Tour de chauffe pour l’USFP

Son programme électoral sera présenté le 31 mars.
Les instances dirigeantes de la section féminine ont été renouvelées.
La stratégie d’alliance non encore définie.

Branle-bas de combat à l’USFP. Samedi 13 janvier 2006, dans son siège pimpant sis avenue El Araar, à Rabat, le parti de la rose donnait le coup d’envoi aux travaux de préparation de son programme électoral, et élisait les membres du secrétariat national de sa section féminine. Pendant ce temps, à quelques kilomètres de là, la section Agdal du parti lançait une journée portes ouvertes dans le cadre de l’initiative d’ouverture destinée à attirer de nouveaux membres dans le giron du parti socialiste. Exercices d’échauffement pré-électoraux ou simples opérations de communication en attendant la campagne à proprement parler ?

Faire du programme l’objet d’un pacte entre le parti et les citoyens
Principal évènement de la journée, le lancement de l’étude du programme électoral devrait déboucher sur la présentation d’une première mouture le 31 mars prochain, permettant au parti de faire aussi bien le bilan de son passage au gouvernement que de prospecter de nouveaux horizons. «La préparation du programme de l’USFP constitue une occasion pour une évaluation sereine de l’expérience des réformes dans laquelle notre pays s’est engagé depuis l’avènement, en 1998, du gouvernement d’alternance et des résultats de la participation de notre parti, en tant que partie prenante essentielle dans la coalition qui a mené cette expérience, dans la gestion de la chose publique», a indiqué Mohamed Elyazghi dans son allocution d’ouverture. Le premier secrétaire du parti a appelé à faire du programme en question «l’objet d’un contrat et d’un pacte entre le parti et les citoyens», et à réfléchir à «une nouvelle génération de réformes capables de résorber les défaillances constatées dans la gestion des affaires publiques et les déficits dont souffrent aujourd’hui certains secteurs fondamentaux. Il s’agira aussi d’ouvrir de nouveaux chantiers dans des secteurs stratégiques qui renferment de grandes potentialités». Toutefois, avant d’en arriver là, le parti devra faire un bilan (sans concession ?) de la législature actuelle et procéder aux réglages nécessaires face aux «dysfonctionnements et [aux] contraintes qui ont marqué la phase de transition, et étudier les mesures à adopter pour une gouvernance publique plus efficiente».

Le même jour, le parti socialiste procédait au renouvellement des instances dirigeantes de sa section féminine, en attendant l’élection de sa nouvelle secrétaire nationale, prévue pour les jours à venir. «Samedi dernier, le conseil national de la section féminine a procédé à l’élection de son secrétariat national, chargé du suivi des travaux du conseil», explique Amina Ouchelh, secrétaire nationale sortante et membre du bureau politique du parti. Selon elle, l’organe nouvellement élu comprend 10% de jeunes et 20% de femmes issues de l’ex-PSD, qui avait fusionné avec le parti en novembre 2005. La section féminine du parti socialiste entame ainsi la période avec un plus non négligeable dans la mesure où les femmes du parti bénéficient désormais d’un quota de 20% dans différents organes du parti. Une décision qui devrait leur permettre d’échapper à la section féminine à l’origine destinée à encourager leur participation à la vie politique mais qui, aujourd’hui, risque de les séparer du reste du parti, la décision devant également leur faciliter la tâche au niveau des négociations concernant les positions dans les listes électorales, aussi bien aux prochaines élections législatives qu’aux communales.

Ainsi, quelques semaines seulement après que le vote des lois portant sur les listes électorales, le Code électoral et la loi organique relative à la Chambre des représentants aient fixé les règles du jeu, le parti de la rose commence à prendre ses marques. Face à un PJD plus confiant que jamais, et sur fond d’année agricole difficile, dont l’impact sur le vote n’est pas encore connu, le parti devra redoubler d’efforts pour faire partie du tiercé gagnant qui formera le futur gouvernement.

Toutefois, il reste en légère avance par rapport à son allié istiqlalien qui, deux jours auparavant, organisait son congrès extraordinaire pour se mettre en conformité avec la loi sur les partis. Les deux formations auront-elles le temps de travailler à la mise en place d’un programme électoral commun comme annoncé par certains ? Le partenaire istiqlalien aura-t-il vraiment intérêt à s’engager autant avec l’USFP ? Il faut reconnaître que ce dernier n’a pas beaucoup de choix d’alliances en dehors de la Koutla, les déclarations de M. Elyazghi appelant les formations de gauche à mettre de côté «les différences d’appréciation sur la situation actuelle et sur les mécanismes à mettre en œuvre pour développer notre action politique», les objectifs des uns et des autres étant communs, et invitant «à penser à d’autres modes d’action capables de faire avancer l’union de la gauche». Les déclarations de M. Elyazghi viennent finalement rappeler que, contrairement au Mouvement populaire qui s’apprête à dompter la nuée de partis satellites qui l’entourent, l’USFP a encore du mal à se faire des amis au sein de sa propre mouvance. Les petits partis de gauche changeront-ils d’avis après les élections ? L’USFP s’alliera-t-il plutôt à l’UC ou au PND si les vents tournent en sa faveur, comme certains l’indiquent dans ses couloirs ? Réponse dans quelques mois.