Hassan Abaach, ancien directeur du dispatching à  l’ONEE

Issu d’un milieu modeste, Hassan Abaach a fait preuve d’abnégation pour mener ses études à  bout. Ingénieur lauréat de l’Ecole Hassania des travaux publics, il a fait toute sa carrière à  l’Office national de l’électricité et de l’eau potable avant d’intégrer l’OME.

Il n’est pas un point dans le secteur de l’énergie électrique que Hassan Abaach ne saurait développer. Véritable passionné, il cumule plus de 35 ans de carrière dans le domaine à l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE). Cette solide expérience a d’ailleurs été derrière sa nomination au poste de directeur de la division Electricité à l’Observatoire méditerranéen de l’énergie (OME) qu’il occupe depuis février 2013.

Hassan Abaach a vu le jour à Mejjat dans la région de Chichaoua en 1956. Issu d’un milieu assez modeste, il a dû faire preuve d’abnégation pour se distinguer sur le plan scolaire afin d’avoir l’opportunité de continuer ses études. «Après le primaire, j’ai été interne pendant 4 ans au collège El Ghazali à Imintanout. C’est cet internat qui m’avait permis de continuer mes études contrairement à d’autres camarades de mon village natal qui avaient dû arrêter pour manque de moyens», raconte Hassan Abaach. Il y fait un brillant parcours lui permettant d’intégrer le lycée Ibn Abbad à Marrakech où il suit un enseignement scientifique. Suite au conseil d’un professeur français, il s’oriente vers les sciences mathématiques et décroche son baccalauréat en 1974. Il se destine tout naturellement aux grandes écoles d’ingénieurs et opte pour l’Ecole Hassania des travaux publics (EHTP) où il suit une formation en génie électrique. «A l’époque, j’avais des penchants pour l’Ecole Mohammadia des ingénieurs, mais j’ai choisi l’EHTP parce qu’elle octroyait une bourse plus conséquente», explique-t-il. Une aubaine pour Hassan Abaach qui peut enfin être indépendant financièrement et envoyer même de l’aide à sa famille au village.
Avec un diplôme d’ingénieur électrotechnicien, il intègre l’ONEE comme la plupart de ses camarades de promotion. En effet, l’école est sous la tutelle du ministre des travaux publics Ahmed Tazi, lui-même directeur de l’office. La période est intéressante puisque les coopérants français étaient en train de passer le relais aux cadres marocains. Hassan Abaach est alors affecté à la direction de conduite des systèmes électriques et fait connaissance avec un nouveau monde très rigoureux dans lequel il passera le plus clair de son temps à apprendre. «Le climat de travail au début des années 1980 était très différent d’aujourd’hui. L’ingénieur était plus occupé à apprendre sur le terrain et bénéficier de l’expérience des anciens, surtout que l’électricité est un domaine qui ne pardonne pas. On doit donner le meilleur de soi-même, indépendamment des outils mis à sa disposition», explique-t-il.
De 1980 à 1998, il sera chef du service des mouvements d’énergie, du service d’exploitation réseau transport ainsi que chef du département des études de développement du réseau national. Il s’occupe alors de l’exploitation et la gestion du système et de l’élaboration des plans de défense du réseau national. En 1998, il est nommé chef du projet stratégique de renouvellement du dispatching national et a pour mission l’élaboration du plan et de la structure des centres de conduite de réseau et des programmes d’application et de gestion pour le renouvellement du dispatching national. Le poste est très exigeant et nécessite beaucoup de compromis, voire de sacrifices personnels, mais Hassan Abaach n’a pas peur de dédier tout son temps et sacrifier ses congés pour réussir sa mission. «Je me rappelle qu’on avait vécu en 1992 une situation très critique en termes d’approvisionnement et de satisfaction de la demande, ce qui nous poussait à pratiquer beaucoup de délestages et de programmes de coupures. Je passais dans le centre de conduite national des journées de 16 heures et ne pouvait rentrer à la maison qu’une fois le système rétabli», se souvient-il. A partir des années 2000, tout s’enchaîne puisqu’il gravit très vite les échelons et occupe en 2007 le poste de directeur opérateur système puis directeur du pôle réseaux en 2010 avant d’être nommé, quelque mois plus tard, directeur de gestion des risques de l’office.

Il préside la Commission des interconnexions électriques maghrébines

Hassan Abaach a d’ailleurs très bien compris les clés de réussite d’un excellent travail d’équipe surtout dans une administration aussi vitale que l’ONEE. Selon lui, le secret réside dans le fait de partager toute l’information de manière claire et transparente avec l’ensemble des équipes pour favoriser l’émulation des compétences. «On ne fait pas de la politique au niveau technique, mais plutôt de l’opérationnel. Nous sommes chargés en tant qu’opérateurs de gérer le système électrique tout en tenant compte de l’économie puisqu’on a dans nos objectifs la production du KW/h le moins cher». Fin 2012, après plus de 35 ans de fidèles et loyaux services, Hassan Abaach prend sa retraite anticipée et postule, avec le soutien de la direction générale de l’ONEE, au poste de directeur d’électricité à l’Observatoire méditerranéen de l’énergie (OME)qu’il décroche facilement grâce, notamment, à la grande expérience qu’il a acquise tout au long de son parcours professionnel.

Organisation à but non lucratif, l’OME promeut la coopération énergétique entre les 32 pays membres du pourtour méditerranéen. «Au niveau régional, l’infrastructure existe, mais malheureusement les échanges et la coopération ne sont pas à la hauteur de ses infrastructures», déplore Hassan Abaach.
Cadre très pointu dans le domaine et compétence reconnue, M. Abaach est président de la Commission des interconnexions électriques maghrébines du Comelec (Comité maghrébin d’électricité) et adjoint au président de la Commission interconnexions des réseaux des pays arabes (CIAN). Aujourd’hui, il fait la navette entre Casablanca et son bureau à l’Observatoire à Paris où il passe le plus gros de son temps.