Un homme du sérail tombé en politique

Ce fils de la capitale de l’Oriental a eu une carrière politique bien remplie. Camarade de classe de feu Hassan II au Collège royal puis son gendre, Ahmed Osman était un ami très proche du défunt Roi. Né à Oujda le 3 janvier 1930, M. Osman a été nommé à 27 ans (en 1957) à la tête de la division «Europe & Amérique» du ministère des Affaires étrangères. Quatre ans plus tard, il entamera une carrière diplomatique de dix ans qui le mènera à Bonn (1961), puis à Washington (1967).
De retour au Maroc, il est nommé ministre des Affaires administratives, en octobre 1970. Le 7 août 1971, le Roi le nomme directeur du Cabinet royal. A ce titre, il sera aux premières loges pour l’élaboration de la Constitution de 1972. Le 20 novembre 1972, il est nommé au poste de premier ministre.
Un peu moins de sept ans plus tard, le 21 mars 1979, il demande au Souverain de le décharger de cette fonction pour s’occuper d’un parti qui venait de voir le jour, le RNI, et qui l’avait porté à sa présidence. M. Osman passa le relais à Maâti Bouabid qui, en 1983, fera de même et créera l’UC, qui deviendra majoritaire aux législatives de 1984 !
Aux élections législatives de juin 1977, les SAP (sans appartenance partisane) avaient raflé 140 sièges sur les 264 que comptait alors la Chambre des Représentants. Quelques mois plus tard, ils se sont regroupés, sous la houlette de M. Osman, en une formation politique, le Rassemblement national des Indépendants (RNI).
Élu député d’Oujda en juin 1977, il sera réélu en 1984, en 1993 et en 1997. En septembre 2002, il décide de raccrocher.
Après sa carrière de chef de gouvernement, M. Osman présidera le Parlement pendant huit ans, de 1984 à 1992.
Depuis 1998, le RNI est une composante incontournable de tous les gouvernements Youssoufi et Jettou.
En juin dernier, le président du RNI a été sérieusement contesté par certains membres du bureau exécutif, et plus particulièrement Abdelhadi Alami, qui n’a pas été tendre avec son président dans ses déclarations à la presse.
Aujourd’hui, âgé de 74 ans, M. Osman ne veut pas entendre parler de succession à la tête du parti ou de retraite politique. Avec Mahjoubi Aherdan, il demeurel’un des derniers survivants du Jurassic Park politique marocain.