Elle commence commerciale et se retrouve à  la tête d’un groupe multinational

Elle a commencé comme commerciale, avant de créer une entreprise spécialisée dans les piscines en kit.
En 1997, elle s’associe
à  sa sÅ“ur pour investir dans une agence de communication aujourd’hui présente dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne.
Son petit groupe constitué de trois entités spécialisées pèse un chiffre d’affaires
de 50 MDH.

Un sens aigu des affaires, une grande volonté de s’affirmer et l’énergie d’un baroudeur. Voilà quelques traits de caractère de Fatime Zohra Outaghani, Dg de PR Media, qui frappent de prime abord. Le tout est enveloppé dans une féminité contenue. Fatime Zohra Outaghani ne s’embarrasse pas d’euphémisme et préfère les mots simples et directs: «J’ai beaucoup plus appris de la vie que de l’école. Le déclic s’est déclenché à la mort de mon père, alors que j’avais 17 ans et que j’ai dû prendre en charge la famille et épauler ma mère qui n’était pas prête psychologiquement pour cette tâche».
Aînée d’une fratrie de cinq enfants, Fatime Zohra Outaghani est née en 1970. Elle fréquente d’abord une école privée puis le lycée Bir Anzarane où elle obtient un bac «lettres modernes» en 1987. La suite,  ce sera des études de marketing qu’elle complètera, plus tard, par un master en communication, en cours du soir, à l’Ecole nationale de commerce et de gestion (ENCG) de Casablanca.
Elle décroche alors son premier boulot chez Diversey Maroc qui commercialise différents produits d’entretien de désinfection dont ceux de traitement des eaux de piscine. Entre 1991 et 1995, elle est dans  le commercial dont elle deviendra responsable, jusqu’à son départ. Elle quitte, ensuite, pour créer sa propre entreprise avec des partenaires en investissant dans une PME au capital de 100 000 DH, l’une des premières spécialisées dans la vente des piscines en kit. Elle se rappelle qu’elle importait des kits d’une société qui s’appelait Pooltech et qu’elle commercialisait à
89 000 DH, clés en main. Cette première expérience ne va pas durer longtemps. Trouvant le business trop lent à décoller, elle vend ses parts en 1997.

Elle débute avec un capital de 500 000 DH en vendant son appartement
C’est à ce moment-là que commence le vrai départ de Fatime Zohra Outaghani qui se lance dans la création de l’agence de communication Par 3, une dénomination empruntée au jargon golfique. Pour cela, elle s’associe à sa sœur Bouchra. Ses économies n’y suffisent pas, alors elle n’hésite pas à vendre son appartement. Refusant de recourir à d’autres associés pour compléter le tour de table, les deux sœurs créent leur agence avec un capital de 500 000 DH et prennent leur premier local en leasing. Au départ, il a fallu se démener comme des diablesses, se rappellent Fatime Zohra Outaghani. Il ne pouvait pas en être  autrement dans un secteur qui se professionnalisait à outrance et où les alliances devenaient vitales. Elle se rappelle qu’elle n’a commencé à souffler qu’en séduisant de grands comptes comme Compaq et Cisco. Elle comprend alors rapidement la nécessité de se spécialiser en créant des entités distinctes pour chaque métier : Par 3 va alors donner, en 2004, naissance à deux autres entités, à savoir PR Media qui prend en charge l’activité relations publiques (RP) et qui devient par la même occasion la holding avec deux autres filiales que sont Par 3 Event dédiée à l’événementiel et Par 3 com spécialisée, elle, dans toute l’activité communication. Aujourd’hui, les trois entités du groupe réalisent un chiffre d’affaires de 50 MDH et comptent au total une quarantaine de personnes, avec des implantations dans plusieurs pays (Algérie, Tunisie, Libye, Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun). Fatime Zohra Outaghani explique qu’elle est en train de préparer l’ouverture d’une agence en Angola. Voici comment elle explique sa démarche : «Je ne me réveille pas le matin en disant je vais dans un pays ou un autre. J’ai eu une grande déception en m’installant une première fois en Tunisie et ce fut un échec traumatisant. Puis, j’ai réalisé qu’il fallait choisir non pas un partenaire mais un associé pour l’impliquer dans le capital et forcément l’intéresser aux résultats. C’est cela la clé du succès».

Un partenariat réussi avec Hill and Knowlton
Ce souci de l’ouverture a d’ailleurs fortement influencé toute la stratégie de développement du groupe. Fatime Zohra Outaghani explique : «Le grand tournant de Par 3 s’est produit lorsque j’ai compris que je ne pouvais pas assurer seule le développement de l’agence. Je me suis alors résolue à recruter des managers pour chaque partie et à travailler par objectifs. C’était simple, mais j’ai mis du temps pour accepter que je ne pouvais être en même temps dans l’opérationnel et la stratégie. Il a fallu alors mettre en place des procédures et des process pour respecter et les normes de qualité et les délais. Aujourd’hui, le client est plus averti qu’il y a une dizaine d’années. Il peut mesurer les résultats et comparer différentes offres et stratégies. Et puis, personnellement, j’ai fait le choix difficile de ne travailler qu’avec le secteur privé, laissant de côté les institutions et les départements ministériels».
L’autre moment fort de PR Media est l’alliance conclue en 2006 avec Hill and Knowlton associate, une grosse pointure du secteur RP, représentée dans une quarantaine de pays, à travers 72 bureaux. Une telle référence n’a pas manqué d’ouvrir des horizons à PR Media. Et, explique Amin Farès, bras droit de Fatime Zohra Outaghani et manager de PR Media : «Ce n’est pas du tout un hasard que nous soyons en phase de certification ISO 9001, car à un moment donné nombre de choses s’imposent et s’inscrivent d’elles-mêmes dans le développement et la santé d’une entreprise».