Fahd Benslimane, une sommité mondialement reconnue dans la chirurgie plastique

Diplômé en médecine, une formation d’une année en chirurgie plastique et microchirurgie à  Bordeaux l’a convaincu de poursuivre dans le domaine. En plus de trois ans passées auprès du Brésilien Ivo Pitanguy, il a parcouru le monde pour affiner ses connaissances.

«Vous ne trouverez jamais ce que vous ne cherchez pas». Cette citation attribuée à Confucius cadre tout à fait avec la trajectoire d’un Marocain, un des as mondiaux de la chirurgie plastique. Fahd Benslimane, c’est de lui qu’il s’agit, a une aura indéniable un peu partout dans le monde grâce à la précision de son coup de bistouri. La trajectoire de sa vie professionnelle a commencé assez banalement et n’a pris sa forme actuelle qu’à travers une quête de perfectionnisme qui lui a valu des soucis personnels et des ennuis financiers, car sa clinique a failli être saisie.
Mais commençons par le commencement. Fahd Benslimane, ce Zemmouri dont la famille est originaire de Romani, est né à Rabat en 1958. On ne sait pas si le rigorisme de son père, directeur d’école, a déteint sur lui, mais le jeune est très tôt attiré par les matières scientifiques. Bien avant son Bac sciences expérimentales, ses parents n’ont eu de cesse de lui répéter qu’il devrait être médecin. Et c’est à la Faculté de médecine de Rabat qu’il s’inscrit en 1977. C’est le début d’une aventure peu commune car, après ses études et l’internat, il se voit offrir une année de formation en chirurgie plastique et microchirurgie à Bordeaux, au CHU de Pellegrin.

Il a débuté au Maroc dans un service de pédiatrie

A partir de ce moment, il va commencer à être habité par la rage d’apprendre ce métier et d’absorber le must de l’expérience des meilleurs maîtres en la matière. A Bordeaux, comme il travaille dans un service d’urgence, ce sont souvent les amputations, les interventions sur des personnes accidentées et plus rarement des malformations congénitales qui vont meubler cette année de formation. Mais Fahd Benslimane affirme n’avoir jamais appris autant que lors de ces années de faculté au Maroc. De retour au pays, il est affecté au service de pédiatrie car le Maroc n’avait pas encore un service de chirurgie plastique. C’est alors que le hasard lui offre la chance inouïe d’aller à l’école du grand chirurgien plastique brésilien Ivo Pitanguy, une sommité mondiale dans le domaine. C’est en effet grâce à une bourse de feu Hassan II qu’il a pu s’offrir une aussi prestigieuse formation. Trois années durant, il vivra parmi les 14 chirurgiens stagiaires, dont la moitié sont brésiliens, qui assistaient le maître, à tour de rôle, dans les opérations de réparation plastique qui occupaient ses journées. Mais là aussi, le jeune chirurgien commence déjà à déchanter car il s’imaginait que le grand Pitanguy était «un magicien qui opérait sans cicatrices». Au bout des trois années de formation, Fahd Benslimane revient au pays, surtout «par devoir» car il aurait pu s’installer au Brésil où «atterrissait une formidable demande internationale» pour la chirurgie plastique.
Il choisit rapidement de s’installer à son propre compte mais, à sa grande stupeur, aucune banque ne veut le suivre dans le financement de sa clinique. Il faut dire qu’il lui fallait pas moins de 10 MDH.
Là aussi, c’est le hasard qui va lui faire rencontrer un bienfaiteur, David Abessera, qui, à défaut de lui prêter de l’argent, va le cautionner auprès d’une banque. C’est ainsi qu’en 1994 il ouvre sa clinique, avec des équipements dernier cri sur 250 m2, à Casablanca. Mais rapidement, il va commencer à déchanter. D’abord parce qu’il a du mal à trouver ses marques et puis parce qu’il voyageait à n’en pas finir en quête de connaissances auprès des meilleurs plasticiens du monde, «oubliant» parfois qu’il avait des traites à payer, ce qui va lui valoir la visite des huissiers.

On se presse à ses conférences des quatre coins du monde

Mais, entretemps, il a développé de nouvelles théories, d’abord à propos de la réflexion de la lumière sur le visage et de la manière dont on peut éclairer celui-ci en travaillant sur l’aspect global et sur la suppression des zones d’ombre. Parmi ses grandes découvertes : il bat en brèche l’idée que la clé de voûte de la chirurgie plastique est l’étirement. Mais il fallait trouver les moyens de réaliser sa vision théorique. Il fait breveter sa découverte et commande son instrument de travail qui est une nouvelle canule, fabriquée pour lui, en plusieurs calibres, par une société américaine basée à Chicago. Ce n’est qu’à partir de 2000 qu’il affine ses instruments et sa vision. Il mène aussi une réflexion sur les jambes et sur le galbe, le modèle dont on doit s’inspirer, la rectitude de la ligne droite et les volumes au niveau de chaque partie. Il élabore alors des modélisations qui aboutissent à des méthodes de travail innovantes reconnues par la communauté scientifique de sa spécialité. Aujourd’hui, sa clinique connaît un succès qui ne se dément pas. Ses interventions dans les congrès scientifiques à l’étranger renforcent sa notoriété et confirment sa légitimité. Ce fut, par exemple, le cas lors du 7e Congrès des Masters européens de la médecine esthétique et anti-âge (EMAA), où l’on a vu des spécialistes du monde entier assister à ses Master-classes et ses ateliers. Le praticien marocain y a livré ses secrets du «rajeunissement du regard».
Fahd Benslimane explique son succès par des mots simples : «La chirurgie plastique se passe des grandes démonstrations et des formules scientifiques qui sont hermétiques à la majorité, car les résultats se voient directement et à l’œil nu là où on va». C’est sûrement ce qui explique la quantité phénoménale de photos qu’il prend lui-même de ses patients, composés à 90% de femmes, comme preuves palpables et visibles de ses prouesses.