Diplômé en statistique appliquée, il est aujourd’hui Monsieur monétique

Issu d’une famille modeste,
il lui faudra s’accrocher à  l’école.
Il sera ingénieur.
Il laisse tomber un poste de DG et un salaire de 60 000 DH pour lancer sa propre
entreprise.
HPS devient très rapidement un leader dans la monétique et s’introduit en Bourse.

Réussir sa vie, c’est gagner en Bourse comme on joue aux billes, avait écrit- et chanté – Bernard Tapie. Sauf qu’au moment de jouer aux billes, les enfantsne pensent ni à réussir leur vie ni à boursicoter. Et pour cause, ils jouent…tout simplement, sans viser autre chose que le plaisir ! C’est ce que le parcoursde Mohamed Horani, président de HPS, société spécialisée dans la conception desolutions de paiement électronique multicanal, nous suggère.

Que l’on en juge. Mohamed Horani vient au monde en 1953, à Derb Fokkara à Casablanca,dans une modeste famille à la progéniture nombreuse. C’est à sa tante qu’il doitson accès à l’école. Elle s’était en effet engagée à faire la queue pendant plusieursjours pour l’inscrire. Mohamed Horani s’en souvient parce que c’était lui quilui apportait ses repas. Il se rappelle aussi que la rue lui a appris qu’il nefallait pas se laisser marcher sur les pieds et qu’il devait donner et… parfoisrecevoir des coups, comme au m’sid où il a connu, à l’instar des jeunes de sonâge, la falaqa.

Ses études vont se passer plus ou moins normalement, grâce à son oncle qui l’apris en charge. Il ne laisse pas échapper cette chance et les activités sportives- comme la création d’un petit club de foot financé par des petits dons récoltésdans le quartier – vont l’aider à forger une personnalité de leader. MohamedHorani évoque cette partie de sa vie sans complexe. «Quelle gloire pourrais-jetirer à l’enjoliver. Au contraire, il faut s’assumer pour avancer», explique-t-il.Rêvait-il de devenir riche ? Sûrement, mais pas de créer une entreprise. Et àvoir comment il l’a fait, on penserait effectivement à un heureux hasard plutôtqu’à une idée fixe ou une obsession. Mais revenons en arrière.

Diplômé de l’Insea, il reste deux ans dans l’administration avant de rejoindre le privé
Mohamed Horani obtient un Bac sciences maths en 1971 et s’inscrit à l’Institutnational des statistiques et économie appliquée de Rabat (INSEA) où il obtiendrason diplôme en 1974. La même année, il intègre le ministère du plan comme statisticien.Las, le secteur public ne l’enthousiasme guère. Après deux ans, il bifurque versle privé en se faisant recruter par Sacotel, une société de service et d’ingénierieinformatique alors filiale du groupe Ona. C’est aussi ses grands débuts dansle monde de l’informatique et l’occasion d’apprendre les méthodes modernes degestion. Mais il n’y a pas que cela, fait-il remarquer : «J’ai fait mes premierspas dans la prise de parole en groupe, l’initiation à l’organisation en entrepriseet l’apprentissage de la gestion des ressources humaines».
Après six ans dans cette entreprise, il franchit un nouveau palier en rejoignantBull Maroc dont il prend en charge le département réseaux et gros systèmes enplus des terminaux des agences bancaires. Sa véritable chance se présenta en1984, quand on lui proposa de devenir le DG de S2M (Société marocaine de monétique)créée une année plus tôt. Il sera au premier plan dans l’expansion de la monétiqueau Maroc car la société qu’il devait désormais diriger était chargée de concevoirles solutions informatiques du réseau «Interbank» et de la Banque centrale populaire.En dix ans d’existence, S2M s’impose progressivement comme un acteur majeur del’édition et de l’intégration de solutions monétiques ainsi que de la fourniturede moyens de paiement au Maroc. Ses solutions, notamment la Multipac, logicielde traitement des cartes de paiement et de retrait, sont également vendues auxEtats-Unis et dans d’autres pays.

Les solutions d’HPS sont utilisées dans 50 pays
Doté d’une expertise solide dans le paiement électronique et d’une bonne connaissancedu marché international, M. Horani se décide, en 1995, à voler de ses propresailes. Il s’associe à trois de ses collègues d’alors pour fonder HPS (Hightechpayment systems). L’idée est de fournir des solutions de paiement électroniquemulticanal. Il s’agit de concevoir un logiciel adaptable à plusieurs usages (guichetbancaire, terminal de paiement électronique, internet, téléphone mobile, télévisioninteractive…). Par exemple, le logiciel d’HPS installé chez les opérateursde télécommunications donne la possibilité de procéder à des recharges via lesguichets automatiques.

Chacun des associés débourse 250 000 DH, mais le quart seulement du capital d’unmillion de DH est libéré. Dès le début, ils se mettent d’accord sur la répartitiondes rôles dans l’entreprise. La direction est confiée à Mohamed Horani. Le démarrageest timide et ce dernier devra se contenter d’un salaire de 12 000 DH au lieudes 60 000 DH qu’il gagnait à S2M. Le chiffre d’affaires du premier exercicene dépasse pas 700 000 DH. Mais cette période difficile sera de courte durée.L’activité progresse rapidement et de manière constante. L’exercice 1996 estbouclé avec un chiffre d’affaires de 4,9 MDH, qui atteint 7 millions en 1997.HPS séduit divers opérateurs au Maroc (Centre monétique interbancaire, groupeBanques populaires, la Poste, Maroc Telecom, Méditel…) comme dans une cinquantained’autres pays, notamment en Europe, en Afrique subsaharienne et au Moyen-Orient(il a ouvert une représentation à Dubaï). Un parcours couronné par l’introductionen Bourse, en décembre 2006, de 30% du capital.

HPS emploie aujourd’hui 145 personnes et a déjà acquis 2 700 m2 de bureaux àCasashore où sera installé le siège. Cette anticipation est judicieuse d’autantque l’activité est en plein essor.
L’exercice 2006 a été clôturé sur un chiffre d’affaires de 126 MDH, mais surtoutune entrée en Bourse réussie. Au terme du premier semestre de l’année en cours,le volume d’activité a atteint 67,5 MDH, en hausse de 23 % par rapport à la mêmepériode de l’année précédente. Jusque-là, le cheminement s’est fait sans accroc.En tant que Pdg d’une société cotée, Mohamed Horani sait ce qu’il a à faire :confirmer en donnant toujours plus. A voir la sérénité qu’il affiche, cette exigencene lui fait pas peur.