Une structure rappelant la Chabiba islamiya…

Le groupe terroriste constitué, selon l’Intérieur, ne serait-il qu’un simple résidu de la tristement célèbre Chabiba islamiya ? Mis en place en 1992, bien avant les attentats du 11 septembre 2001, le réseau révélé par l’affaire Belliraj semble se caractériser par une structure plus proche de celle du mouvement de Abdelkrim Moutii que des réseaux apparus dans le monde et au Maroc au lendemain de l’attentat du World Trade Center à New York.

Fondée en 1969 par Abdelkrim Motii, un ancien de l’UNFP devenu islamiste, ainsi que Kamal Ibrahim, la Chabiba islamiya s’était en effet caractérisée, tout comme le réseau récemment découvert, par une structure double, composée d’une partie publique, et d’une autre, secrète et armée. Visant la mise en place d’un Etat islamique au Maroc, la Chabiba islamiya avait commencé par bénéficier d’un soutien discret de la part des autorités marocaines, bien contentes d’y trouver un contrepoids à une gauche puissante. En cette période trouble, plusieurs agressions perpétrées à l’encontre d’étudiants de gauche sont mises sur le compte de l’association. Deux ans plus tard, quelques jours après le congrès extraordinaire des 11 et 12 décembre 1975 qui avait vu la naissance de l’USFP, la structure sera mêlée à l’assassinat de Omar Benjelloun, membre dirigeant de l’USFP et directeur du journal «Al Mouharrir». Un crime à la suite duquel Abdekrim Moutii, considéré comme le commanditaire de l’assassinat, sera contraint à la fuite en Arabie Saoudite, puis en Libye, avec un court séjour en Algérie. Condamné, entre autres, à mort, dans plusieurs affaires au début des années 80, ce dernier ne tardera pas d’ailleurs à se voir largué par les jeunes du mouvement restés au Maroc et favorables à un mode d’action moins brutal et dont plusieurs dominent toujours la scène politique marocaine comme Abdelilah Benkirane, Abdellah Baha ou encore Mohamed Yatim. Ces derniers créeront à leur tour de nouvelles structures, comme la Jamaâ Islamia, ou le mouvement Islah wa Tajdid. Après avoir tenté sans succès de créer un parti politique, les concernés et bon nombre d’anciens du mouvement intégreront le MPDC de Abdelkrim Khatib, lequel prendra le nom de PJD à partir de 2008. Face au succès de cette structure, d’autres anciens de la Chabiba tenteront de reproduire la formule, créant au passage des partis comme Al Badil Al Hadari ou encore Al Haraka Min Ajli Al Oumma.