ZLECA : Nasser Bourita met les points sur les «i»

Si le Polisario va faire du commerce à partir de Tindouf ça va être du commerce interne dans un autre pays de l’UA qui est l’Algérie.

L’adhésion du Maroc à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) ne saurait être interprétée comme une reconnaissance d’une situation, d’un fait ou d’une entité qui menace son intégrité territoriale et son unité nationale. Nasser Bourita, ministre des affaires étrangères a été ferme sur ce point lors de son intervention, dimanche 7 juillet, à Niamey au Niger, au terme du 12e Sommet extraordinaire de l’UA. «Le Maroc agit selon une doctrine et des principes clairs lorsqu’il s’agit de faire la différence entre l’appartenance à une organisation et la reconnaissance des entités qui pourraient en faire partie mais que le Maroc ne reconnaît pas», a notamment précisé le ministre. Dans cet exercice en particulier, «l’aberration est flagrante», a-t-il relevé, s’interrogeant, par la même occasion, comment une entité, le Polisario en l’occurrence, qui n’a pas de territoire pourrait appartenir à une zone de libre-échange ?

Aberration

«Si cette entité va faire du commerce à partir de Tindouf ça va être du commerce interne dans un autre pays de l’Union africaine qui est l’Algérie», a poursuivi M. Bourita, se demandant «avec quelle monnaie cette entité va-t-elle le faire ? Si ce commerce aura lieu, c’est avec la monnaie algérienne». De ce fait, «si les marchandises doivent passer par une douane, ça sera celle de l’Algérie, donc c’est ça l’aberration que le Maroc a tenu à soulever». Cet état de fait, conclut le ministre, est d’autant plus «aberrant» que la pierre angulaire de la ZLECA sont les communautés économiques régionales. «Cherchez parmi les membres de l’Union africaine qui est l’entité qui n’appartient à aucune communauté économique régionale et vous allez comprendre l’aberration», a-t-il lancé.

Notons que plusieurs instruments opérationnels de la Zone de libre-échange continentale ont été officiellement mis en place, lors de cette réunion de l’UA à Niamey. En vertu de l’accord l’instituant, les pays signataires de la ZLECA s’engagent particulièrement à supprimer les droits sur 90 % des biens et à éliminer les nombreux obstacles au niveau de 84 000 kilomètres de frontières africaines. L’accord ouvre la voie à la constitution d’un marché unique de 1,2 milliard de consommateurs et pourrait annuellement accroître le commerce intra-africain de 52,3 %.