Temps d’antenne : la Haca met en place les règles du jeu

La majorité obtient la part du lion
10% du temps d’antenne accordé aux partis absents du Parlement
Radio Sawa également concernée
Un autre quota prévu pour la période électorale.

Ça y est, après deux mois d’attente, la Haute autorité de la communication audiovisuelle (Haca) se prépare à publier sa décision concernant le temps d’antenne accordé aux partis politiques sur les chaînes TV et radio. Le verdict ? «Les opérateurs de la communication audiovisuelle veilleront à ce que le temps cumulé des interventions des membres du gouvernement et des partis de la majorité parlementaire ne dépasse pas le double de celui consacré aux partis de l’opposition parlementaire au sein de la Chambre des députés», explique-t-on à la Haca. Par ailleurs, les petites formations non représentées au Parlement devraient se voir accorder un temps équivalant à 10% du temps global consacré au gouvernement et aux partis de la majorité et de l’opposition parlementaire pour «exprimer leurs positions vis-à-vis des événements et des questions d’intérêt public».
Produite à la suite de la saisine de l’instance par huit partis politiques, en octobre dernier, la décision devrait paraître au Bulletin officiel dans les jours à venir et prendre effet dès le mois de décembre courant. Toutefois, elle ne concernera pas la période de la campagne électorale à proprement parler, dans la mesure où des quotas spécifiques seront attribués aux différentes formations politiques, conformément au Code électoral en cours de discussion à la Chambre des conseillers.

Valable pour la SNRT, 2M et… radio Sawa

Ainsi, en attendant la campagne électorale, les partis actuellement représentés au gouvernement (Mouvement populaire, Istiqlal, USFP, RNI et PPS) se voient accorder la part du lion dans la mesure où ils devraient bénéficier à la fois de la couverture des activités des ministres et d’un temps d’antenne correspondant à leur présence au Parlement. Ils seront talonnés par des partis de l’opposition comme le PJD, mais aussi le FFD, l’UC ou le Mouvement démocratique et social. Une tranche limitée sera attribuée aux nombreuses formations non représentées dans les deux Chambres. Détail intéressant, les quotas concernent aussi bien les deux chaînes nationales, SNRT et 2M, que les radios privées, nouvelles, ou plus anciennes comme Médi 1, Médi 1 Sat mais aussi la très américaine radio Sawa.
L’on notera au passage les critères adoptés par l’instance pour déterminer la représentativité et l’importance des uns et des autres. «La représentativité et l’importance des partis politiques sont évaluées sur la base des formations et des regroupements politiques au sein du Parlement», explique-t-on. Celle des organisations syndicales le sera «selon leur importance et en fonction du résultat des élections des délégués des salariés dans les secteurs public et privé» et celle des organisations professionnelles par leur représentativité au sein de la Chambre des conseillers ou leur importance à l’échelle nationale. Reste à savoir comment la décision sera accueillie par les petites formations, à l’heure où leur sort est plus que jamais lié à leur performance aux législatives de 2007