Abdallah Rachidi ALAOUI : Il a piloté le repositionnement d’IBM au Maroc et en Afrique.

Natif d’Azrou, ses enseignants français au secondaire lui ont conseillé les maths
et les prépas en France.
Il a obtenu deux diplômes d’ingénieur en génie industriel
et en automatisme.
Il commence sa carrière en 1986 avec IBM France avant d’être envoyé à  la filiale marocaine dont il devient le patron
en 2006.

I  l n’y a pas de secret pour réussir. C’est le fruit de l’apprentissage, du travail acharné et des leçons tirées de l’échec. Beaucoup ont fait leur cette devise qui s’appuie sur le bon sens, certes, mais aussi sur un choix de vie où l’effort est l’élément majeur de l’équilibre personnel et du succès au sens large.
Abdallah Rachidi Alaoui, Pdg d’IBM Maroc, est l’exemple de personnes qui, issues de générations de Marocains parties de circonstances défavorables et parfois «éliminatoires», pourrait-on dire, ont forcé leur destin. Ils sont, pour une grande part, originaires de petits villages ou de patelins perdus dans les montagnes et souvent ignorés même de la signalisation routière.
Abdallah Rachidi Alaoui est venu au monde à Azrou en 1962. Il est le septième enfant d’une fratrie qui en compte 11. Il n’était pas encadré ni spécialement suivi par ses parents. Il a pourtant vite compris tout seul ce qu’il fallait faire pour se soustraire au destin commun d’une catégorie sociale qui, trop souvent, même si elle n’est que relativement exclue, accepte avec fatalité sa situation.
Le travail, l’application, l’effort au quotidien mais aussi l’ambition et le rêve sont la voie royale pour la réalisation de soi. Abdallah Alaoui va s’accrocher fort aux études et reconnaît volontiers devoir beaucoup aux conseils de coopérants français qui assuraient les cours du lycée Tarik à l’époque. Son instinct le pousse vers les mathématiques pour lesquels il montrera des prédispositions qui ne demandaient qu’à être «entretenues». Pourtant, durant les vacances, il devait aussi travailler avec son père, exploitant forestier, dont les affaires commençaient à prospérer.

Il s’est occupé d’une affaire familiale pendant 5 ans
Après son bac «sciences maths» en 1981, Abdallah Alaoui, conseillé par ses enseignants, s’inscrit aux prépas du lycée Lamartinière à Lyon.
En 1983, il s’inscrit d’abord à l’Institut national polytechnique de Toulouse où il obtient un diplôme d’ingénieur en génie industriel. Puis il suivra une autre formation d’une année en automatisme à l’Ecole nationale supérieure d’électronique, électrotechnique, informatique et hydraulique de Toulouse. A ce moment-là, il ne désirait pas encore revenir au bercail. C’est pour cela qu’après avoir travaillé pour le compte d’une société de services en informatique, le poste que lui offre IBM France fit son bonheur.
Mais deux années après son intégration, c’est-à-dire  en 1988, on lui propose le poste d’ingénieur d’affaires à IBM Maroc où il a pris en charge les grands comptes jusqu’en 1994. C’est au cours de cette année qu’il quitte ce poste pour s’occuper d’une unité industrielle familiale qu’il valorisera et revendra en 1999. S’enuit un bref passage à Cofimag où on lui avait offert le poste de directeur commercial. Il rejoindra à nouveau IBM. La multinationale l’avait rappelé tant les relations étaient restées cordiales. Mieux, les résultats obtenus auparavant plaidaient en sa faveur pour le poste de responsable de la ligne de produits «serveurs et solutions de stockage» qui était à pourvoir. Abdallah Alaoui obtiendra rapidement une promotion. Il devint alors directeur commercial en 2001 et le restera jusqu’en 2004. Sa progression le mènera ensuite à la tête de la direction  du développement où, à partir du Maroc, il prend en charge IBM North & West Africa avec la mission de pénétrer le marché libyen, après l’embargo. Deux ans après, il est nommé PDG.

Il a géré avec brio la mutation de la société
Entre-temps, Abdallah Alaoui aura vécu le changement du tour de table d’IBM Maroc avec l’entrée d’Ona comme actionnaire de référence. Mais ce sont les changements que va connaître le secteur qui ont été les chantiers dans lesquels il va œuvrer avec le plus de succès. En effet, IBM Maroc va se désengager progressivement mais inéluctablement de la partie hardware pour se concentrer sur le software, les solutions et le middleware (tout ce qui est autour des serveurs et de la gestion de leurs sécurités et de leurs périphériques…). Un changement marquant pour le patron d’IBM Maroc qui se souvient de ses débuts où l’ordinateur était l’élément central du business. Il faut dire qu’à l’époque, un PC pour un particulier coûtait pas moins de 50 000 DH alors que pour une entreprise ou une administration cela revenait à quelques millions de DH et l’on ne parlait pas de centaines de Gigas de mémoire mais seulement de quelques centaines de Mégas en disque dur pour des machines énormes.
Aujourd’hui, l’effectif de l’entreprise a plus que doublé, dépassant plus de 100 personnes dont une majorité d’ingénieurs.
IBM Maroc compte un portefeuille de 500 clients pour un chiffre d’affaires approximatif de 500 MDH. La société s’est désengagée du marché de volume pour migrer vers la valeur ajoutée à travers le soft et le middleware qui représente aujourd’hui plus de 55 % de l’activité. Pour la partie hardware, elle s’appuie sur une vingtaine de partenaires qui commercialisent ses PC.
En l’entendant parler, on sent qu’Abdallah Alaoui n’est pas peu satisfait de sa carrière et l’on imagine aisément qu’il veut encore pousser plus haut une entreprise à laquelle il est resté fidèle depuis le début de sa carrière, abstraction faite de la petite période de séparation.