Ahmed Hjiej, PDG de Facop

Il s’est fait un nom dans la peinture en partant d’un crédit Jeunes promoteurs. Ingénieur en chimie industrielle à  Toulouse, il passe 12 ans chez les fabricants de peinture avant de s’installer à  son propre compte.

Ahmed Hjiej, PDG de Facop, fabricant de peinture pour bâtiment, industrie et carrosserie, a acquis le sens des affaires tout naturellement en se frottant très tôt à la clientèle dans la petite affaire paternelle de fabrication et de vente des chaussures. Mais ce n’est que plus tard qu’il va mesurer combien il était bien préparé pour créer sa propre affaire, même si cela n’était pas arrivé aussi vite qu’on pouvait le penser. C’est que Ahmed Hjiej va bénéficier d’une expérience professionnelle dans le domaine même où il allait se lancer en 1997, la fabrication et la distribution de la peinture. De fait, il le reconnaît lui-même, avec autant d’éléments favorables, il n’avait aucune excuse pour ne pas réussir.
Né en 1957 à Fès, une ville séculaire qui n’a jamais renié un sens des affaires dont ses habitants ont fait montre un peu partout dans le pays  et même jusqu’aux confins africains, Ahmed Hjiej est le benjamin d’une fratrie de dix enfants. Son parcours est limpide. Après des études primaires et secondaires bien menées, il obtient un bac «sciences expérimentales» en 1978 au lycée Moulay Idriss de Fès. Il se décide rapidement pour une inscription à l’Université Paul Sabatier de Toulouse où il fait une maîtrise en chimie. Puis, c’est à l’Ecole supérieure nationale de chimie de Toulouse (ENCET) qu’il obtient son diplôme d’ingénieur en chimie industrielle en 1985. Il avait bien une bourse (l’équivalent de 1 000 DH par mois durant ses études), mais il a dû se rendre à l’évidence qu’il fallait faire de petits boulots pour tenir le cap. Il a tout fait, des vendanges à la vente de produits divers en été sur les plages en passant par la distribution des flyers publicitaires. Mais, se rappelle-t-il, «cela relayait ce que j’avais déjà appris quand j’aidais mon père dans sa petite unité».

Il fabrique lui-même son matériel au début et recrute sa femme

En rentrant au pays en 1985, il va commencer sa vie active dans un domaine totalement nouveau pour lui : le secteur de la peinture. Il est recruté chez Chimicolor. Il apprend vite et devient l’adjoint du directeur technique. Il y restera jusqu’en 1989. Durant tout ce temps, il s’initie également au domaine technico-commercial et au suivi de la clientèle, ce qui, plus tard, lui sera très bénéfique. Mais il ne décide pas encore à créer sa propre entreprise. Et pour cause, il est appelé au poste de directeur commercial chez le concurrent, Colorado. Là aussi, l’entreprise est en pleine mutation et il est sollicité aussi bien dans la partie technique que dans le domaine commercial. Il fallait veiller à tout et lancer l’entreprise qui faisait un petit chiffre d’affaires. Au bout de quelques mois, la machine repart et il participait au développement de l’affaire. Six ans plus tard, le besoin de se mettre à son propre compte commence à devenir presque «oppressant», dit-il. Il se décide alors à démissionner en 1997. Au moment de son départ, l’entreprise réalisait un chiffre d’affaires de 100 à 120 MDH et avait plus que triplé son effectif. Ahmed Hjiej réalise qu’il en sait assez long sur le secteur pour y faire son chemin. Il crée alors Facop avec un crédit «Jeunes promoteurs». Mais pour obtenir 1,8 MDH qu’il juge nécessaires pour se lancer, il associe sa femme, qui quitte elle aussi son ancien emploi. Le métier n’a pas de secret pour lui et au lieu d’acheter des équipements lourds, il fabrique, par exemple, son disperseur et acquiert des cuves «bonnes occasions». Il s’explique à ce propos : «J’ai mis 300 000 DH dans le capital mais je devais garder une bonne trésorerie car ma clientèle était constituée de drogueries qui ne paient généralement qu’après avoir écoulé la marchandise. Or, mon unité a besoin de matières premières pour tourner. Et pour m’approvisionner, je ne pouvais jouer qu’en partie sur les délais de paiement, d’où un besoin constant de trésorerie».

Il s’installe sur 5 ha à Tit-Mellil et se fait certifier tous azimuts

Dès les premiers mois de 1997, les résultats sont très encourageants et sur les cinq derniers mois du premier exercice, il réalise un chiffre d’affaires de 5 MDH. Petit à petit, Facop diversifie son portefeuille en s’adressant à l’ensemble de la clientèle, qu’il s’agisse des drogueries, des promoteurs immobiliers ou encore les industriels. L’unité qui est une des dernières arrivées sur le marché fait d’abord une petite percée pour devenir aujourd’hui la cinquième entreprise, affirme Ahmed Hjiej qui estime le marché global autour de 2 milliards de DH. Il a fallu non seulement mettre en place des structures au niveau technique, mais aussi travailler le volet commercial et marketing. Ahmed Hjiej n’oublie pas la distribution et s’est appuyé sur plusieurs partenaires privés dans les grandes villes du pays pour que ses produits soient disponibles là où il y a de la demande.
Apparemment, il n’a pas eu de gros soucis, contrairement à beaucoup de bénéficiaires de crédit jeunes promoteurs. Non seulement il a racheté son crédit en 2003, mais il en a contracté d’autres à moyen et long terme pour financer sa croissance. C’est dire que la gestion de Facop est très rigoureuse. Le capital est passé à 10 MDH et le chiffre d’affaires 2010 totalise 154 millions MDH  pour un effectif  qui dépasse 150 personnes. Parti d’un terrain loué, il a bâti ses bureaux sur 500 m2 (sur un total de 1 000 m2). Il vient d’acheter un terrain de 5 ha pour loger l’ensemble des structures de Facop sur la route de Tit-Mellil.
Sur un marché très concurrentiel, Facop mise beaucoup sur la qualité. C’est ainsi qu’elle s’est faite certifier depuis 2004 – certificat renouvelé en 2007- à la norme Iso 9001 version 2000, et depuis 2008 à la norme OHSAS 18001 (santé et sécurité au travail) version 2007.