Amal El Amri, secrétaire nationale de l’UMT

La dame de fer de l’Union marocaine du travail, Titulaire d’un DEA en finances publiques et fiscalité et d’un diplôme de l’Institut des assurances de Paris,
elle a commencé le syndicalisme en intégrant le secteur bancaire en 1995.

douceur et force de caractère, sérénité et fougue, conviction et souplesse ? Amal El Amri, membre du bureau de la Commission des secteurs sociaux au Parlement, ne le sait certainement pas. Toujours est-il que toutes ces qualités réunies lui permettent de défendre les droits des travailleurs, même si, hormis sa formation de juriste, rien ne la prédestinait à avoir les responsabilités actuelles. Elle est aujourd’hui secrétaire nationale de l’Union marocaine du travail.
Il faut dire que durant les deux dernières décennies, la dame de fer de l’UMT a accumulé une impressionnante expertise en matière syndicale. En fait, Amal El Amri dit défendre des valeurs universelles, tout simplement.

Le syndicalisme lui a ouvert le monde de la politique

C’est à la capitale ismaélienne, Meknès, qu’elle est venue au monde. Et contrairement à l’idée répandue que les femmes ont horreur de révéler leur âge, elle précise être née en mars (pas le 8) 1960, d’un père enseignant en langue arabe et d’une mère infirmière. Aînée de trois enfants, Amal a baigné dans l’idée de la sacralité des études comme ascenseur social démocratique, si bien que ses parents n’avaient pas eu à la surveiller étroitement durant son parcours scolaire. C’est au lycée Omar ibn Khattab de la même ville qu’elle obtient un bac «lettres modernes» en 1977. La jeune rêveuse, qui se veut avant tout comme une créative, n’est pas séduite par les partis politiques, même si elle sympathise naturellement, du moins à ses débuts, avec la gauche. Après sa maîtrise en droit public en 1982, elle s’envole pour la France pour préparer un diplôme d’études approfondies (DEA) en finances publiques et fiscalité, à l’Université Paris II Panthéon. Une fois ce cursus terminé avec succès, elle s’inscrit à l’Institut des assurances de Paris (IAP) de l’Université Paris I-Sorbonne d’où elle sort diplômée en 1987.
Amal El Amri garde le souvenir d’avoir été, en France, une jeune fille qui, sans bourse, a dû faire des petits boulots, avant d’être recrutée, à temps partiel, au sein du service juridique d’une filiale de Thomson.
Elle n’était pas spécialement disposée à rentrer au bercail en 1994, n’était un triste événement, la perte d’un frère. A partir de là, les choses prennent une autre tournure. D’abord, elle se fait recruter en 1995 par l’ex-ABN Amro Bank qui a été cédée par la suite à la BMCI. Mais dès son arrivée dans la banque, un dossier très chaud va atterrir sur son bureau : celui, très controversé, des effets avalisés de GoodYear Maroc. Le deuxième événement, c’est son intérêt subi pour la chose syndicale. Et il faut croire qu’elle est très convaincante puisque l’Union syndicale interprofessionnel le bancaire (USIB) obtient qu’elle soit détachée auprès de l’UMT pour se consacrer à la défense des intérêts de ses membres. Elle ne le savait pas encore, mais c’est le début d’une brillante carrière au service des travailleurs du secteur bancaire en particulier et des autres secteurs en général.
Au départ, elle travaille sur des problématiques concernant l’égalité professionnelle. Progressivement, elle étoffe ses connaissances et prend du galon avant de devenir la responsable du département des études juridiques, économiques et sociales de l’organisation syndicale. Un poste très exposé, au sein duquel elle sera en relation avec les partenaires sociaux. C’est ainsi qu’elle est partie prenante de toutes les négociations cruciales pour le monde du travail, qu’il s’agisse de la couverture médicale (AMO et RAMED),  de l’horaire continu ou encore de l’élargissement des prestations de la CNSS au secteur agricole. En fait, ses fonctions et responsabilités tiennent sur une très longue liste. Ancien membre du Conseil d’administration de la CNSS, Amal Amri siège actuellement au sein de la Commission technique chargée de la réforme des retraites. Elle est membre de la Commission du dialogue social ainsi que des Conseils d’administration de l’Agence nationale de l’assurance maladie (ANAM) et de la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS).

Une expertise reconnue au niveau international

C’est sa participation, au nom de l’UMT, à la préparation de la marche de la femme, une initiative féministe lancée par la Fédération des femmes du Québec (Canada) en 2000, qui va lui donner de la visibilité au niveau international. La coordinatrice du comité des femmes de l’UMT -autre charge- est aussi députée depuis 2007 sous les couleurs du PPS et fait partie des trois représentantes du peuple que compte la première Chambre. Elle est membre de la commission des secteurs sociaux et cela la passionne. D’ailleurs, elle travaille avec ses collègues sur le texte de l’Agence de lutte contre l’analphabétisme, tout comme elle avait travaillé sur le texte du Conseil économique et social ou encore sur l’épineuse question du prolongement de la gestion des polycliniques par la CNSS ou de la pharmacie par la CNOPS. Cette dame à l’agenda chargé n’arrête pourtant pas de courir : elle anime des séminaires et participe à plusieurs forums syndicaux, tout en offrant ses services, entre autres, au Centre euro- méditerranéen de médiation et d’arbitrage (CEMA) dont elle est membre.