Zapatero se lance dans la campagne à  quatre mois des législatives

Un sondage souligne l’accueil positif des Espagnols aux visites royales à Sebta et Melillia

En tête des sondages, le PSOE entame sa campagne électorale.

«Modernité, sécurité et équité»… avec le «Z de Zapatero». Fraîchement adoubé candidat du PSOE aux élections législatives du 9 mars 2008, José Luis Rodriguez Zapatero s’offre un début de campagne sur Youtube, non sans un zeste d’humour. A quatre mois des élections, il est resté en tête des sondages malgré la crise hispano-marocaine causée par la visite du Roi d’Espagne à Sebta et Melillia. Organisé avec le soutien implicite du gouvernement socialiste, l’événement bénéficie aujourd’hui de l’approbation d’une opinion publique favorable à un Roi plus actif sur le plan politique, si bien que l’accrochage de Juan Carlos d’Espagne avec le leader vénézuélien Hugo Chavez au XVIIe Sommet ibéro-américain a fini de la réconcilier avec la monarchie, très critiquée depuis cet été. Selon un sondage du quotidien de droite El Mundo, 83% des Espagnols soutiennent aujourd’hui la visite royale dans les deux villes, moins de 5% la critiquent. Bien plus, 57,6% des sondés considèrent que la visite n’aura pas d’impact négatif sur les relations hispano-marocaines, opinion que l’on retrouve aussi bien chez les sympathisants du PSOE que ceux du Partido popular, et qui explique le soudain mutisme du parti de José Maria Aznar qui, hier, s’en prenait violemment à la diplomatie du gouvernement.
Aujourd’hui, le leader socialiste souhaite pour son parti une majorité encore plus large qu’en 2004. Et pour convaincre les électeurs de la lui donner, il annonce la candidature des personnalités les plus en vue du PSOE dans les circonscriptions clés. Ainsi, l’actuel ministre de l’économie, Pedro Solbes, devrait se présenter à Madrid et, en cas de victoire, récupérer ses portefeuilles. A Valencia, c’est Maria Teresa Fernández de la Vega, la très populaire porte-parole du gouvernement, qui devrait présenter sa candidature. A Tolède, le PSOE est représenté par José Bono, réélu 6 fois de suite à la présidence de la Communauté de Castilla La Mancha. En cas de victoire, ce dernier devra prendre la présidence de la Chambre des députés, conformément à son accord
avec M. Zapatero. D’autres membres du gouvernement ont été appelés à la rescousse, comme la secrétaire d’Etat à l’immigration ou les ministres de l’intérieur, de la défense, de la justice, de la santé, du logement et de l’industrie.
En face, le Partido popular se cantonne dans un rôle d’observateur, se refusant à livrer les noms de ses candidats avant janvier. Le parti, dont le candidat à la présidence du gouvernement, Mariano Rajoy, est connu depuis septembre, a tout au plus accepté un débat télévisé entre son champion et celui du PSOE. La victoire est-elle déjà assurée pour les socialistes ? Rien n’est acquis, comme l’indique la très légère baisse de popularité du PSOE dans les sondages, et cela, le PP, défait aux législatives de 2004, le sait plus que tout le monde.