Une charte comme garde-fou, mais…

Signée le 16 décembre dernier, elle prévoit des mécanismes pour neutraliser les risques de division. Les secrétaires généraux des partis en sont les garants, mais rien n’est dit sur les déclarations des ministres.

En signant le 16 décembre, alors même que le gouvernement n’était pas encore formé, la charte de la majorité, A. Benkirane considérait qu’une grande partie du travail venait d’être réalisée. Aujourd’hui, on comprend mieux l’objet de cette satisfaction. Le texte, trois pages, signé par les secrétaires généraux des quatre formations de la majorité prévoit, en effet, des mécanismes pour neutraliser toute propension à la division. D’abord, une présidence de la coalition. Celle-là même qui s’est réunie le 17 mars, pour la première fois «pour accorder les violons», pour reprendre les termes de Nabil Benabdallah. Elle est formée de huit membres, les secrétaires généraux et un représentant pour chaque parti. Elle se réunit soit à la demande du chef du gouvernement ou de l’une des composantes de la majorité ou, régulièrement, une fois tous les trois mois. Elle assure le suivi de l’exécution du programme gouvernemental et veille à la cohésion de la coalition.
Ce mécanisme est secondé par un autre qui est formé au sein du Parlement. L’alliance de la majorité à la première et la deuxième Chambres est formée par les présidents des groupes. Elle tient une réunion tous les deux mois et soumet à la présidence de la coalition un rapport annuel.  
La présidence prépare, elle-même, un autre rapport annuel qu’elle rend public et dans lequel elle dresse un bilan d’étape de l’action du gouvernement.        
La charte de la majorité repose sur quatre piliers : l’action commune, l’efficacité dans l’exécution, la transparence dans la gestion et la solidarité dans la responsabilité. «C’est cette charte qui nous engage tous et ne laisse aucun doute sur la solidité de notre coalition», assure le ministre Mohamed Ouzzine. C’est à l’esprit de cette charte qu’a appelé Abdelilah Benkirane lors de la première réunion de la majorité depuis la nomination, début janvier, du gouvernement pour apaiser les esprits.  
Ce contrat réussira-t-il à maintenir la cohésion du gouvernement ? «Tant qu’il n’y a pas de surenchère de part et d’autre, tant que le programme gouvernemental est respecté, tant que certaines traditions de la pratique gouvernementale sont respectées, il n’y a rien à craindre», affirme Abdelkader El Kihel, membre du comité exécutif de l’Istiqlal. En d’autres termes, on veut que les ministres PJD s’abstiennent à l’avenir de faire des sorties en solo sans en avertir leurs collègues.