Informaticien de haut vol, il devient super agent immobilier

Bac maths, doctorat en génie industriel aux Etats-Unis, il était plutôt fait pour le monde de la technique industrielle.
De retour au pays, il rejoint Microsoft dont il développera le business
en Algérie et à  Bahreïn.
Il laisse tout tomber et lance pour son propre compte la master franchise de
Century 21 au Maroc et en Algérie.

Samir Benmakhlouf a cultivé très tôt l’excellence. Allez savoir pourquoi ! Si les hommes naissent aujourd’hui égaux, ou presque, leur destin ne leur échappe jamais, même si, au départ, ce sont des choses souvent invisibles et parfois anodines qui les mettentsur une orbite ou une autre. A eux d’en accepter la direction et de conduireleur vaisseau par la suite.

Aîné d’une famille de cinq enfants, Samir Benmakhlouf estné en 1968 à Casablanca. Le jeune Samir, dont la famille va s’installer à Fèsoù son père ouvre un cabinet d’avocat, va fréquenterl’école publique où il sera fasciné par les matièresscientifiques. Très tôt, il sera porté sur les mathématiques. «J’avaisune sainte horreur de tout ce qui relevait du par cœur. Or, en mathématiques, à partles théorèmes et les principes de base qu’il fallait retenir,tout est fondé sur une démarche de l’esprit dont il ne fautpas se départir. Et sans que je fasse un effort particulier, c’est à cettemanière de “rêver”, si j’ose dire, que j’aisouscrit de manière irrésistible», explique-t-il. Plus tard,il sera, comme il dit, conforté dans son «rêve», puisquela société comme la famille lui confirmeront que son choix étaitle bon parce qu’il lui garantissait de bonnes chances de succèsdans la vie.

En 1985, M. Benmakhlouf obtient un Bac sciences maths avec des notes si élevéesqu’il est naturellement invité à participer aux «olympiades» nationalesde mathématiques. Son père lui déconseille d’alleren France, la destination classique à l’époque pour les étudiantsmarocains. Il a mieux à lui proposer : les Etats-Unis. Selon lui, le systèmelui conviendra mieux et, pour le financement, il en fait son affaire, prenanten charge les quelque 200 000 DH que devaient coûter les étudeset l’hébergement dans le pays de l’oncle Sam.

Il entre chez Microsoft, convaincu de ne pas avoir le bon profil
Quand Samir Benmakhlouf atterrit à University of South Florida, il estdécidé à faire de longues études pour mériterla confiance et l’investissement de son père. Il obtient un bachelorpuis un master en génie industriel et c’est l’université quilui propose de continuer son parcours en finançant un doctorat (Ph D)qu’il obtiendra en 1996, cette fois-ci à l’université del’Etat de Californie du Nord, dans la spécialité «systèmesd’automatisation industrielle et de génie». Là, ilse sent prêt à entrer dans la vie active. En effet, deux annéesauparavant, il avait décliné les propositions des «chasseursde têtes» de «Procter&Gamble», venus le contactersur le campus, comme cela se fait souvent là-bas.

Il choisit toutefois de faire ses premières armes aux Etats-Unis. Un cabinetde consultants installé à Indianapolis lui ouvre ses portes. Ily restera entre 1996 et 1998.

La CA de Microsoft Algérie triple quasiment après son arrivée
A son retour au pays, il se voit proposer le poste de directeur de la promotioncommerciale de Microsoft au Maroc. Il est chargé de la vente de logicielsen Afrique du Nord et de l’Ouest. Il a beau expliquer aux responsablesde la firme de Bill Gates qu’il n’a pas le profil, on lui soutiendrale contraire, tout en lui assurant qu’il ne tardera pas à s’enapercevoir.

A partir de là, tout va s’accélérer. Dès 2000,il est envoyé en Algérie pour y installer une filiale de la firme.Les résultats ne se font pas attendre : le chiffre d’affaires passetrès rapidement de 1,4 million à 4 millions de dollars. Il ne resteque deux ans dans ce pays avant de faire ses valises pour la direction régionalede Bahreïn dont le portefeuille totalise des dizaines de millions de dollars.

A Bahreïn, il se passe deux événements qui vont influencerle cours des choses. «D’abord, je suis impliqué de prèsdans plusieurs projets qui concernent l’informatisation de plusieurs départementsministériels. Il y a aussi le programme d’e-gouvernement, à l’instarde ce qui se passe chez nous en ce moment. Et puis, je suis élu présidentde la Chambre de commerce américaine du pays. Et c’est ainsi queje suis associé de près à la préparation de l’accordde libre-échange entre Bahrein et les Etats-Unis».

La rencontre avec deux hommes d’affaires bahreïnis fut le déclencheurdu projet qu’il portait en lui
C’est aussi dans cet émirat que Samir Benmakhlouf se rendra pleinementcompte de la nécessité de se jeter à l’eau pour devenirun entrepreneur, dans le sens de ce qu’avaient prédit les responsablesde Microsoft. «Mais, cette fois-ci, il fallait que j’aille jusqu’aubout. Je dois dire que la rencontre avec deux hommes d’affaires bahreïnisa été le déclencheur du projet qui sommeillait en moi»,commente-t-il. Le monde de l’immobilier s’est imposé de lui-même,eu égard à son développement fulgurant au Maroc. Il fallait,néanmoins, choisir une marque, et mon choix s’est porté surCentury 21. C’est ainsi que la master franchise a été acquisepour le Maroc et l’Algérie. Ses associés et lui réunissentun million de dollars (plus de 8 MDH à l’époque) pour lancerl’affaire. L’enseigne compte aujourd’hui 14 agences. L’objectifest d’arriver à une centaine d’agences en propre et en franchise.Le passage de l’informatique à l’immobilier s’est faitsans heurt, et Samir Benmakhlouf dit ne pas regretter son choix.