Amina Sadik, professeure à  la Touro University du Nevada

Marocaine et sommité dans la recherche sur le cancer aux Etats-Unis, Chercheuse, enseignante, elle a été distinguée plusieurs fois et fait partie de collèges scientifiques prestigieux.

Professeure à la Touro University du Nevada aux Etats-Unis et professeure associée au Collège of osteopathic medicine américain, plusieurs fois primée pour ses travaux sur le cancer, Amina Sadik est un de ces brillants esprits que compte la diaspora marocaine à l’étranger et que le Maroc gagnerait à intégrer dans son secteur de la recherche scientifique. Cette chercheuse, enseignante en biochimie médicale, est bien connue dans le petit monde de la lutte contre le cancer. Elle a travaillé à la conception de certains médicaments dont le Methotrexate (enregistré et utilisé contre les maladies auto-immunes également), un médicament prescrit contre certaines formes de cancers.
Née en 1955 au sein d’une famille nombreuse (elle est la quatrième d’une fratrie de 11 enfants, de parents casablancais pure souche et agriculteurs dont elle est fière, Amina Sadik s’est établie aux Etats-Unis depuis 1994 et s’est investie dans la recherche de la réduction des effets secondaires de certains médicaments (qui peuvent entraîner de nombreuses complications et même la mort chez certains malades) dans le traitement des tumeurs malignes.
Mais c’est d’abord au Maroc qu’elle a commencé sa carrière d’enseignante. En effet, après un Bac Sciences expérimentales à Rabat, elle s’inscrit à la Faculté des sciences de la capitale pour une licence en biologie/ géologie. Mais comme elle ambitionnait de faire de longues études, elle s’envole pour la France pour préparer une maîtrise, d’abord à Rennes I (Faculté des sciences et des technologies). En 1984, on la retrouve à Nantes pour un DEA puis un doctorat en phytopathologie qu’elle soutient en 1988.

En deux ans, elle avait réussi à faire ses preuves aux Etats-Unis

Amina Sadik est convaincue qu’elle ne peut se rendre réellement utile qu’en rentrant au pays. Et le plus naturellement du monde, elle présente sa candidature à la Faculté de médecine de Casablanca et à celle des sciences d’El Jadida. Mais c’est la seconde qui la sollicite comme maître de conférences et elle n’hésite pas une seconde, même si elle avoue que la suite n’allait pas être ce qu’elle espérait, dans un Maroc où la recherche reste embryonnaire. Ce qui ne l’empêche pas d’y rester six ans, même si, en tout et pour tout, elle ne disposait que d’une petite place dans l’unique réfrigérateur de la faculté pour entreposer ses cultures. Pire, il arrivait qu’elle ne les retrouve plus, se rappelle-t-elle.
Elle finira par jeter l’éponge en 1994, se sentant trop à l’étroit dans une situation où ses connaissances stagnaient. Elle projette alors d’aller en France pour continuer à coller à la réalité de la recherche et actualiser ses connaissances dans un domaine qui changeait constamment.
Mais les choses vont se passer autrement car, au cours d’un séjour à Las Vegas, elle présente son CV sans grande conviction à l’Université du Nevada de cette ville. Elle obtint un entretien avec le chef de département de biologie qui, par chance, se trouvait être un Canadien qui parlait français, car elle ne maîtrisait pas encore l’anglais. Le courant passe et elle est recrutée sur le champ mais uniquement pour faire de la recherche en laboratoire sur la base d’un contrat de deux ans. Elle commence avec un salaire net de
24 000 dollars par an et se met en devoir d’étudier l’anglais, ce qui lui permettra, l’année suivante, de donner des cours magistraux à la faculté. Elle travaille sur la génétique des plantes pour le compte du laboratoire de la faculté car, explique-t-elle, «aux Etats-Unis, les laboratoires privés ne veulent pas s’embarrasser de faire de la recherche académique et trouvent des formules pour financer la recherche dans les universités dont ils tirent directement les bénéfices».

En 2004, elle se voit offrir le poste de maître de conférences par la première université privée du Nevada

Amina Sadik est décidément chanceuse mais c’est surtout une «bûcheuse» et comme elle se trouvait dans un environnement où seuls l’efficacité et le mérite comptent, elle restera dans cette université jusqu’en 2004 où elle enseignait «la chimie organique puis les lois de l’environnement et enfin la chimie clinique. Bien entendu, elle faisait de la recherche et son domaine de prédilection était les traitements contre le cancer du sein et de la peau.
Alors que l’année 2004 tirait à sa fin, elle reçoit une visite étonnante : le doyen de la première université privée du Nevada encore en construction avait entendu parler de cette «femme africaine» si appliquée et si soucieuse du détail et dont les publications et les travaux en biologie étaient éloquents dans la communauté scientifique de sa spécialité. Il est si satisfait de son entretien avec elle qu’il lui propose de signer un contrat sans tarder avec la Touro University du Nevada qui allait ouvrir ses portes. Depuis, c’est dans cette université qu’elle enseigne la biochimie médicale tout en menant des recherches. Et ce n’est pas fortuitement que plusieurs prix lui ont été décernés, que ce soit par la Touro University ou d’autres institutions. Parmi ces distinctions, le Premier prix des femmes scientifiques qu’elle a obtenu à deux reprises. Après avoir été chef de département, elle est aujourd’hui directrice de projet.
Amina Sadik est aussi membre de plusieurs associations prestigieuses comme International association of médical sciences educators (IAMSE), l’American collège of nutrition (CAN), la Society of osteopathic medical educators…