il devra seséparer de sa famille pour se plier au régime de l’internat. D’abord au collège,puis au lycée, pour enfin suivre les prépas du lycée Moulay Youssef à Rabat,après un Bac sciences maths obtenu en 1989. De là, Rachid Melliani, qui faitdésormais la fierté de sa famille et de son village, va s’inscrire à l’Ecoledes mines de Rabat, qu’il quitte en 1995 avec le diplôme d’ingénieur d’Etat.

Mais il n’en a pas encore fini avec les études et les diplômes qu’il va continuerde collectionner, dans une soif d’excellence qui ne l’a jamais quitté, tant ila compris que la conquête du statut social et de la reconnaissance tenait enun mot : le dépassement de soi. La suite va le démontrer.

Un mois à peine après avoir été recruté par une entreprise, à Casablanca, ilva se présenter au concours de l’ENA. Il explique que même s’il était alors presséde goûter à la vie active et à son premier salaire, l’opportunité de rejoindrel’élite de la fonction publique avait eu sur lui un effet irrésistible. Si bienqu’au bout de cette formation et fort d’avoir obtenu la deuxième meilleure notede la deuxième promotion de l’ENA, il choisit l’Inspection générale des finances(IGF) qu’il intègre sur titre en 1997, au bout des deux années du cycle de l’ENA.

Il commence alors une carrière d’inspecteur des finances et va, au départ, travaillerà la vérification de la gestion des administrations et aura des missions d’auditpour des projets financés par des bailleurs de fonds comme la Banque mondiale,la BAD…

En 2000, une autre opportunité va se présenter à Rachid Melliani, insatiablequand il s’agit d’élargir ses connaissances tout comme ses horizons. Il s’envolepour l’Ecole nationale d’administration française où il passera deux années entreParis et Strasbourg. Il profitera de son passage dans l’Hexagone pour décrocherun master en administration publique. A son retour au pays, Rachid Melliani retrouvel’IGF où il restera jusqu’en 2004. C’est à ce moment-là qu’on lui propose derejoindre la Trésorerie générale du Royaume (TGR) où il est, tour à tour, responsabledu contrôle de gestion et de la communication, membre du comité de directionet responsable de la stratégie, du contrôle de gestion, de la communication etde la coopération internationale. Il est aujourd’hui un des plus proches collaborateursdu trésorier général.

Rachid Melliani est, à l’heure de la modernisation de la vieille dame (TGR),associé aux dossiers les plus chauds de l’institution. D’abord, une orientationdu service public avec des exigences d’efficacité et de réponse aux attentesd’une clientèle disparate qui va du fonctionnaire au pensionné en passant parle contribuable ou la collectivité locale. Selon lui, «avec les changements queconnaît l’environnement, il s’agit de bien huiler nos structures, qu’il s’agissede délais ou de l’amélioration de la performance. Les chantiers ouverts ne peuventêtre menés à bien que si nous apprenons à fonctionner comme une véritable entreprise.D’ailleurs, cela se perçoit, par exemple, au niveau des délais de paiement descréances de l’Etat».

A en croire Rachid Melliani, la mutation est largement enclenchée et la démarcheest irréversible. Le recadrage est largement engagé et touchera l’esprit et lamanière de travailler du réseau des 3 000 sites (avec un effectif de 6 000 personnes)de la TGR à travers le Royaume. Exemple palpable du vent de changement qui soufflesur l’institution : la TGR travaille sur un projet pour externaliser le paiementdes impôts. Fini les queues, leurs déconvenues puisque, bientôt, les guichetsde banque ou de la poste pourront être autant de points ouverts au contribuablepour payer ses impôts.
Qui aurait pensé que les institutions de l’Etat allaient passer à l’ère de l’informatiqueet du numérique. Pour Rachid Melliani, «cela n’est pas si étonnant qu’on le pense,puisque plusieurs sites informatiques gouvernementaux sont déjà interactifs,comme celui du département de la modernisation de l’administration publique,la Douane…»