Retrospective/Parlement : Reprise des hostilités avec le gouvernement

La première chose qui vient à  l’esprit en évoquant l’année 2014 sous la lucarne syndicale est sans doute la grève générale du 29 octobre.

D’abord, pour en arriver là, cela veut dire que toutes les voies de dialogue ont été épuisées. Ce qui est une première depuis plus de trente années.

Ces dernières années, les syndicats se contentaient, le plus souvent, de décréter des grèves sectorielles mais pas au point d’envisager une grève générale qui reste associée dans la mémoire collective à des événements douloureux.

Une telle mobilisation syndicale n’a été vue que de rares fois dans toute l’histoire moderne du pays (en 1965, en 1981 et, dans une moindre mesure, en 1990).

Mais cette grève s’est déroulée dans la discipline et l’ordre. Et les syndicats ont su gérer la situation avec responsabilité. Ils ont veillé à ce que ce mouvement de grève ne touche pas certaines unités de production et établissements stratégiques dont les salariés et cadres se sont limités à porter un brassard en guise de solidarité avec les grévistes et pour ne pas paralyser le pays.

En même temps, les pouvoirs publics ne se cachent plus derrière l’argument de l’ordre public pour interdire les grèves et matraquer les grévistes. Un acquis de taille sur le chemin de la consécration de l’Etat de droit et de la promotion des libertés publiques.

La deuxième chose qui a marqué cette année 2014, les retrouvailles historiques entre la CDT et l’UMT après plus de 30 années de rupture et un rapprochement entre la CDT et l’USFP, ou du moins une aile du parti, après près de 15 ans de séparation. Ce qui frappe le plus, c’est ce réaménagement de la scène syndicale.

D’un côté, l’UMT pactise avec la CDT et une aile de la FDT. De l’autre, l’UGTM scelle son destin à celui de l’aile de la FDT proche de la direction de l’USFP.

La cinquième des centrales dites les plus représentatives, l’UNTM, bras syndical du PJD, continue de soutenir mordicus le gouvernement. En même temps, une sixième centrale pourrait bien rejoindre le club.

C’est que l’ODT qui, contrairement au parti dont elle émane, le PS, n’a pas souhaité rejoindre la FDT comme le voudrait la logique depuis que le PS a fusionné avec l’USFP, a fini par s’allier avec le PAM. Voilà pour les alliances.

Globalement, l’année 2014 aura été marquée par une tension palpable dans le dialogue social.

Le gouvernement et le parti au pouvoir, le PJD, ont tenté de ramener ce désaccord au sujet de la réforme du régime de retraite, mais le différend est plus grand que cela.