USFP : Les quatre chantiers à  ouvrir pour rebondir

Organiser l’opposition parlementaire, tenir le prochain congrès, préparer les élections communales et régionales et surtout renouveler les élites pour présenter un nouveau visage.

Une fois la décision du passage à l’opposition consumée, à l’USFP on a déjà commencé à dresser la liste des priorités. Avant de se mettre au travail, le parti compte faire un bilan, une véritable auto-critique de son action au gouvernement. Cela devrait d’abord se faire, dans les jours à venir, au sein du bureau politique, ensuite au conseil national. Sur le plan interne, l’organisation du congrès se trouve à la tête des priorités. C’est un préalable à la reconstruction du parti. Ensuite, bien préparer les futures élections locales et régionales. A cela s’ajoute une ouverture sur les cadres, les intellectuels et les forces vives de la nation. Le parti compte également être très présent au Parlement, notamment lors des débats des lois organiques nécessaires à la mise en œuvre de la nouvelle constitution. En d’autres termes, pratiquer une opposition à différents niveaux. Dans la rue en ouvrant des canaux avec la société civile et pourquoi pas la tendance progressiste du  du 20 Février, mais également en ranimant sa branche syndicale qu’il a dû, pour une raison ou une autre, museler pendant ces dix dernières années.

Au sein des institutions, l’USFP doit essayer de renouer avec ses heures de gloire passées au Parlement. Pour cela, un changement d’hommes et de manière s’impose. On parle déjà d’un changement à la tête du groupe parlementaire qui devrait être conduit par Abdelhadi Khairat. «C’est la personne indiquée pour contrer le populisme du PJD», confie une source au conseil national du parti. Côté compétences, le parti n’en manque pas non plus. Un Reda Chami est tout aussi indiqué pour prendre la place laissée vacante, depuis plus d’une décennie, par Fathallah Oualaou, le député. «Il dispose des compétences techniques requises certes, son seul défaut c’est qu’il n’a pas les mêmes qualités d’orateur que Oualalou», explique la même source. Le parti ne manque pas non plus de bons juristes pour habiller ses choix politiques et sociétaux. Ceci sur le plan institutionnel.

Dans le volet organisationnel, deux tendances se dégagent pour ce qui est notamment de la tenue du futur congrès. Une première voudrait opérer une révolution au sein du parti en organisant immédiatement, en mars prochain au plus tard, un congrès qui portera à la tête du parti une nouvelle élite. Le conseil national pourrait faire dès à présent office de comité préparatoire. Une autre tendance estime que ce n’est pas un enjeu immédiat. Il faut d’abord se mettre d’accord sur la manière avec laquelle il faut procéder. «Le pays est inscrit dans la logique de régionalisation, le parti doit suivre. Il faut donc répondre d’abord à la question s’il faut organiser en premier des congrès régionaux desquels se dégagera une élite qui intégrera les instances centrales ou bien mettre en place d’abord les instances centrales avant les structures régionales», explique un cadre du parti. Autre enjeu auquel le parti doit faire face, les élections locales et régionales. Quoique, soutient Ghassan Lamrani, chercheur en sciences politiques, «je ne crois pas que les prochaines élections, et même celles de 2016 soient un enjeu pour le parti. L’USFP doit viser celles de 2021. Le parti doit d’abord regagner la confiance de ses électeurs. Ce n’est pas facile, mais ce n’est pas non plus impossible».