Un candidat sur dix est une femme

A peine un candidat sur dix est une femme. Elles conduisent 64 listes asur 1 521.

Les chiffres l’auront montré, nous sommes loin de répondre à l’esprit de l’article 19 de la Constitution qui consacre l’égalité entre les hommes et les femmes. Le quota et les incitations pécuniaires n’y auront rien changé, le nouveau Parlement sera dans son écrasante majorité masculin. Sur les 1 521 candidats têtes de liste dans les circonscriptions locales, seuls 64 sont de sexe féminin. Ce qui représente à peine 3,75% du total des mandataires. Au total, elles sont 484 candidates à se présenter au niveau des circonscriptions locales, soit un taux de près de 9%. Et ce, malgré le fait que le législateur a prévu un bonus pour les partis qui auront fait élire un grand nombre de femmes. Bref, si elles finissent par être élues, les femmes devront leurs sièges au quota qui leur accorde 60 places dans le cadre de la liste nationale. Ce qui suppose qu’elles seront élues sans avoir fait campagne et donc sans être tenues de battre le pavé et s’égosiller à expliquer leur programme. Ce qui fait dire à certaines militantes politiques qu’il s’agit, ni plus ni moins, d’une rente politique. Mais là encore, les partis ont dû user de tous les moyens de persuasion pour que leurs listes ne soient entachées d’aucun défaut. Le législateur a tenu à régler le problème en amont en tentant de rendre inéligibles, via la liste nationale, les femmes ayant déjà été élues une fois sur cette liste. L’opposition a été tellement forte qu’il a été décidé de surseoir à cette clause de la loi organique du Parlement pour cette année. Ce qui n’a pas empêché certaines formations de la mettre en œuvre.

Seuls 19 partis ont présenté une liste nationale

Sur les listes du RNI, le PAM, l’Istiqlal, le MP, par exemple, la priorité a été donnée aux parlementaires n’ayant pas déjà été élues sur la liste nationale en 2007. Certains partis ont même profité de cette liste pour promouvoir des figures du milieu associatif ou culturel. C’est le cas de Khadija Rouissi, pour le PAM, Aïcha Lakhmass pour l’USFP, Fatima Chahou pour le RNI et bien d’autres. Le PPS a préféré reconduire à la tête de sa liste nationale Ghejmoula Bent Abbi, le PJD la députée sortante Bassima Hakkaoui, également locataire de la liste nationale en 2007, l’Istiqlal a décidé de porter à la tête de sa liste une figure sahraouie, quant au MP, c’est sur Fatna El Khiel, l’une des rares femmes à avoir remporté deux fois son siège sur une liste locale, qu’a porté son choix.
A noter que seuls 19 partis sur les 31 formations en lice ont pu présenter leur liste au titre de la circonscription nationale. Certains ont même trouvé une grande difficulté à aligner les 60 candidates requises issues de toutes les régions.