Homme d’affaires avisé et karatéka accompli

De brillantes études sanctionnées par des diplômes d’ingénieur en électronique et en informatique ainsi qu’un DEA en télécoms.
Il a cru très tôt à  l’essor de l’archivage électronique.
Président du CJD Maroc, vice-président du cercle des jeunes économistes,
membre du réseau pour l’éducation à  l’entreprenariat au Maroc…,Abdelali
Fahim est très actif dans la vie associative.

Il est des hommes aux parcours qui font rêver, non pas parce qu’ils sont nés avec une cuillère en argent dans la bouche, mais justement parce qu’ils ont franchi bien des écueils là où d’autres auraient baissé les bras. Arrivés au sommet, beaucoup de ces hommes et femmes sont des décideurs brillants, de hauts fonctionnaires performants ou encore des chefs d’entreprise à succès.

Au Maroc, c’est à la Société générale qu’il a fait ses premières armes
Le cas de Abdelali Fahim, président du Centre des jeunes dirigeants (CJD) Maroc et DG de Intellia Maroc (société de service informatique), mérite d’être cité. Troisième enfant d’une fratrie de sept, il est né en 1966 à Ouled Abdallah, une petite bourgade à 30 kilomètres de Béni-Mellal.C’est un enfant très appliqué à l’école. Sa famille est modeste sans être pauvre et il est obligé d’aller vivre chez sa soeur, établie à Fqih Bensalah, pour s’inscrire au collège. A 14 ans, il se retrouve à l’internat du lycée Jaber Ibn Hayane, à Casablanca. Il a eu, en effet, la chance d’être sélectionné pour la classe d’électronique (il n’y en avait que deux dans tout le pays, celle où il est admis et une autre au lycée Al Khawarizmy) et il obtient son bac en 1984, à 18 ans.
Le jeune Abdelali s’embarque pour Toulouse et,mal informé, il ne demande pas la bourse qui lui sera pourtant accordée. Il donne la pleine mesure de ses capacités à l’Institut universitaire de technologie dont il sortira major de promotion, pour un DUT, d’abord. Il se rappelle comment, à cette annonce, il n’en a pas cru ses oreilles. En 1989, il décroche son diplôme d’ingénieur en électronique. Pris alors d’une boulimie de diplômes, il s’inscrit pour un DEA en télécoms et décroche en parallèle un diplôme d’ingénieur en informatique, en 1991. Il reste une année en France où il est recruté par un cabinet comme ingénieur conseil.
Abdelali Fahim décide de moment-là la fonction de directeur de l’information. «J’ai été pris par une envie subite de faire autre chose après avoir pris en charge plusieurs services comme le département technique, études et développements informatiques et le services des télécommunications.Mais l’idée de créer ma propre entreprise ne s’imposait pas comme une alternative, à cette époque», rapporte-t-il.

Le jour où Intellia remporte un marché face à IBM…
Il est recruté comme DG dans une entreprise d’informatique dont il préfère taire le nom. A partir de 2000/2001, Abdelali Fahim, qui a compris que la gestion documentaire et l’archivage électronique allaient devenir une grosse niche, avec la nécessité dans laquelle se trouvaient les grosses structures d’externaliser ces activités, cherche un associé pour se lancer dans cette activité. Il n’a pas l’argent nécessaire et propose sa matière grise comme apport aux 100 000 DH de capital mobilisés pour la création d’une Sarl dénommée «Intellia », qui prend ses quartiers dans un petit local de 115 m2, loué pour 8 000 DH par mois.
Même si, explique le jeune entrepreneur, le démarrage a été difficile, vu que le carnet de commandes était plutôt maigre, la société arrivera à faire un chiffre d’affaires de 2 millions de DH dès la première année. Le premier contrat est resté gravé dans sa mémoire. «Je ne peux pas oublier ce moment car, pour ce marché de 600 000 DH,Wafabank nous a préférés à IBM. Et ce genre d’événements marque l’esprit et les débuts d’une petite entreprise. Tout de suite après, nous avons eu notre deuxième client, qui n’est autre que MarocTelecom, et,aujourd’hui,notre portefeuille compte une cinquantaine de clients», raconte-t-il.
Partie de son métier de base, Intellia profite de toutes les opportunités offertes par la dématérialisation des moyens de paiement (effets et chèques) et le développement du paiement électronique. D’ailleurs,le chiffre d’affaires prévisionnel de 2008 est assez parlant puisqu’il devrait s’établir à 16 MDH pour un effectif d’une trentaine de personnes.
Abdelali Fahim est, certes, un homme occupé,mais cela ne l’empêche pas de trouver du temps pour gérer le Centre des jeunes dirigeants (il succède à un autre Fahim, et fait observer qu’il s’agit d’un homonyme) dont il est président depuis juillet 2007, et travaille aussi dans l’associatif.
Parallèlement, il est en train de finaliser la création d’une association qui veut contribuer au développement de la région de Tadla- Azilal. Il s’implique par ailleurs dans le Cercle des jeunes économistes dont il assure la vice présidence, tout comme il est membre du réseau pour l’éducation à l’entreprenariat au Maroc… Il est également un grand sportif car il a un 1er dan en karaté et un 4e dan en nanbudo, un art martial créé à la fin des années 1970 et basé sur l’esquive.
«Un esprit sain dans un corps sain», une devise qu’il a faite sienne.