Social-démocratie, libéralisme social…, quelle idéologie politique pour demain ?

Une charte politique sera présentée aux congrès provinciaux pour débat et validation, Opter pour le même choix que le PAM justifierait une future alliance avec ce dernier.

Entre social-démocratie, démocratie sociétale et libéralisme social, le RNI hésite encore à faire son choix. «Le débat est toujours en cours. Nous comptons présenter un projet de charte politique dans les jours à venir aux congrès provinciaux pour débat et validation», explique Anis Birou, membre du comité préparatoire du congrès.
En fait, depuis son deuxième congrès, en 1983, le RNI avait opté pour une forme «marocanisée»â€ˆde la social-démocratie comme identité politique. Depuis, cette identité est restée quelque peu ambiguë. En gros, le parti se disait défenseur des acquis constitutionnels, du secteur public, il se disait contre la politique imposée par la Banque Mondiale (nous sommes au tout début du programme d’ajustement structurel) et il militait pour la protection de l’économie nationale et pour une libéralisation contrôlée des échanges extérieurs. Il faut dire qu’à l’époque le parti venait à peine de boucler ses cinq années d’existence et cette option politique reflétait parfaitement sa composition d’alors. Le RNI s’est constitué, rappelons-le, autour de cinq composantes de la société : des personnalités politiques ayant, pour certains, déjà milité dans des partis comme l’Istiqlal et le PDI mais qui se sont présentés comme indépendants aux élections de 1977, les hommes d’affaires et les industriels qui venaient de perdre leur envol grâce à la marocanisation du début des années 70, les agriculteurs et grands exploitants agricoles, les hommes de la profession libéral et les fonctionnaires et enseignants.
Un peu moins de deux décennies plus tard, le mouvement de réforme conduit par Mezouar, en début 2010, a proposé le «libéralisme social» comme identité politique. «C’était dans l’optique de former un pôle de centre-libéral (NDLR, avec le MP, l’UC et plus tard le PAM). Nous en avons largement débattu, y compris dans les régions, mais cette option de libéralisme social n’a pas été adoptée, car il fallait qu’elle soit validée par le congrès», explique Ouadie Benabdallah.
Que faire alors ? Reprendre l’option de la social-démocratie ? «On nous a volé l’idée, ironise un cadre du parti. La reprendre serait vu comme une imitation du PAM». Anis Birou ne semble pas de cet avis. «C’est un courant politique, ce n’est la propriété d’aucun parti. Et puis, qu’y a-t-il de mal à se retrouver des points communs avec le PAM ? Si l’on se retrouve autour de la même doctrine, les mêmes valeurs et les mêmes électeurs cela est plutôt une bonne chose. Cela devrait nous encourager à aller un peu plus en avant dans nos rapports. Une même doctrine expierait nos alliances», affirme-t-il.
Pour le moment, ajoute M. Benabdallah, «nous penchons pour un retour à notre charte constitutive. Nous avons d’ailleurs été ébahis de constater que plus de 33 ans après la constitution du parti (le premier congrès a été tenu en 1978), cette charte est toujours d’actualité. C’est dire si les fondateurs avaient une longueur d’avance sur leur époque. Il faut toutefois y apporter quelques ajustements pour la mettre à jour, mais rien de plus».