Union Africaine : le Polisario poussé vers la porte de sortie

La réintégration du Maroc devrait être votée à l’unanimité en janvier 2017.

Pas moins de 28 Etats sur les 54 que compte l’Union Africaine ont appelé à la radiation de la pseudo-RASD. Selon des sources proches du dossier, une dizaine d’autres pays ont demandé un temps de réflexion avant d’apposer leur signature sur cette motion adressée à la présidence en exercice de l’Organisation panafricaine à l’initiative du Président gabonais, Ali Bongo Ondimba. Les mêmes sources expliquent que les demandes de suspension d’une entité ou un Etat membre de l’Union ne sont pas explicitement prévues dans les statuts. Cependant, la Conférence, organe suprême de l’UA, peut en décider ainsi, à condition que la décision soit votée à la majorité des deux tiers, soit 36 pays. De ce fait, la demande de suspension en est donc à 8 voix de la majorité requise. Bien sûr, et c’est à ne pas en douter, les Algériens, «sonnés, perdus, sentant le début de la fin de leurs manœuvres», ne resteront pas les bras croisés, ils feront tout pour contrer cette victoire diplomatique marocaine. Certains analystes n’hésitent d’ailleurs pas à expliquer l’attitude des pays amis du Maroc comme la Tunisie, le Mali ou le Niger, en plus de la Mauritanie, qui n’ont pas signé la motion, par la peur de représailles des Algériens. Autrement, les choses seront définitivement actées lors du prochain sommet de l’UA, en janvier 2017. De toutes les manières, affirment les mêmes sources, la décision de réintégration du Maroc devrait être votée à l’unanimité.

Tout a commencé le dimanche 17 juillet, quand SM le Roi Mohammed VI a adressé un message aux chefs d’Etat africains réunis en conclave à Kigali, au Rwanda, pour le 27e Sommet de l’UA, en vue de la réintégration du Royaume.

Le message a été remis au Président tchadien Idriss Déby en sa qualité de Président en exercice de l’UA, et il a été remis à l’ensemble des participants, mais non lu en séance publique. Il a insisté, essentiellement, sur deux volets : «L’erreur historique» de l’admission de la pseudo-RASD et «l’importance de mettre enfin l’Afrique sur les rails du développement». Il est clair que le Maroc est venu avec ses acquis, ses atouts et son nouveau positionnement sur la scène régionale et internationale.

Lundi, au lendemain de la réception du message royal par les chefs d’Etat du continent, 28 pays ont signé une motion demandant la suspension de la pseudo-RASD de l’ensemble des activités de l’UA et de ses différents organes. Et ce, «afin de permettre à l’UA de jouer un rôle constructif et de contribuer positivement aux efforts de l’ONU pour un dénouement définitif du différend régional sur le Sahara».