Le baroudeur candidat à  la vice-présidence de la CGEM

Diplômé en gestion, il a commencé comme banquier avant de se mettre à  son compte.
Après avoir décidé de fermer sa première affaire, il se relance en reprenant Cicalim, société de fabrication d’aliments de bétail et de volaille.
En 2006, il se diversifie dans l’agriculture et l’élevage.
Il est un des vice-présidents de la CGEM et son trésorier.

Il est industriel, agriculteur, éleveur, président de la Fédération de l’aviculture, un des quatre vice-présidents de la CGEM et trésorier de la confédération, sans compter qu’il est également consul honoraire de Turquie. Où trouver le temps d’assumer toutes ces responsabilités ? Youssef Alaoui -qui se départit rarement de son sourire – a cette réponse : «Ce qui me rend la vie dure c’est qu’il n’y a que vingt-quatre heures dans une journée». Il y a quelques semaines, il a postulé pour le poste de vice-président général, au titre des prochaines élections à la CGEM. En cas de succès, il secondera Mohamed Chaïbi, qui, lui, postule pour le poste de président. Encore une responsabilité à venir…qui ne l’effraie pas.
Qui est Youssef Alaoui ? D’abord, une enfance nomade. Naissance à Rabat en 1965. Un an plus tard, son père, diplomate, est nommé à l’ambassade de Londres. Et ce n’est qu’un début car, quatre années plus tard, la famille va migrer à Rome. Cette transhumance précoce, qui durera jusqu’en 1974, contribuera fortement à forger son ouverture sur le monde, les cultures et les langues. C’est d’ailleurs au lycée français de Rome qu’il commence une scolarité qu’il continuera au Maroc au lycée Descartes.
Plus tard, quand il obtient son Bac sciences économiques en 1983, il choisit de faire une prépa d’école de commerce à Nantes où, après concours, il est admis à l’école Sup de co de la même ville pour obtenir son diplôme en 1987. Mais tout en étant convaincu de ne pas vouloir s’installer en France, il s’inscrit à l’Ecole supérieure de commerce de Paris (ESCP) pour un troisième cycle.

Il se lance dans l’entreprenariat à 28 ans
Au sortir d’un long stage à la société Technique de gestion financière (TGF), une filiale de la Caisse  des dépôts et consignations (CDC), il assiste à la naissance des premières Sicav dédiées aux pays en développement. Il traîne encore les pieds avant de rentrer au bercail, mais c’est pour une bonne cause : il est associé, avec un de ses collègues, à une mission exaltante : la préparation du premier annuaire mondial sur les Bourses des valeurs mobilières qui sera publié par son employeur. Puis, il intègre la Société interprofessionnelle pour la compensation des valeurs mobilières (Sicovam), toujours en France, pour travailler sur la dématérialisation des titres.
Une fois cette première mission terminée, il rentre au pays définitivement en 1989. Et c’est à la Banque commerciale du Maroc (BCM) alors dirigée par Abdelaziz Alami, un homme à qui il voue une grande estime, qu’il entame sa vie active au Maroc. Sa carrière commence à la direction des crédits pour devenir responsable du département des crédits d’investissement et de l’ingénierie financière en 1993. Mais il est déjà à l’étroit dans le rôle du cadre supérieur qui peut se contenter d’une carrière, aussi rapide soit-elle, au sein d’une banque ou d’un organisme financier. Il veut faire son entrée dans le monde des affaires et créer sa propre entreprise.
En cette même année 1993, Youssef Alaoui crée une PME dans le secteur du rechapage des pneumatiques. Il commence par trouver un associé avec qui il mobilise 500 000 DH. Mais cela est insuffisant car il faut recruter et acheter des machines. L’investissement total étant consistant, il se tourne vers la BCM pour compléter les 5 MDH nécessaires. Son entreprise connaîtra des soucis que personne ne pouvait prévoir. En effet, elle avait misé sur le marché des sociétés privées de transport urbain. Dès que les difficultés commencèrent à poindre, ces dernières déposèrent leurs bilans, laissant de gros impayés sur les comptes de la jeune entreprise. Cette expérience fort instructive a duré jusqu’en 1998, année au cours de laquelle les associés décideront de mettre fin à l’activité «tout en prenant soin de caser chaque ouvrier», précise M. Alaoui.
Mais l’homme est un bon encaisseur et n’est nullement rebuté par ce premier obstacle. Il a pris goût à l’entreprenariat et va vite rebondir en étant candidat à la reprise de Cicalim, entreprise de fabrication d’aliment de bétail et de volaille, alors filiale du groupe Ona. Un tour de table s’imposait car pour relancer cette affaire – l’entreprise avait un passif et comptait 250 salariés- ce ne sont pas moins de 20 MDH qu’il a fallu mobiliser.

La réorganisation du secteur avicole, un gros succès
Deux années plus tard, en 2000, Youssef Alaoui allait être porté à la présidence de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole (Fisa). Il ne savait pas que de gros problèmes allaient survenir à cause de la peur de la grippe aviaire. Tout le secteur, y compris sa propre entreprise, allait vivre des temps difficiles. Mais Youssef Alaoui a de la ressource et grâce à une collaboration exemplaire entre le secteur et l’Etat, l’orage passe et la confiance revient. L’occasion aussi de lancer de nouveaux chantiers comme la loi sur le secteur avicole ou encore le contrat -programme signé avec le gouvernement en 2008.
Et comme notre homme a une force de travail peu commune, il n’a pas fini de travailler sur plusieurs fronts. D’abord, sur le plan des affaires, il participe, en 2006, à la première tranche de la concession des terres Sodea-Sogeta et loue, à ce titre, trois fermes qu’il redémarre et modernise dès 2006 (à Benslimane, Bouznika et Berrechid). Il se lance aussi dans de nouveaux métiers dans l’agriculture comme l’aviculture, l’élevage ovin ou encore la semence et la céréaliculture. Pas fatigué de courir par monts et par vaux ? Notre homme s’en sort par une phrase sibylline : «Le travail c’est la vie».