Khadija Doukali, candidate UMP aux législatives françaises

Elle est née dans une famille foncièrement de droite, dans le culte du général De Gaulle. Partie au Canada en 2006 pour une année sabbatique, elle se retrouve directrice de campagne pour l’UMP .

Entre une rencontre à Mohammédia, une réunion à Djerba (en Tunisie) et une intervention à Annaba (en Algérie), Khadija Doukali, la candidate UMP pour la 9e circonscription aux législatives françaises, trouve à peine le temps de souffler. C’est que mener une campagne électorale dans une circonscription qui compte pas moins de…16 pays, n’est pas du tout une entreprise facile. Ce n’est pas non plus suffisant pour venir à bout de la persévérance et la ténacité de cette native d’El Jadida, en 1962, aînée d’une fratrie de trois enfants et mère de deux enfants. Khadija Doukali, née d’un père marocain et d’une mère d’origine algérienne, n’est pas non plus novice en politique.

«J’ai été élevée dans une ambiance gaulliste. Mon père était gaulliste convaincu et toute ma famille soutenait le RPR. Du coup, avec l’unification de la droite, je me suis retrouvée à l’UMP», confie-t-elle. Mais c’est en 2006 que cette ancienne chef d’entreprise, aujourd’hui professeur à l’ISCAE, est devenue membre actif de l’UMP. C’était à l’occasion d’un séjour au Canada. Elle voulait s’offrir une année sabbatique et prendre un peu de recul, elle s’est retrouvée en pleine campagne électorale.
«J’ai été la directrice de campagne électorale pour l’UMP au Québec et dans les Provinces Maritimes, et déléguée-adjointe de Nicolas Sarkozy pour l’élection présidentielle de 2007». C’est sa véritable lancée dans la politique. Après, elle suit le cours «normal», d’une carrière politique. Rentrée au Maroc, elle devient en 2009 la suppléante de Thierry Plantevin, élu conseiller à l’Assemblée des Français de l’étranger sur la liste UMP. Actuellement, elle est secrétaire générale de la délégation UMP du Maroc.

La majorité des électeurs sont des binationaux

Son parti, l’UMP, a certainement senti en elle cette femme battante et intègre qui peut parfaitement répondre aux attentes des électeurs de sa circonscription. C’est pour cela qu’elle a été investie pour l’élection législative de 2012 pour la 9e circonscription des Français de l’étranger qui englobe, faut-il le rappeler, 16 pays d’Afrique du Nord et d’Afrique de l’Ouest. Elle est la seule des 14 candidats dans cette circonscription à y être née et y avoir grandi et à continuer à vivre encore parmi ses électeurs. C’est d’ailleurs l’un de ses atouts. Car, explique-t-elle, «on ne se découvre pas un intérêt pour une région par opportunisme politique. Et puis, nos problèmes, nous Français de l’étranger, ne sont pas ceux de l’Hexagone».

C’est que les Français de l’étranger ne sont pas seulement des expatriés. La majorité des électeurs dans cette circonscription sont binationaux (ils sont 70% au Maroc, 95% en Algérie, 75% en Tunisie…). Un type d’électorat dont le profil ressemble parfaitement à celui de la candidate Khadija Doukali : non seulement détentrice d’une double nationalité, mais également porteuse d’une double culture et d’une vision différente des choses. «Je suis l’exemple type de la double culture, en l’occurrence, française et marocaine». Elle revendique également des racines françaises. «Mon grand-père engagé dans la Gendarmerie a été naturalisé français en 1908, tandis que mes oncles se sont illustrés dans l’armée française durant les deux Guerres mondiales», confie-t-elle. Ce n’est pas tout, son grand-père maternel, né à Tlemcen, a été correspondant du journal Le Monde pendant de nombreuses années. Elle-même, elle a entamé sa scolarité dans une institution catholique. Ainsi, après des études primaires à l’institution Jeanne d’Arc et secondaires au Lycée Lyautey de Casablanca, le baccalauréat en poche, elle a commencé ses études supérieures aux Etats-Unis : School for international training à Brattleboro Vermont et Boston University. Puis elle a obtenu son diplôme de management à l’Institut supérieur de commerce et d’entreprise (ISCAE), son DEA en «stratégie financière et industrielle internationale» à l’Université de Paris XIII et son Exécutive MBA à l’ESCP-EAP de Paris.
Sa carrière professionnelle l’a menée au poste de directrice générale d’une société de pêche maritime et de valorisation des produits de la mer, ensuite à la présidence de la Fédération des industries de la mer (FIM) à la CGEM.

Une expérience riche dans le monde associatif et de l’entreprise

Elle a également été membre du conseil d’administration et membre fondateur de l’Association des femmes chefs d’entreprises du Maroc (Afem), puis secrétaire générale de la même Afem de 2000 à 2005. Khadija Doukali a été également co-présidente du Conseil d’affaires maroco-chinois et membre du bureau du Conseil national du commerce extérieur (CNCE), ainsi que membre du bureau de la Fédération des chambres maritimes. Cela jusqu’en 2006. Après son année sabbatique au canada (2006/2007), elle entame une nouvelle carrière, cette fois dans l’enseignement, comme professeur à l’ISCAE, et dans le consulting. Forte de cette riche expérience et d’une connaissance du terrain, elle a décidé de s’investir pleinement dans la vie politique. Elle s’attaque aujourd’hui aux législatives dans une des circonscriptions les plus difficiles de par son étendue et la spécificité de ses électeurs. C’est pour cela que ces derniers ne sont pas tout à fait au fait de cette nouveauté électorale. «C’est la première fois qu’ils voteront de la sorte, et il faut d’abord les informer sur ce nouveau processus», explique-t-elle. En effet, pour la première fois, 11 députés seront élus par les Français de l’étranger. Khadija Doukali affronte 14 candidats dans une circonscription où le Parti socialiste vient de rafler 61,68% des voix lors des dernières présidentielles. Ces chiffres l’inquiètent ? «Pas du tout. C’est une élection différente et les électeurs votent pour la personne qui défendra au mieux leurs intérêts», assure-t-elle. Il faut dire aussi qu’il ne s’agit pas d’une simple élection, c’est un enjeu pour le Maroc. «Il faut aussi que le Maroc soit représenté, d’une certaine manière, là où il doit l’être», confie-t-elle.