Soulèvement : La rue contraint le gouvernement libanais à  démissionner

Des dizaines de milliers de manifestants rassemblés lundi 28 février à Beyrouth sous l’œil «bienveillant» de l’armée ont réussi à pousser le gouvernement d’Omar Karamé a démissionner. Selon les observateurs, il s’agit d’une véritable première dans le monde arabe où les gouvernements nommés sont imperméables aux soubresauts qui agitent la rue. Fait rarissime. Contrairement aux manifestations organisées dans les pays arabes (quand elles ne sont pas réprimées dans le sang), celle de Beyrouth n’était pas que cris, slogans et revendications. Elle était aussi festive, heureuse, joyeuse, en contraste avec ses enjeux cruciaux.
L’attitude de l’armée a été également une grande surprise. Déployée en grand nombre, barrant les rues du centre-ville, l’armée libanaise a fait d’abord son possible pour endiguer la crue. Au fil des heures, elle a peu à peu relâché son encerclement sans pour autant le rompre. Elle faisait surtout semblant d’empêcher de nouveaux groupes de rejoindre les milliers de jeunes qui avaient passé la nuit, enroulés dans des couvertures ou des drapeaux, sur l’immense place des Martyrs. Initialement l’armée devait intervenir lundi à cinq heures du matin pour faire évacuer la place. Mais le pouvoir a fini par reculer. Et le rassemblement n’a fait qu’enfler