RNI, un congrès dans la logique de la nouvelle vision du parti

Le parti tient son congrès les 4 et 5 mars. En deux jours chrono, le président sera élu, ou plus précisément reconduit, le conseil national sera formé, le bureau politique désigné et les commissions mises en place. Le 6 mars, toutes les instances et organisations se mettront au travail.

Depuis sa création en 1978, le RNI n’a jamais été aussi performant. Certes, les élections communales de 1976 et législatives de 1977 ont été largement remportées par les «Indépendants» dont une partie, surtout les 141 parlementaires, vont constituer le noyau dur du futur RNI, mais aujourd’hui c’est différent. D’abord, c’est un parti structuré avec des ramifications partout dans le pays et des organisations parallèles couvrant toutes les activités et les catégories sociales. Ensuite, c’est d’une force de frappe politique qu’il s’agit aujourd’hui. Le RNI a remporté les élections à la fois communales et régionales, législatives et professionnelles et, en sus, dirige la coalition gouvernementale. Un sacre à tous les niveaux.

C’est ce parti qui se mobilise aujourd’hui pour son rendez-vous organisationnel le plus important. Il tient congrès ce week-end, et quelques jours plus tôt, tous les détails du congrès étaient déjà fixés. Rien n’est laissé au hasard. Depuis plus de deux semaines le bureau politique avait annoncé l’ouverture de la candidature au poste du président du parti. Le délai fixé par les statuts du parti a pris fin mercredi 2 mars. Et à cette date aucune candidature n’a été annoncée. Le président, Aziz Akhannouch, reste donc aux commandes. Comment n’en serait-il pas ainsi, puisque c’est grâce à lui que le parti a été reconstruit et rapproché des citoyens. Il est l’artisan du sacre électoral du RNI, le 8 septembre dernier. Et puis, la coutume veut également, depuis la consécration de la méthodologie démocratique, que le chef du gouvernement reste également aux commandes de son parti. Il y a aura néanmoins un vote pour entériner ce fait.

L’opération aura lieu samedi et sera suivie, en début de l’après-midi, par l’élection, également, des membres du conseil national. Le deuxième jour du congrès connaîtra également la formation du nouveau bureau politique. C’est une étape aussi importante que révélatrice du degré de l’organisation et de la cohésion du parti et la solidité de ses rangs. Il aura fallu au PAM par exemple plus d’une année, après son congrès, pour constituer son bureau politique. L’USFP, qui a bouclé son congrès, il y a un mois, n’a toujours pas formé le sien. On le sait depuis déjà plus de cinq ans, en matière d’organisation, le RNI a une longueur d’avance sur les autres formations. En atteste encore une fois sa décision de constituer, en plus des traditionnelles commissions des finances, de l’organisation et des affaires juridiques et des affaires politiques, une commission de contrôle des finances du parti. Une première du genre qui est de nature à rehausser le niveau de transparence de la gouvernance du parti. En parlant justement des finances du parti, le RNI est celui qui coûte le moins au contribuable.

Selon le dernier rapport de la Cour des comptes, qui couvre l’année 2019, à peine 14,86% du budget du parti provient des aides versées par l’Etat. Ce qui représente au total une somme de 4,45 MDH pour un budget global d’un peu plus de 36,7 MDH. A titre de comparaison, le PJD qui a dépensé pour la même année quelque 37,5 MDH comme budget de fonctionnement s’est vu accorder des aides publiques de l’ordre de 16 MDH. Cela dit, les congressistes seront également appelés à élire les membres de la commission de la parité et de l’égalité des chances, ainsi que la commission chargée des MRE. Bien sûr, tout est organisé en fonction de la situation sanitaire qui prévaut encore dans le pays. Le RNI, contrairement à certaines formations, l’a démontré à plusieurs reprises, les lois et les règles ont été établies pour être respectées. Et a fortiori quand il est question de la santé des congressistes et des citoyens en général.

Cela dit, le parti doit désormais faire avec son nouveau statut de leader de la scène politique. Habitué ces quatre dernières décennies à évoluer en tant que parti moyen, souvent en parti d’appoint pour compléter les majorités gouvernementales, le RNI dirige aujourd’hui non seulement le gouvernement, mais également plusieurs régions, des grandes villes et des centaines de conseils communaux. C’est une lourde responsabilité et c’est également un effort organisationnel et d’encadrement auquel il n’est pas habitué. Un défi qu’il saura sans doute relever. Comment, en 1978, lors de sa création, le RNI avait accompagné la dynamique du Maroc de l’aprèsMarche verte, une étape cruciale dans l’Histoire du Maroc moderne. Le RNI accompagne aujourd’hui l’émergence d’un nouveau Maroc, avec sur le plan interne l’amorce d’un nouveau modèle de développement et sur le plan externe l’affermissement d’un leader régional.

Au lendemain de la Marche verte, le RNI a émergé en tant que force politique du centre, après les législatives de 1977 qui furent marquées par l’élection de 141 députés indépendants à la Chambre des représentants. Aujourd’hui, au terme d’un processus de reconstruction et de réorganisation qui a duré presque quatre années, le RNI se définit comme un parti du centre, ayant épousé les valeurs de la social-démocratie. Dans le manifeste «La Voie de la confiance», publié en 2018, le RNI définit trois valeurs qui reflètent l’identité de ses adhérents : la communauté, la responsabilité et l’égalité des chances. Ce sont ces valeurs qui ont guidé toutes ses actions, y compris l’élaboration d’un programme électoral à forte teneur sociale qu’il est aujourd’hui en train de concrétiser à travers l’action gouvernementale.